Melun : une marche pour soutenir le docteur africain « qui réparait les femmes »

A l’initiative des élus melunais, une marche s’est déroulée jeudi pour soutenir le docteur Mukwege, gynécologue congolais, citoyen d’honneur de la ville et prix Nobel de la Paix, menacé de mort dans son pays.

 Melun, jeudi 1er octobre. Les soutiens au docteur Mukwege ont marché jusqu’à la préfecture.
Melun, jeudi 1er octobre. Les soutiens au docteur Mukwege ont marché jusqu’à la préfecture. DR

Melun se mobilise pour le Dr Denis Mukwege. Jeudi, une marche a eu lieu dans la ville-préfecture pour soutenir celui qui est citoyen d'honneur de Melun depuis 2016 et prix Nobel de la Paix en 2018. Une initiative qui intervient après la mobilisation de nombreux élus de France et d'ailleurs.

Ce mouvement de soutien a été organisé par les élus de Melun, sensibilisés aux menaces de mort dont il fait l'objet dans son pays, la République démocratique du Congo, toujours soumise depuis 1994 à des massacres de civils commis par des factions armées à l'Est.

Il soigne les femmes violées et mutilées

Dans l'hôpital de Panzi qu'il a créé à Bukavu, le médecin gynécologue congolais dérange : non seulement il soigne les femmes victimes de viols et de mutilations par leurs agresseurs barbares, mais il dénonce ces odieuses tueries qu'aucune autorité n'arrête.

Le cortège, constitué selon les organisateurs de près de 150 personnes [ NDLR : une soixantaine selon la police ] dont de nombreux élus, a rejoint la préfecture pour remettre au préfet de Seine-et-Marne la motion votée à l'unanimité par le conseil municipal le 17 septembre dernier.

« On a choisi le 1er octobre car c'est ce jour que deux marches se déroulent aussi à Kinshasa et Bukavu, en République démocratique du Congo. La société civile se mobilise là-bas pour la première fois. Il y a aussi un sit-in à Paris, une action à Bruxelles et Genève…, justifie Brigitte Tixier (SE), 6e adjointe au maire, à l'origine du lien entre Melun et le Dr Mukwege. Il y a une belle unité. »

La communauté congolaise est la première communauté étrangère de Melun

« Nous demandons que la protection rapprochée du docteur soit réelle, efficace et illimitée dans le temps, par les forces Onusiennes », ajoute la sénatrice (Agir) Colette Mélot. Le docteur serait de nouveau protégé par l'ONU.

En 2016, le cinéaste Thierry Michel est venu présenter au cinéma Les Variétés son documentaire dédié au Dr Mukwege. Son titre : « L'homme qui réparait les femmes, la colère d'Hippocrate ». Ce long-métrage a marqué les esprits à Melun « où la communauté congolaise est la première communauté étrangère de la ville », rappelle Brigitte Tixier.

Un an plus tard, en 2017, une convention a relié l'hôpital de Melun et celui de Panzi, avec des envois de matériels, des échanges de professionnels, etc. Une convention de trois ans qui va être renouvelée.

Melun, jeudi 1er octobre. Les élus se sont réunis devant la mairie avant de rejoindre la préfecture. DR
Melun, jeudi 1er octobre. Les élus se sont réunis devant la mairie avant de rejoindre la préfecture. DR  

Ce jeudi matin à 9 h 30, avant le départ du cortège vers la préfecture, un petit film de 4 minutes tourné par son mari, le documentariste Alain Tixier, est diffusé aux participants. On y voit notamment le médecin dans son hôpital de Panzi. Puis apparaît la vidéo dans laquelle le Dr Mukwege remercie Melun et les Melunais.

« Rien ne bouge pour mettre fin à ces exactions alors que tout le monde sait. On laisse des enfants se faire décapiter, des femmes se faire violer. Ils violent même des enfants de 18 mois. Au XXIe siècle, on ne peut rester sans réagir. À Melun, on fait ce qu'on peut. On ne lâchera pas ! », alerte Brigitte Tixier.

Melun, jeudi 1er octobre. Le cortège a traversé la place Saint-Jean jusqu’à la Préfecture. DR
Melun, jeudi 1er octobre. Le cortège a traversé la place Saint-Jean jusqu’à la Préfecture. DR  

Dans les rangs, la députée Aude Luquet (MoDem) qui a écrit une lettre au ministre des Affaires étrangères sur le sujet. Également présente la sénatrice Colette Mélot annonce qu'elle va « interpeller le gouvernement » et lancer une pétition auprès de ses collègues du Sénat pour « demander la création d'un tribunal international pour juger les crimes sexuels contre les femmes et les atrocités commises sur la population civile ».