Meaux : le «pousseur» de la rue Saint-Faron derrière les barreaux

Le prévenu s’en est pris à des adolescentes et à une retraitée, qu’il a violentées gratuitement en pleine rue. Il a interdiction de paraître en Seine-et-Marne pendant trois ans.

 Meaux, mercredi 14 octobre 2020 : C’est dans la rue Saint-Faron qu’ont eu lieu la plupart des agressions.
Meaux, mercredi 14 octobre 2020 : C’est dans la rue Saint-Faron qu’ont eu lieu la plupart des agressions. LP/Guénaèle Calant

Que se passe-t-il dans la tête de Franck, lorsqu'il se promène rue Saint-Faron, à Meaux ? Une rue qu'il connaît bien puisqu'il y habite. C'est que ce père de famille de 39 ans, sans emploi, ne laisse pas que des bons souvenirs aux femmes et aux jeunes filles qui ont le malheur de se trouver sur le même trottoir que lui. Ni vol ni agression sexuelle : Franck frappe et bouscule.

Il a été condamné, par le tribunal correctionnel de Meaux ce mercredi, à huit mois de prison ferme avec mandat de dépôt pour violences aggravées. Il est interdit de séjour dans toute la Seine-et-Marne, pendant trois ans.

Le 25 juillet, c'est une femme de 75 ans qu'il a bousculée violemment, à tel point qu'elle s'est retrouvée au sol. La frêle retraitée était assise dans la salle d'audience. Lorsque le président lui a demandé si elle reconnaissait son agresseur dans le box, elle était comme tétanisée.

C'est d'une toute petite voix qu'elle a dit à son avocate Me Caroline Desré que « oui, c'est bien lui ». Pourtant, Franck disait ne pas la reconnaître. Il avait sa façon à lui de raconter la rencontre : « On se cogne, elle est tombée, j'avoue que j'ai pas regardé derrière ».

Coup de coude à une lycéenne et coup de pied à un chien

Le 3 septembre, deux adolescentes, sortant du lycée Bossuet, ont subi une agression aussi rapide qu'inattendue : la première a été frappée à une épaule le matin, la seconde a reçu un coup à la gorge l'après-midi. Pour ces faits de début septembre, Franck avait été placé en garde à vue au commissariat de Meaux, où il avait été auditionné par les enquêteurs du Groupe d'appui judiciaire. Il en était ressorti avec une convocation devant le tribunal et une interdiction d'approcher du lycée.

Mais le 6 octobre, rebelote. Coup de coude dans le torse d'une lycéenne et coup de pied… à un chien, un spitz loup, promené par sa maîtresse. Deux jours plus tard, c'est une quinquagénaire qui est bousculée. D'où une seconde garde à vue de lundi, suivie d'une comparution immédiate. « J'ai poussé le chien avec mon pied mais je n'ai pas mis un grand coup. Elle ne voulait pas me laisser passer, comme la jeune fille qui était venue sur moi », a assuré le prévenu.

«Il y a beaucoup de gens qui vous rentrent dedans !»

Le président n'a pas caché son étonnement : « Il y a beaucoup de gens qui vous rentrent dedans ! Vous n'avez pas de chance ?» Réponse de l'intéressé, que rien ne déstabilisait : « Oui, je trouve aussi, les gens viennent me percuter ».

Si les images de vidéosurveillances ne montrent pas les agressions, elles révèlent tout de même la présence du prévenu dans les parages. Quant aux victimes, toutes ont reconnu leur agresseur sur planches photographiques. D'où cette réflexion ironique du magistrat : « Et il y a beaucoup de gens qui vous reconnaissent. Ils vous en veulent ».

Le substitut du procureur Pierre-Yves Biet a requis un an de prison, dont six mois ferme, avec mandat de dépôt, à l'encontre du Meldois, dont le casier judiciaire affiche 16 mentions.

L'avocate de la défense Me Fabienne Fernandes a demandé que tribunal ordonne une expertise psychiatrique, les deux examens réalisés par des experts évoquant « des troubles psychopathiques et un problème d'alcool ».