Rythmes scolaires en Seine-et-Marne : il y a école le mercredi dans seulement quatre communes

Nandy, Collégien, Longueville et Bombon sont désormais les seules communes irréductibles du département à conserver les 4,5 jours d’école. Bailly-Romainvilliers a finalement abandonné les NAP.

 Illustration. À Nandy, les parents avaient voté « pour » le maintien de la réforme Peillon. Ici, une sortie de classe au groupe scolaire de Villemur.
Illustration. À Nandy, les parents avaient voté « pour » le maintien de la réforme Peillon. Ici, une sortie de classe au groupe scolaire de Villemur.  LP/Marine Legrand.

De rentrée en rentrée, le nombre d'écoles maintenant la semaine de neuf demi-journées diminue en Seine-et-Marne. Sur les 448 communes possédant une école dans le département, elles n'étaient plus que dix en 2018, sept en 2019 et… quatre pour cette nouvelle rentrée scolaire.

Il s'agit de Nandy, Collégien, Longueville et Bombon, signale la direction des services départementaux de l'Education nationale. Trois nouvelles communes ont donc abandonné les nouvelles activités périscolaires (NAP) : Bailly-Romainvilliers, Saint-Cyr-sur-Morin et Mauregard.

À Bailly-Romainvilliers, deux tiers des parents défavorables

Anne Gbiorczyk (SE), la maire de Bailly-Romainvilliers, s'était engagée auprès de ses administrés : elle a lancé une consultation à l'automne 2019, dans le cadre du nouveau projet éducatif de territoire. Deux tiers des parents souhaitaient revenir à un rythme scolaire sur quatre jours. La décision a été validée par les conseils d'école puis par l'Inspection académique.

« On était en décalage par rapport aux autres communes de l'agglomération Val d'Europe sur la vie associative, reconnaît l'élue. Pourtant nous avions une offre de qualité avec une immense école multisports et multiculturelle. Nous réenclenchons, pour la rentrée 2021, un travail de réflexion partagé sur l'organisation de la journée de l'enfant autour des 24 heures d'école ».

Pour 2020-2021, les enfants n'auront donc pas école le mercredi. Un accueil de loisirs est prévu pour ce jour-là avec la possibilité de récupérer ses enfants après le repas du midi. « Les conventions avec les associations n'ont pas été renouvelées mais nous avons réglé l'intégralité du second trimestre pour ne pas ajouter à leur difficulté avec le Covid-19 », signale la maire.

À Collégien, le maire y croit dur comme fer

Marc Pinoteau (SE), le maire de Collégien, est l'un des plus fervents défenseurs de la semaine de 4,5 jours. Il a même adhéré à l'Observatoire des rythmes et des temps de vie des enfants (Ortej) et a passé une journée à l'Assemblée nationale pour en débattre avec d'autres collectivités irréductibles. « Ce n'est pas du dogmatisme. C'est le meilleur rythme pour l'enfant jusqu'à preuve du contraire », insiste-t-il.

« On n'a pas caché avant les élections municipales que l'on maintiendrait les rythmes scolaires. Nous avons été réélus, ce qui signifie qu'une majorité de gens y adhèrent même si l'adhésion n'est pas complète. En essayant de discuter avec les gens qui veulent la semaine de 4 jours, on se rend compte que c'est souvent pour une question d'organisation personnelle », fait-il remarquer.

Le dispositif a aussi un coût pour la municipalité : rien que pour le personnel supplémentaire, c'est une enveloppe de 70 000 euros par an. « Ce que l'Etat nous a versé l'an dernier ne permet pas de financer le dispositif », estime-t-il. Pour l'élu, « le gouvernement n'a pas eu le courage d'aller jusqu'au bout. Peut-être qu'il devrait enfin prendre une décision ». Le cas échéant, il s'y plierait. « La vraie question, c'est le découpage école-vacances », ajoute-t-il.

À Nandy, les parents ont opté pour les 4,5 jours

À Nandy, ce sont les parents eux-mêmes qui avaient décidé, en 2018, de conserver la réforme Peillon de 2013. « Dans le cadre de notre nouveau mandat, nous allons engager une nouvelle consultation qui pourra déboucher sur un vote. S'il faut y mettre un terme, nous le ferons », assure le maire René Réthoré (PS).

Sur les 800 écoliers scolarisés en maternelle et élémentaire dans la commune, 84 % des enfants participent aux Nouvelles Activités périscolaires (NAP). Les parents qui le souhaitent peuvent en effet les récupérer avant. « Il s'agit d'un dispositif municipal gratuit. Je ne suis pas convaincu par les dispositifs alternatifs payants », souligne-t-il.

Nandy emploie dix animateurs, une vingtaine de contractuels, en plus de partenariats avec des associations. « En tant que maire, j'ai toujours été favorable à la semaine de 4,5 jours. Mais l'adjoint aux Finances que je suis opterait plutôt pour autre chose car cela coûte cher, constate-t-il. L'intérêt de l'enfant prime et le baromètre, ce sont les parents qui décident ».