Meaux : le domicile de l’imam de la mosquée Al Badr perquisitionné

Trois jours après l’assassinat de Samuel Paty, les policiers ont perquisitionné lundi le domicile meldois de Nourdine Mamoune. Sans résultat. L’imam dénonce les conditions de cette opération.

 Meaux. L’imam de la mosquée Al-Badr (ici le bâtiment) a vu son domicile perquisitionné lundi dernier dans le cadre des opérations de police lancées après l’assassinat de Samuel Paty.
Meaux. L’imam de la mosquée Al-Badr (ici le bâtiment) a vu son domicile perquisitionné lundi dernier dans le cadre des opérations de police lancées après l’assassinat de Samuel Paty.  LE PARISIEN

Nourdine Mamoune, l'imam de la mosquée Al-Badr à Meaux, a été visé par l'une des nombreuses « visites domiciliaires » effectuées lundi dernier par les forces de l'ordre en Ile-de-France, selon nos informations.

Le matin même, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin annonçait sur Europe 1 « des opérations de police en cours ». La mesure faisait suite à l'assassinat trois jours plus tôt de Samuel Paty, un professeur d'histoire-géo décapité devant son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) quelques jours après avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet.

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À 10 heures, c'est au domicile meldois du responsable religieux que les policiers ont mené une perquisition. Celle-ci n'a débouché sur aucune poursuite. L'ancien directeur du Collectif contre l'islamophobie en France s'en est fait l'écho sur Twitter. Marwann Muhammad a dénoncé une opération « politique » consistant à « défoncer la porte d'un imam de Meaux pour interroger un enfant de 10 ans, pendant que ses parents n'étaient pas là ».

« Ma femme et moi étions absents, confirme Nourdine Mamoune. Nos autres enfants étaient chez le dentiste. Les policiers n'ont pas défoncé la porte, ils ont frappé fort jusqu'à ce que mon fils leur ouvre. »

Le responsable religieux compte porter plainte

Ce dernier aurait été « traumatisé » par la scène. « Ils l'ont interrogé vite fait, ce qui est interdit car c'est un mineur, ajoute l'imam. Il a vu entrer une dizaine d'hommes cagoulés et armés. » Le responsable religieux annonce son intention de prendre un avocat et de porter plainte.

Contactées, ni la préfecture de Seine-et-Marne ni la direction départementale de la sécurité publique n'ont souhaité confirmer cette visite domiciliaire. Les services de l'Etat se sont bornés à indiquer que quatre lieux, deux domiciles, une librairie et une agence de voyages, ont fait l'objet d'un contrôle ce lundi 19 octobre dans le département.

Dans ce climat anxiogène, Nourdine Mamoune dit accepter les démarches entreprises par le ministère de l'Intérieur. « Je comprends les perquisitions, assure-t-il. À la mosquée, nous avons fermement condamné cette barbarie. Mais il faut faire la part des choses dans les médias entre les intégristes et les simples fidèles. J'ai peur d'une chasse aux musulmans. »