Melun : jusqu’à cinq ans de prison pour les dealers du square de Lorient

Neuf personnes, impliquées dans la gestion à divers degrés de deux gros points de deal de Melun ont été condamnées par le tribunal correctionnel mercredi en fin de journée.

 Melun. L’un des points de deal se situait au square de Lorient.
Melun. L’un des points de deal se situait au square de Lorient.  LP/Sylvain Deleuze

Les peines sont sensiblement celles requises par la procureure de la République. Neuf personnes, huit hommes et une femme, ont été condamnées à des peines allant de six mois de prison avec sursis jusqu'à 5 ans de prison, dans le cadre d'un trafic de stupéfiants dans le quartier de Montaigu à Melun, les mois précédant leur interpellation du 15 avril 2019.

Le « patron », comme le désignaient certains prévenus sur les écoutes, s'est donc vu infliger 5 ans de prison, dont une année avec sursis. Ses quatre « adjoints » écopent de peine allant de 3 ans dont six mois avec sursis, à 4 ans dont un an avec sursis. Ils ont tous été maintenus en détention.

« Ce trafic gangrène la vie de quartier »

Durant toute l'audience, seuls deux des principaux organisateurs de ce trafic, au 13, square de Lorient et au 27, avenue Saint-Exupéry, ont reconnu les faits, tout en les minimisant. Les trois autres, pris aux pièges des écoutes téléphoniques et des surveillances physiques, ont tenté de noyer la cour avec des explications abracadabrantesques.

« Ce trafic local gangrène la vie de ce quartier, décrit la procureure de la République lors de ses réquisitions. On retrouve du stup partout dans les gaines des immeubles, les boîtes aux lettres, les voitures abandonnées… » La nature ayant horreur du vide, d'autres ont pris leur place dans le quartier.

Les quatre nourrices [NDLR : les personnes chargées de garder la drogue] illustrent parfaitement ce fonctionnement. Acculée, l'une d'elles, une mère célibataire accepte de garder de la cocaïne pour 300 euros. Elles ont toutes écopé de peine de prison avec sursis, comprise entre six et huit mois.

Par ailleurs, derrière le chef, les gestionnaires et les convoyeurs, « sept mineurs travaillant comme dealer ou guetteur ont été interpellés », comme le rappelle la procureure qui évoque les règlements de comptes sans compter les intimidations à l'encontre des habitants du quartier.

« Trois frères ont été passés à tabac car ils demandaient aux dealers de dégager, raconte la magistrate avant de revenir sur l'histoire d'un couple de personnes âgées : Trois hommes, l'un exhibant un couteau, ont sonné chez eux et puis ont visité l'appartement. Au final, le soi-disant policier n'était que leur fils venu leur rendre visite. »