Pontault-Combault : les salariés d’Alinéa en grève

Le magasin d’ameublement, dont l’enseigne est en redressement judiciaire, était fermé ce samedi. Les salariés demandent à toucher de meilleures indemnités de licenciement.

 Pontault-Combault, ce samedi. Une cinquantaine de salariés du site Alinéa de Pontault-Combault, soit la grande majorité des employés, se sont mobilisés pour demander que leur PDG leur accorde des indemnités de licenciement supplémentaires.
Pontault-Combault, ce samedi. Une cinquantaine de salariés du site Alinéa de Pontault-Combault, soit la grande majorité des employés, se sont mobilisés pour demander que leur PDG leur accorde des indemnités de licenciement supplémentaires.  LP/Faustine Léo

Ils ont mis toute la rage de leur désespoir dans leurs banderoles adressées à leur patron, Alexis Mulliez, dont la famille qui détient entre autres aussi Décathlon, Auchan ou Boulanger est classée 5e fortune de France.

La grande majorité des salariés dont les cadres d'Alinéa, ce magasin d'ameublement en redressement judiciaire, a fait grève ce samedi sur le site de Pontault-Combault, ce qui a engendré la fermeture du magasin.

Le site de Villeparisis était aussi fermé avec une trentaine de salariés qui ont cessé le travail. Les trois magasins du département, à Pontault-Combault, Cesson et Villeparisis, vont fermer d'ici septembre, avec à la clef le licenciement de 130 personnes.

Gilets jaunes, réforme des retraites, Covid-19

« C'est normal qu'ils se défendent », avancent des clients qui trouvent les portes closes entourées de slogans tels que « Mulliez, regarde ta Rolex, c'est l'heure de la révolte » ou « Tu brasses des milliards et tu es avare ».

Alinéa, qui s'est d'abord placée en situation de cessation de paiement, explique n'avoir pas supporté coup sur coup le mouvement des Gilets jaunes fin 2018, puis les manifestations contre la réforme des retraites fin 2019 et enfin le Covid-19. La crise sanitaire provoquée par le nouveau coronavirus a forcé l'enseigne à cesser son activité pendant presque deux mois.

Le tribunal de commerce de Marseille (Bouches-du-Rhône) a repoussé au 31 août la date de son jugement concernant un éventuel repreneur, dont Alexis Mulliez lui-même. « Il veut reprendre neuf magasins sur vingt-sept, mais aucun en Seine-et-Marne. Mais son offre a été jugée trop faible, assure Ingrid Seillery, déléguée CGT d'Alinéa en Seine-et-Marne. Notre patron profite de l'ordonnance du 20 mai dernier qui permet à un dirigeant de reprendre sa propre société, en faisant payer la dette de l'entreprise par la collectivité et les indemnités des salariés via le régime de garantie des salaires ».

Sans aucune illusion sur leur sort prochain, les salariés, après avoir reçu le soutien du maire de la commune Gilles Bord (PS), se sont mobilisés pour exiger des indemnités de départ supérieures au minimum légal. « Cela fait treize ans que je suis là et on est jetés à la porte comme ça, comme des stagiaires, sans aucune reconnaissance », soupire un quadragénaire, qui étant donné le contexte économique ne pense pas retrouver du travail rapidement.

«On nous propose de devenir boucher ou poissonnier»

« On a des enfants à nourrir des crédits à payer, soupire son collègue qui, comme la plupart des salariés d'Alinéa, touchent à peine plus que le SMIC. Etant donné sa fortune, Alexis Mulliez peut nous verser un complément ».

Des offres de reclassement ont été faites chez Auchan. « On nous propose de devenir boucher ou poissonnier quand on a travaillé des années dans l'ameublement », s'offusque Ingrid Seillery.

Le mouvement de grève n'est pas reconduit et le magasin sera ouvert ce dimanche.