Meaux : l’épidémie de Covid-19 chamboule le salon de l’habitat

Moins de visiteurs, des habitudes qui changent : les exposants font face à une situation inédite à cause de la situation sanitaire.

 Meaux, ce dimanche. Le salon de l’habitat de Meaux se tient au Colisée jusqu’à ce dimanche soir. Les habitudes des visiteurs ont radicalement changé avec l’épidémie de Covid-19.
Meaux, ce dimanche. Le salon de l’habitat de Meaux se tient au Colisée jusqu’à ce dimanche soir. Les habitudes des visiteurs ont radicalement changé avec l’épidémie de Covid-19. LP/Sébastien Roselé

Le salon de l'habitat se tient jusqu'à ce dimanche soir au Colisée de Meaux. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que les exposants y perdent leur latin. Rien n'est comme d'habitude, Covid oblige. Certains en profitent. Pour d'autres, c'est la bérézina.

« Les gens n'ont plus envie de rien, regrette Carmeline, une exposante de 59 ans. Ils sont dépités, énervés par tout ce qu'ils voient autour d'eux. Ils ont peur de l'avenir. Ils ne savent pas s'ils vont garder leur boulot. » Cette habitante de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne) propose ses services de décoratrice. Elle coud des coussins, abat-jour, paravents… Depuis l'ouverture du salon, vendredi, elle n'a pas vendu un seul article.

« Les gens ont plus de disponibilités pour nous recevoir chez eux »

Un peu plus loin, Johnny, 37 ans, de Nanteuil-le-Haudouin (Oise), constate lui aussi les répercussions de la pandémie sur son entreprise de rénovations de façades et d'isolation de combles.

« Avec la Covid, on voit moins de monde au salon, assure-t-il. Mais les personnes qui viennent nous voir ont davantage de disponibilités pour faire les travaux. » L'homme marque une pause et explicite : « Nous nous rendons chez les gens pour poser des diagnostics gratuits. D'habitude, les clients ne peuvent nous recevoir qu'en fin de journée. Mais maintenant, les amplitudes horaires sont plus larges. » Sans doute l'effet du télétravail. Les clients sont davantage chez eux et peuvent davantage recevoir des artisans.

LIRE AUSSI > Après le confinement, place aux travaux chez soi!

Un couple s'arrête à chaque stand et s'entretient longuement avec les exposants. Voici Magali et Olivier, 43 et 41 ans, de Meaux. A priori, quand on leur pose la question, leur présence au salon n'a aucun rapport avec la pandémie.

« Nous sommes en train d'aménager une résidence secondaire », glisse Olivier. En y réfléchissant, le couple se rend compte qu'il y a peut-être un lien. « Nous avons plus de temps à consacrer à notre projet, ajoute Magali. Nous sommes tous les deux en chômage partiel. » Elle travaille pour une compagnie aérienne et lui pour un parc dont toutes les attractions n'ont pas repris : « On se dit qu'on va réfléchir maintenant car quand le travail reprendra, on n'aura plus le temps. »

Mariane, elle, voit le ciel s'éclaircir. Cette femme de 33 ans de Bussy-Saint-Georges est décoratrice d'intérieur. « J'ai beaucoup de demande, se félicite-t-elle. Les gens sont restés trop longtemps chez eux pendant le confinement. Ils en ont eu marre de leur décoration et ont voulu tout changer. Ils étouffaient et voulaient se sentir plus à l'aise ! Et puis ils ont peur d'un nouveau confinement ! »