Noisiel : onze mois après leur arrivée, les 400 Roms ont quitté le squat

Entre lundi et mardi au petit matin, les derniers Roms de nationalité moldave ont quitté l’immeuble de bureaux qu’ils occupaient depuis décembre 2019. Certains seraient partis à Croissy-Beaubourg.

 Noisiel, ce mardi matin. Occupé par des centaines de Roms de nationalité moldave depuis décembre 2019, le bâtiment du 35 de la Grande Allée-du-12-février-1934 est désormais vide et va être sécurisé.
Noisiel, ce mardi matin. Occupé par des centaines de Roms de nationalité moldave depuis décembre 2019, le bâtiment du 35 de la Grande Allée-du-12-février-1934 est désormais vide et va être sécurisé. LP/Alexandre Métivier

Ils sont partis, sans tout emporter avec eux. Dans les étages désormais vides, il reste une multitudes de canapés, de matelas, de machines à laver, de poussettes, de jouets, de vêtements et même de boîtes de conserve. Le squat géant de Noisiel, situé au 35 de la Grande Allée-du-12-février-1934, où se sont entassés jusqu'à 400 Roms de nationalité moldave ces onze derniers mois, est désormais vide, entouré de barrières et gardé par quelques vigiles en attendant d'être sécurisé.

Noisiel, mardi 13 octobre 2020. L’accès au bâtiment est désormais gardé./LP/Alexandre Métivier
Noisiel, mardi 13 octobre 2020. L’accès au bâtiment est désormais gardé./LP/Alexandre Métivier  

« C'est un soulagement pour tous les riverains. Mais nous allons devoir réparer les dégâts, notamment les espaces verts qui sont tous abîmés », déplore Josiane Dumas, riveraine et présidente du syndicat des copropriétaires de la Résidence du Bois de la Maillière.« Le propriétaire va faire murer les accès au bâtiment afin d'empêcher le retour des squatteurs », indique la mairie de Noisiel.

L'été dernier, elle avait exigé le départ immédiat des Roms alors qu'un permis de démolition pour la construction d'une résidence étudiante de 235 chambres avait été déposé le 18 octobre 2019, deux mois avant l'arrivée des squatteurs.

Noisiel, mercredi 29 juillet 2020. Dans l'immeuble, la vie s'était organisée. LP/Alexandre Métivier
Noisiel, mercredi 29 juillet 2020. Dans l'immeuble, la vie s'était organisée. LP/Alexandre Métivier  

Un nouveau bâtiment squatté à Croissy-Beaubourg

« Les familles, qui n'ont pas souhaité se faire recenser par les services de la préfecture afin que leur situation administrative soit étudiée, ont préféré quitter les lieux avant l'évacuation », ajoute la mairie. Suivis par l'association Habitat Cité, les Roms « sont perdus, inquiets, en colère. Nous n'avons pas d'éléments sur leur destination, c'est assez confus », selon la directrice Annabella Orange. L'association Empreintes a également été mandatée pour les accompagner.

En quittant Noisiel par grappes ces derniers jours, les Roms pourraient avoir pris le chemin de Croissy-Beaubourg, à quelques kilomètres.

Croissy-Beaubourg, mardi 13 octobre 2020. Un entrepôt vide est squatté depuis plusieurs semaines./LP/Alexandre Métivier
Croissy-Beaubourg, mardi 13 octobre 2020. Un entrepôt vide est squatté depuis plusieurs semaines./LP/Alexandre Métivier  

Là, un bâtiment de plus de 5000 m² avec deux étages est occupé illégalement depuis plusieurs semaines, juste derrière l'Intermarché. Il est vide depuis plusieurs années. « C'est une catastrophe. On a d'abord vu arriver 80 familles et maintenant il y en a une centaine. Ils sont en train d'amener du bois et des planches pour compartimenter à l'intérieur. C'est Noisiel qui vient à Croissy », déplore le maire Michel Gérès (SE).