Maladies psychiques : bientôt trois nouvelles maisons de soins à Savigny-le-Temple

L’association Les Ailes déployées, qui compte 18 établissements en Ile-de-France, ouvrira en 2023 trois maisons hospitalières pour soigner et accompagner une centaine de patients en souffrance psychiatrique.

 Savigny-le-Temple. L’association Les ailes déployées va construire trois maisons hospitalières d’ici le printemps 2023.
Savigny-le-Temple. L’association Les ailes déployées va construire trois maisons hospitalières d’ici le printemps 2023. Lazo&Mure/Se?bastien Regall

L'association Les ailes déployées, qui vient en aide aux personnes en souffrances psychologiques, prend de plus en plus son envol en Seine-et-Marne. D'ici le printemps 2023, les maisons hospitalières de Sénart devraient sortir de terre à Savigny-le-Temple. En ces temps d'augmentation des cas de troubles psychologiques en lien avec les confinements, cet ensemble de bâtiments pourrait apporter des réponses à des malades.

« Nous allons construire trois nouvelles unités pour accueillir des personnes souffrant de troubles psychiques comme les dépressions graves, les troubles bipolaires, la schizophrénie… détaille Thierry Aumonier, le président de cette association qui existe depuis 1959. Même si on ne guérit pas de certaines de ces maladies, elles se soignent. »

Des logements passerelles pour l'autonomie des patients

Au total, plus de 6400 m2 seront construits, sur un terrain d'un peu plus de 25 000 m2, dans la ZAC de Villebouvet, à deux pas de la Maison départementale des personnes handicapées de Seine-et-Marne (MDPH 77) et de la gare. « Les négociations touchent à leur fin, précise Marie-Line Pichery, la maire (PS) de Savigny-le-Temple. La commune aura un pôle de santé extrêmement intéressant. »

Cet ensemble de plusieurs bâtiments comprendra trois unités bien distinctes avec un établissement psychiatrique d'hospitalisation complète d'une capacité de 55 lits, un hôpital de jour pour les soins journaliers de 20 lits et 25 places dans des logements passerelles.

« Ces logements passerelles sont des petites unités de logements séparés pour que les personnes réapprennent à vivre en autonomie, avec l'apprentissage de la gestion d'une habitation par exemple, explique le président de l'association. C'est un processus de soin et aussi de vie. »

Un projet de plus de 21 millions d'euros

Ce projet « de plus de 21 millions d'euros », comme le précise Guiseppe Zolzettich, le directeur général de Careit, un promoteur spécialisé dans ce type de bâtiment, devrait débuter en septembre 2021. Il est financé notamment par l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, qui a émis un avis favorable.

Cette construction s'inscrit dans le Plan régional de santé 2, publié en juillet 2020 par l'ARS d'Ile-de-France qui désigne la Seine-et-Marne comme département prioritaire pour le développement de l'offre en soins en Santé mentale.

« Plusieurs dizaines de personnes seront engagées avec des médecins, des infirmiers, des psychologues, des ergothérapeutes…, précise Thierry Aumonier. C'est un travail global fait sur l'individu et avec lui. » L'objectif est d'amener le patient à devenir autonome pour qu'il puisse reprendre une vie le plus normal possible. Le rôle des maisons individuelles paraît primordial au sein de ce processus.

Déjà un centre ouvert à Bois-le-Roi

L'association gère déjà 18 établissements sur l'Ile-de-France et accueille 65 patients dans sa seule unité de Seine-et-Marne, à Bois-le-Roi, la maison de repos Chantemerle. « Le personnel de cette unité, soit près de 55 personnes, intégrera Savigny-le-Temple dès l'ouverture, précise Thierry Aumonier. Nous ne savons toujours pas l'avenir de Chantemerle. Nous pourrions développer une nouvelle entité ou bien tout simplement fermer ou la vendre. » Cette question pourrait être mise sur la table lors des prochaines assemblées générales de l'association.

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Côté architectural, les trois unités, avec des ambiances bien différentes pour marquer la différence de fonction, seront reliées pour faciliter le travail des soignants. Le bois devrait être particulièrement présent, notamment à l'extérieur. Les trois espaces seront en grande partie tournés sur les jardins, avec des espaces verts assez importants. Cela permet aussi de mettre les patients à l'abri et au cœur d'un environnement le plus paisible possible.

Un patio permettra aux personnes accueillies d'être plus à l'abri, tranquille. Des espaces en partie gérés par les résidents serviront en même temps pour le décor et comme thérapie, puisque les patients pourront se transformer en jardinier en herbe.

Dans tous les cas, les riverains du secteur n'ont pas de souci à se faire. « Les patients admis seront stabilisés et pas en crise », précise le président de l'association.