Meaux : Jean-François Copé veut faire de sa police municipale une référence nationale

Jean-François Copé, le maire (LR) de Meaux, souhaite que la ville participe à une expérimentation, dans le cadre de la loi Sécurité globale, permettant de donner davantage de prérogatives aux policiers municipaux.

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 Meaux, lundi 25 janvier 2021. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a visité le centre de supervision urbain de la Police municipale.
Meaux, lundi 25 janvier 2021. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a visité le centre de supervision urbain de la Police municipale. LP/Guénaèle Calant

« Vous faites de la vidéoverbalisation? Est-ce que vous avez une brigade canine? Les fonctionnaires travaillent 24 heures sur 24? » C'est au centre de supervision urbain de la police municipale de Meaux que Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a démarré sa semaine, ce lundi matin. Et ce, à quelques heures de l'ouverture du « Beauvau de la sécurité », grande concertation nationale sur la réforme de la police et de la gendarmerie, voulu par le président Emmanuel Macron.

Jean-François Copé tenait tout particulièrement à cette visite ministérielle : le maire (LR) de Meaux souhaite en effet que sa ville participe à l'expérimentation, qui sera menée dans quelques communes en France, afin de donner des prérogatives supplémentaires aux policiers municipaux. Ces derniers réclament - entre autres - davantage de pouvoirs en matière de contrôles d'identité et d'accès aux fichiers.

Reçu par le député Jean-Michel Fauvergue(LREM), la vice-présidente de la région Hamida Rezeg (LR), le maire Jean-François Copé (LR), le commissaire divisionnaire Thierry Satiat et le préfet Thierry Coudert  (de gauche à droite), Gérald Darmanin a visité le centre de supervision urbain de la police municipale. LP/Guénaèle Calant
Reçu par le député Jean-Michel Fauvergue(LREM), la vice-présidente de la région Hamida Rezeg (LR), le maire Jean-François Copé (LR), le commissaire divisionnaire Thierry Satiat et le préfet Thierry Coudert (de gauche à droite), Gérald Darmanin a visité le centre de supervision urbain de la police municipale. LP/Guénaèle Calant  

Jean-François Copé a donc emmené le ministre dans les locaux de la police municipale, rue Léon le Royer, afin de vanter son efficacité et doper la candidature meldoise. La police municipale de Meaux, ce sont 83 policiers sur le terrain -auxquels s'ajoutent 8 fonctionnaires intercommunaux-, 14 agents de surveillance de la voie publique ainsi que 30 opérateurs -plus un responsable- chargés de surveiller les 264 caméras de vidéoprotection, réparties dans tous les quartiers.

Un député seine-et-marnais rapporteur de la loi Sécurité globale

Gérald Darmanin s'est donc retrouvé devant l'impressionnant mur d'écrans, installé au sous-sol. Pas de meilleure démonstration que des images d'archives, relatives à trois affaires résolues grâce aux caméras : le passage à tabac d'un jeune par d'autres jeunes, une détention d'arme de poing et un cambriolage. Grâce aux caméras, d'une précision incroyable avec un zoom très puissant de jour comme de nuit, on a pu suivre le délinquant depuis le moment où il commettait son délit… jusqu'à son interpellation.

Le ministre de l’Intérieur a pu se rendre compte, images à l’appui, de la précision des caméras du réseau de la ville de Meaux. LP/Guénaèle Calant
Le ministre de l’Intérieur a pu se rendre compte, images à l’appui, de la précision des caméras du réseau de la ville de Meaux. LP/Guénaèle Calant  

L'expérimentation à laquelle souhaite participer le maire de Meaux est prévue sur trois ans. Elle constitue l'article 1 er de la proposition de loi sur la Sécurité globale, qui a été adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale en novembre et qui doit passer devant le Sénat en mars. Car cette loi ne se résume pas à son très controversé article 24, sur la diffusion d'images des forces de l'ordre. Il y est en effet beaucoup question du futur rôle des polices municipales.

L'objectif premier de ce texte - dont le député seine-et-marnais et ex-patron du Raid, Jean-Michel Fauvergue, est un des rapporteurs - est en effet de créer un « continuum de sécurité ». Autrement dit de renforcer la coopération entre la police nationale, les gendarmes, les policiers municipaux et les services de sécurité privée.

«Le taux d'élucidation des faits sur la voie publique est au moins le double de la moyenne nationale»

Une coopération entretenue à Meaux depuis de nombreuses années, notamment grâce à l'ancien patron de ce service, Dominik Lemullois, parti à la retraite l'été dernier. En 1995, lorsque ce dernier arrive à Meaux - la même année que le maire - la ville est une des plus criminogènes de France.

Au sous-sol des locaux de la police municipale, 30 opérateurs sont chargés de surveiller les 264 caméras de vidéoprotection, réparties dans tous les quartiers. LP/Guénaèle Calant
Au sous-sol des locaux de la police municipale, 30 opérateurs sont chargés de surveiller les 264 caméras de vidéoprotection, réparties dans tous les quartiers. LP/Guénaèle Calant  

La municipalité avance que le taux de criminalité, c'est-à-dire le nombre de crimes et délits pour mille habitants, a été divisé par deux en vingt-cinq ans. Un chiffre qu'elle met au crédit de son système de vidéoprotection et de la rénovation urbaine. « Nous avons des effectifs policiers suffisants, nous allons maintenant investir dans la technologie, le matériel a vieilli », annonce Jean-François Copé, qui ne doute pas que la ville de Meaux sera retenue pour l'expérimentation.

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Du côté de la police nationale, le commissaire divisionnaire Thierry Satiat confirme l'excellente coopération avec la police municipale : « Il n'y a pas de concurrence entre les deux services. Il existe une synergie dans la lutte contre la petite et la moyenne délinquances ».

Côté Sécurité publique, 190 fonctionnaires -tous grades et corps confondus- sont en poste au commissariat de police nationale (auxquels il faut ajouter 80 policiers à la Sûreté départementale et au Service d'ordre public ainsi que 10 autres au renseignement territorial). Pour Thierry Satiat, « les caméras sont indispensables. Grâce à elles, le taux d'élucidation des faits sur la voie publique à Meaux est au moins le double de la moyenne nationale ».