Melun : victime de représailles, elle attend depuis quatre mois d’être relogée

Pour avoir refusé d’ouvrir sa porte à des dealers, une habitante de la tour du 13, square de Lorient attend toujours pour être relogée.

Melun (Seine-et-Marne), 23 juillet. La tour de Lorient est un lieu clairement identifié de trafic de stupéfiants.
Melun (Seine-et-Marne), 23 juillet. La tour de Lorient est un lieu clairement identifié de trafic de stupéfiants. LP/Sophie Bordier

Il a déposé une main courante pour non-assistance à personne en danger au commissariat de Melun, le 20 juillet dernier. Jean-François Chalot, président de Droit au Logement en Seine-et-Marne (DAL 77) et de Familles laïques à Melun, tire la sonnette d'alarme sur le cas d'une locataire du square de Lorient, où prospère le trafic de stupéfiants. Son calvaire dure depuis quatre mois.

« Le 28 mars, j'ai refusé d'ouvrir ma porte à trois dealeurs alors que la police était en bas. Ils m'ont dit : tu vas voir. », explique cette quadragénaire. Le lendemain, alors qu'elle s'est absentée, elle découvre sa porte d'entrée fracturée, son téléviseur volé et sa chambre incendiée. Elle fait une demande de relogement à son bailleur. L'OPH 77 accepte devant « l'urgence », mais un problème d'assurances retarde les choses. Le bailleur lui réclame ensuite une attestation fiscale de non-imposition.

Agressions verbales et physiques, blocage dans l'ascenseur

Les mois passent. Elle n'obtient pas ledit document de la direction des Finances publiques. Agressions verbales et physiques, blocage dans l'ascenseur, la locataire menace de mettre fin à ses jours car les représailles continuent.

Alerté le 17 juin, Jean-François Chalot la reloge en lieu sûr dès le 18 juin. Puis il a recours au 115 pour qu'elle soit acceptée à l'hôtel. La locataire continue de payer son loyer et son assurance. Le président du DAL alerte tous les acteurs possibles : sous-préfecture à la Ville, direction départementale de la cohésion sociale, l'organisme de tutelle qui la suit, etc.

Sauf que l'état de la locataire se dégrade. Diabétique et cardiaque, elle est hospitalisée quatre jours à l'hôpital. Sa fille enceinte va bientôt accoucher et stresse pour son avenir en l'absence de toit. Après maintes démarches pour obtenir une attestation de non-imposition de la part de la Direction des finances publiques, son dossier passera enfin commission d'attribution de logement le 3 août.