Seine-et-Marne : finalement, des créations d’entreprise en plein essor en 2020

Malgré la crise sanitaire et les confinements, nombreux sont ceux qui se sont lancés à leur compte, notamment beaucoup de micro-entrepreneurs.

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 Fontainebleau, vendredi 29 janvier 2021. Ancien technicien forestier à l'ONF, Leo Castex a créé en 2020 la société Hyléo (type SAS) pour gérer les forêts des propriétaires privés .
Fontainebleau, vendredi 29 janvier 2021. Ancien technicien forestier à l'ONF, Leo Castex a créé en 2020 la société Hyléo (type SAS) pour gérer les forêts des propriétaires privés . LP/Sophie Bordier

2020, année pourrie pour l'économie? Malgré la crise sanitaire et les confinements, les créations d'entreprise ont connu un véritable essor en France, et notamment en Seine-et-Marne.

Selon le tribunaux de commerce de Meaux et de Melun, les créations d'entreprises ont connu un véritable essor en Seine-et-Marne en 2020. Le Parisien infographie

Au tribunal de commerce de Melun Philippe Modat, greffier en chef, n'est pas surpris. «Une hausse de 47% des créations en nom propre, souvent des commerces ou des micro-entrepreneurs, c'est une évolution logique qui va dans le sens de l'Histoire. Depuis trois ou quatre ans, ça augmente chaque année. 2020 a dû accélérer les choses. D'un côté, des demandeurs d'emploi créent leur entreprise, de l'autre, des entreprises préfèrent confient des missions à des prestataires plutôt que d'embaucher des personnes ».

Premier vice-président de la chambre de commerce et d'industrie de Seine-et-Marne (CCI 77) et vice-président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME 77) en charge du commerce, Dominique Mocquax relativise. «L'augmentation du nombre de créations d'entreprise est constante depuis quelques années, avec un coup d'arrêt pendant le premier confinement. L'accentuation en 2020 concerne essentiellement la restauration rapide et la livraison à domicile. La CPME 77 constate que ce sont des personnes sans emploi, notamment en chômage partiel, et des étudiants, privés de job, qui compensent ainsi leur perte de revenu».

Le profil de ceux qui se lancent est très diversifié. Il s'agit parfois de reconversion professionnelle.

Fini le spectacle pour Tristan Madelaine

Tristan Madelaine a créé son autoentreprise de multiservice et tous travaux. DR
Tristan Madelaine a créé son autoentreprise de multiservice et tous travaux. DR  

La crise sanitaire sacrifie le monde de la culture et de l'événementiel. Résidant dans l'agglomération melunaise, Tristan Madelaine peut en témoigner. Intermittent du spectacle et régisseur technique dans une grande salle à Paris, il ne travaille plus depuis mi-mars 2020.

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« Je n'ai pas reçu un appel depuis mars 2020 ! », soupire cet homme qui, par ailleurs, n'a pas eu droit au chômage partiel. « J'ai vécu un peu avec d'indemnités des Assedic, mais mon salaire était divisé par deux ou trois et c'est compliqué quand on a des charges, des crédits », souffle-t-il. La rénovation de sa maison pendant plus d'un an lui donne une idée.

« J'ai un gros bagage dans le bricolage. Et ça me plait », confie-t-il. A 46 ans, Tristan Madelaine crée donc son entreprise de multiservice et tous travaux en novembre 2020 en tant qu'autoentrepreneur. « Je ne pouvais pas rester chez moi sans rien faire. Maintenant, je rencontre des personnes et j'ai des petits chantiers en perspective... »

L'avenir des intermitents le rend sceptique. « Ils gardent leurs droits jusqu'en août 2021. Mais après? Je ne suis pas sûr que l'activité reprenne comme avant. Moi, j'arrête!»

Du public au privé, Léo Castex n'a pas changé de branche

Diagnostics, coupes, commerce de bois... Léo Castex exerce désormais ces activités au service des particuliers. A 44 ans, cet ancien technicien forestier et gestionnaire des forêts domaniales, a quitté l'ONF il y a un an pour devenir gestionnaire de forêts privées. « Je voulais être indépendant. J'ai quitté mon emploi début 2020 pour créer, à Fontainebleau, ma propre société, Hyléo », raconte-t-il.

Léo Castex est devenu l'interlocuteur des propriétaires de forêts privées. « Elles représentent 75% des forêts en France, il y a un gros réservoir! », assure celui qui a écrit sur sa carte de visite le slogan : « La forêt pour passion, le soin dans sa gestion ». En attendant, il est confiant : les allocations chômage dont il bénéficiera pendant deux ans devraient lui laisser le temps de développer sa société.

Kevin Do, patron à 21 ans

Pontault-Combault, 29 janvier.  Développeur web, Kevin Do a créé son entreprise en 2020 à l’âge de 21 ans. DR
Pontault-Combault, 29 janvier. Développeur web, Kevin Do a créé son entreprise en 2020 à l’âge de 21 ans. DR  

Mais la création d'entreprise peut aussi être une façon de commencer sa vie professionnelle. Ainsi, à 21 ans, Kevin Do a-t-il créé son entreprise, Budspaces, en février 2020, six mois après avoir décroché son DUT Informatique. «Mon projet initial, c'était la création d'une appli mobile de rencontre pour les microentrepreneurs. Mais avec la crise sanitaire et le confinement, le marché de la rencontre physique est un peu étouffé », commente cet habitant de Pontault-Combault.

Le tout jeune patron décide donc de sous-traiter cette partie et de développer des sites internet pour les entreprises. « Je suis développeur web. Ma chance, c'est que le secteur digital a été peu affecté. La crise a même été un catalyseur. J'ai développé beaucoup de sites en e-commerces! »