Seine-et-Marne : devant les assises pour une tentative de meurtre sur fond de guerre des bandes

Un jeune homme comparaît durant quatre jours pour avoir tiré sur sa victime avec un fusil à pompe. Au coeur du procès, le conflit ancien entre des jeunes du quartier Orly-Parc, à Lagny, et ceux des tours de Thorigny.

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 Thorigny-sur-Marne. Les faits se sont déroulés le 16 juin 2017 allée du Parc au cours d’une rixe opposanbt une trentaine de jeunes gens de Lagny et de Thorigny.
Thorigny-sur-Marne. Les faits se sont déroulés le 16 juin 2017 allée du Parc au cours d’une rixe opposanbt une trentaine de jeunes gens de Lagny et de Thorigny.  LP/Alexandre Métivier

C'est pour tentative de meurtre que Maxence Le Gac comparaît, à partir de ce mardi 26 janvier et durant quatre jours - devant la cour d'assises de Seine-et-Marne, à Melun. Un crime pour lequel il encourt une peine de 30 ans de réclusion criminelle.

Cet habitant de Lagny-sur-Marne, âgé de 22 ans, est jugé pour avoir tiré avec un fusil à pompe, le 16 juin 2017, contre un jeune homme, aujourd'hui âgé de 27 ans. La victime, touchée aux mains et au ventre avec des plombs, avait été grièvement blessée. L'accusé nie fermement être l'auteur du tir.

Le drame trouverait son origine dans le conflit qui oppose, depuis de nombreuses années et sans qu'on sache réellement pourquoi, des jeunes du quartier Orly-Parc, à Lagny-sur-Marne, et ceux des tours de Thorigny-sur-Marne.

La victime avait d'abord évoqué un accident à moto

Cette nuit-là, les policiers étaient intervenus allée du Parc, à Thorigny-sur-Marne, pour une rixe opposant une trentaine de personnes, issues de deux bandes rivales, armées de barres de fer et de bâtons. A la vue des forces de l'ordre, tout le monde s'était évaporé.

Dans le même temps, au Grand Hôpital de l'est francilien (GHEF), site de Jossigny, deux jeunes grièvement blessés s'étaient présentés au service des urgences. L'un d'eux avait deux doigts arrachés, l'autre présentait des plaies saignantes au visage. Les deux copains évoquaient une chute à moto, pour expliquer leurs terribles blessures.

Mais la principale victime présentait aussi des plaies au niveau du bas-ventre, probablement causées par des tirs de plombs. Ce qui ne correspondait pas vraiment à un accident de la circulation.

L'auteur du coup de feu dénoncé trois mois plus tard

Une vingtaine de minutes plus tard, quatre jeunes étaient interpellés dans ce même hôpital, pour avoir créé des incidents. Ils étaient à la recherche de leurs deux amis, qu'ils savaient blessés. Mais impossible pour les enquêteurs de comprendre de quoi il retournait réellement. Les victimes et leurs amis restaient mutiques.

Ce n'est que trois mois plus tard que la victime avait poussé la porte du commissariat de Lagny-sur-Marne, pour déposer plainte contre son agresseur. Une démarche possible pour lui car ce dernier avait été interpellé par la police, dans le cadre d'une autre affaire.

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Ce n'est qu'à ce moment-là que la victime avait dénoncé Maxence Le Gac comme l'auteur du cou de feu tiré dans sa direciton, au cours de la nuit du 16 au 17 juin 2017, alors qu'il se trouvait à un ou deux mètres de l'arme. Pour se défendre, il aurait mis ses mains en avant. D'où les terribles blessures.