Seine-et-Marne : 52 animaux secourus d’un abattoir clandestin par les gendarmes

Les forces de l’ordre ont découvert l’installation le week-end dernier à Jouarre. Jeudi, ils ont procédé à l’évacuation de 52 moutons, chèvres, veaux et cailles. Des associations ont recueilli le cheptel.

 Jouarre, jeudi 24 septembre 2020. Après la découverte de l’existence de l’abattoir clandestin le week-end dernier, les gendarmes sont intervenus jeudi pour libérer les animaux.
Jouarre, jeudi 24 septembre 2020. Après la découverte de l’existence de l’abattoir clandestin le week-end dernier, les gendarmes sont intervenus jeudi pour libérer les animaux. Gendarmerie 77

C'est un coup de chance ou le flair des gendarmes qui a sans doute permis de leur sauver la vie. Le week-end dernier, sur le territoire de la commune de Jouarre, en Seine-et-Marne, des militaires ont découvert un entrepôt où étaient parquées plusieurs dizaines d'animaux. Immédiatement, les gendarmes de la compagnie de Coulommiers ont ouvert une enquête autour du site constitué d'un ancien moulin et de bâtiments agricoles au bord de la rivière Petit Morin.

Jeudi, les mêmes gendarmes sont revenus sur place pour libérer les animaux de ce qui s'apparentait à un abattoir clandestin. Ils étaient accompagnés de membres de l'Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoir ( OABA ), une association qui travaille à l'amélioration du bien-être animal et à la protection des animaux de l'élevage à l'abattoir.

Les autorités compétentes dans ces cas-là, à savoir l'Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d'Allocations familiales (Urssaf) — l'organisme qui collecte les cotisations et les contributions de financement de la Sécurité sociale — et la direction départementale de la protection des populations (DDPP) et la direction départementale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DDCCRF) — étaient également présentes pour cette saisie.

#Libérés #Délivrés Samedi dernier, les gendarmes de Seine-et-Marne découvrent un abattoir clandestin à Jouarre. Dès...

Gepostet von Gendarmerie de la Seine-et-Marne am Donnerstag, 24. September 2020

En tout, 52 animaux ont été extraits de l'entrepôt. On trouvait là des moutons, des chèvres, des veaux ou des cailles, vraisemblablement tous destinés à une mort certaine dans des conditions contraires aux règles d'abattage en vigueur. Ils ont depuis été placés par l'OABA loin de Jouarre.

Les propriétaires de l'entrepôt devraient être poursuivis pour détention illégale d'animaux, dissimulation d'activité et mauvais traitement sur les animaux. L'enquête, confiée à la compagnie de gendarmerie de Coulommiers, se poursuit par ailleurs.

Parmi les animaux découverts, les gendarmes ont trouvé des moutons, des chèvres, des veaux ou des cailles. Gendarmerie 77
Parmi les animaux découverts, les gendarmes ont trouvé des moutons, des chèvres, des veaux ou des cailles. Gendarmerie 77  

« C'est la douche froide ! Une immense surprise… Evidemment, je n'avais jamais eu vent de cette activité d'abattage clandestin, confie le maire de Jouarre, Fabien Vallée (DVD). C'est un endroit où des particuliers mettent régulièrement des animaux en pension ou en garde, comme des chevaux par exemple. Je connais les propriétaires et nous n'avons jamais eu de soucis par le passé avec eux. Donc c'est très étonnant. Je n'ai pas encore pu discuter avec eux car une procédure judiciaire est en cours et je la respecte », assure le premier magistrat de la commune.

Des abattoirs clandestins déjà découverts l'été dernier

La découverte de l'existence d'abattoirs clandestins est plutôt exceptionnelle. Elle est parfois liée aux rites religieux. Ainsi, fin juillet dernier, au moment de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha, qui intervient un mois après la fin de la période du ramadan, deux abattoirs clandestins avaient été découverts par la police.

Le premier était installé dans un pavillon, à Thorigny-sur-Marne, et le second dans un pré, à Chelles. Là, les forces de l'ordre avaient extrait 34 moutons vivants et découverts six carcasses d'ovins abattus sur place, hors des abattoirs agréés pour l'occasion par la préfecture de région, notamment les abattoirs de Meaux et Jossigny pour le département.

Des contrôles fructueux

Par ailleurs, des activités clandestines de préparation d'aliments destinés à la consommation humaine et réalisées dans des conditions sanitaires en dehors de toutes normes ont été mises au jour récemment. Ces dernières semaines, la direction départementale de la protection des populations a procédé a plusieurs contrôles fructueux en Seine-et-Marne.

Au mois d'août, elle avait ainsi découvert les conditions déplorables dans lesquelles la société Djen Foods, basée à Meaux, procédait au fumage de viandes de bœuf et de volailles ainsi que de chair de poissons. L'ensemble des produits fabriqués avaient été retirés de la vente sur décision du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation.

Puis, toujours à Meaux, ce sont 50 kilos de denrées alimentaires impropres à la consommation (viande, poisson, fruits, riz) qui avaient été trouvées en août dans trois épiceries exotiques de la ville. La marchandise avait là encore été détruite par les autorités.