Meaux : déjà condamné pour viol, un homme de 70 ans jugé pour avoir poignardé sa compagne

Accusé d’avoir porté deux coups de couteau au thorax de son ex-compagne, fin 2017, il comparaît à partir de mercredi devant la cour d’assises de Seine-et-Marne pour tentative de meurtre. Il était sous l’emprise de l’alcool au moment des faits.

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 (Illustration). Les faits se sont produits 13 septembre 2017 dans un appartement situé dans le quartier de Beauval, à Meaux (Seine-et-Marne).
(Illustration). Les faits se sont produits 13 septembre 2017 dans un appartement situé dans le quartier de Beauval, à Meaux (Seine-et-Marne). LP/Alexandre Arlot

« Si tu ne veux pas de moi, personne d'autre ne t'aura… crève, tu vas mourir » : ces paroles abominables, Rose* les a entendues alors qu'elle luttait pour survivre. C'était le 13 septembre 2017, dans un appartement situé dans le quartier de Beauval, à Meaux (Seine-et-Marne). Rose était au domicile conjugal, l'endroit le plus dangereux pour une femme, selon une étude de l'ONU.

Ce soir-là, son compagnon l'a poignardée de deux coups de couteau dans le thorax. Elle avait été transportée dans un état grave jusqu'à l'hôpital Henri-Mondor, à Créteil (Val-de-Marne). Cette femme, aujourd'hui âgée de 69 ans, en a réchappé.

C'est donc pour tentative de meurtre par conjoint que Pierre Pinaud, âgé de 70 ans, est jugé à partir de ce mercredi 24 février — et durant trois jours — devant la cour d'assises de Seine-et-Marne, à Melun. L'accusé, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, comparaît en état de récidive, pour avoir déjà été condamné en 1986 par une cour d'assises — celle de Paris — pour viol.

Selon un témoin, il avait l'intention de «finir» la victime

Le soir du drame, Pierre Pinaud était très alcoolisé, comme souvent. En compagnie de deux amis, il avait descendu plusieurs dizaines de bières et deux bouteilles de vin.

Depuis des semaines, il était particulièrement remonté contre celle qui partageait sa vie depuis une trentaine d'années. Il la soupçonnait d'entretenir une relation extraconjugale avec un autre homme, qu'il avait d'ailleurs menacé de mort.

Une fois ses copains partis de chez lui, Pierre Pinaud s'en est pris verbalement à sa femme, avant de s'emparer d'un grand couteau de cuisine. Rose était allongée sur son lit, dans sa chambre. Il l'a frappée à deux reprises, au niveau du thorax.

L'accusé a ensuite attrapé son téléphone et a appelé un de ses amis, pour lui raconter qu'il venait de poignarder son amie. Le témoin réagit très vite : tout en conservant l'accusé en ligne, il appelle les secours avec un second téléphone et leur indique que Pierre Pinaud a l'intention de « finir » la victime. Celle-ci l'implore en pleurant d'appeler les secours, il refuse et continue de l'invectiver.

La victime avait déjà subi des violences mais n'avait jamais osé porter plainte

A leur arrivée, les policiers du commissariat de Meaux sont accueillis par un homme ivre, énervé, incohérent, avec des traces de sang sur les poings et sur son tee-shirt. Derrière lui, sa compagne, ensanglantée, est en pleurs.

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L'arme ne sera pas retrouvée tout de suite : l'accusé, qui pensait prendre la fuite, l'avait nettoyée et jetée par la fenêtre. Ce n'est que bien plus tard que les enquêteurs la retrouveront sur le toit d'un local électrique situé en dessous.

L'instruction allait montrer que Rose avait déjà subi des violences conjugales par le passé, sans parler des menaces de mort. Quelques mois plus tôt, son compagnon l'avait poussée tellement fort qu'elle avait eu le fémur brisé en tombant sur le sol. Jamais elle n'avait déposé plainte : elle avait trop peur des représailles.

*Le prénom a été modifié