Municipales à Montereau : la rapporteure publique rejette un à un tous les arguments d’Yves Jégo

L’ancien maire battu aux municipales de 2020 tente d’annuler le scrutin. Mais tous ses arguments en annulation ont été battus en brèche. Les juges administratifs rendront leur décision début mars.

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 Yves Jégo l'ancien député-maire de Montereau conteste l'élection de James Chéron
Yves Jégo l'ancien député-maire de Montereau conteste l'élection de James Chéron LP/Faustine Léo

En quelques petites minutes, dans un argumentaire net et précis, la rapporteure publique a refroidi les espoirs qu'Yves Jégo (SE) formule depuis sept mois et demi. A savoir l'annulation des élections du 28 juin qui ont vu sa défaite à Montereau avec 385 voix de retard, voire même l'inéligibilité de son adversaire pourtant ancien complice en politique, James Chéron (UDI).

Ce vendredi, au tribunal administratif de Melun, celle qui indique aux juges comment appliquer les textes réglementaires a en effet rejeté tous les griefs mis en avant par l'ancien secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy. Le jugement a été mis en délibéré à début mars. Dans la grande majorité des dossiers les juges administratifs suivent les conclusions des rapporteurs publics.

Alors qu'Yves Jégo soutient que la distribution en juin de 50 euros de bons d'achat aux familles des enfants scolarisés dans les écoles primaires de la ville doit être «qualifiée d'électoraliste », la rapporteure y voit elle « une mesure d'un plan destiné à relancer l'économie et permettre aux commerces de vivre grâce à une consommation locale ». Il ne lui a pas échappé qu'Yves Jégo avait lui même, dans ce contexte de crise sanitaire, émis l'idée de redistribuer 50 euros aux familles.

L'avocat d'Yves Jégo est mis en examen dans l'affaire Bygmalion

« Yves Jégo n'apporte de plus aucun élément pour prouver que si les procurations ont doublé entre le premier et le second tour cela viendrait d'un échange de ces bons pour acheter des votes », a-t-elle ajouté. En décembre dernier, la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a vu dans les bons d'achat « une action s'inscrivant dans un projet de la commune qui ne fait pas état de la campagne ».

L'opération « Vue et corrigée », destinée à équiper les séniors en lunettes, financée par l'association Banlieue Santé et promue par la mairie en juin n'a pas non plus été du goût d'Yves Jégo. « Il n'y a pas d'intérêt de précipiter le lancement d'un parcours de soin gratuit autrement que pour en faire un argument électoral », s'est indigné l'avocat d'Yves Jégo, Philippe Blanchetier par ailleurs mis en examen et prévenu dans l'affaire Bygmalion qui sera jugée en mars à Paris.

« Cette opération se recoupe avec un thème de campagne de James Chéron. Mais tout comme les bons d'achat, il n'est pas établi que la campagne de James Chéron ait été financée par la mairie ni que la sincérité du scrutin ait été altérée», a estimé la rapporteure publique.

« Toutes les inexactitudes remises en ordre »

Le courrier aux locataires de Confluence Habitat, rédigé par James Chéron en tant que président de cette office HLM et considéré par Yves Jégo comme « diffamatoire », correspond pour la rapporteure publique « à un éclaircissement de fausses informations venues de la communauté de communes et relayée par Yves Jégo ».

« C'est un avantage en nature consenti sur les fonds de l'office, une personne publique », a voulu convaincre Philippe Blanchetier. La CNCCFP n'a pas non plus vu dans cette lettre de « caractère électoral manifeste ». Elle a revanche infligé une pénalité de 7500 euros à Yves Jégo pour avoir bénéficié du concours du Pays de Montereau pour distribuer les masques du département sans l'avoir déclaré dans son bilan.

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Absent à l'audience, Yves Jégo considère pourtant « que la rapporteure reconnaît toutes les irrégularités de la liste de James Chéron tout en démentant sa démonstration dans sa conclusion ». Présent à l'audience, le maire de Montereau se dit « confiant et serein. L'avocat d'Yves Jégo a enchaîné les inexactitudes toutes remises en ordre par notre avocat ».

Dans une autre affaire, à l'initiative de la commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques (CNCCFP), la rapporteure publique a demandé dix-huit mois d'inéligibilité avec démission immédiate à l'encontre de Michel Dutruge, le maire (LR) de Dammartin-en-Goële. La CNCCFP a en effet saisi le tribunal administratif de Melun après avoir constaté le 26 novembre dernier que le maire réélu n'avait pas présenté de comptes de campagne.