Lognes : le prévenu demande le renvoi de son procès pour prouver son innocence

Le jeune homme, placé sous contrôle judiciaire par le tribunal correctionnel de Meaux, est soupçonné d’avoir participé à une attaque de convoyeurs de fonds, le 2 août 2019.

 Illustration. Le prévenu a été interpellé par la Police judiciaire de Meaux, mardi, avant d’être présenté au tribunal correctionnel de Meaux.
Illustration. Le prévenu a été interpellé par la Police judiciaire de Meaux, mardi, avant d’être présenté au tribunal correctionnel de Meaux. LP/Guénaèle Calant

Il a fait le pari de repousser son procès, pour trouver des preuves de son innocence. Pari gagné puisque le tribunal correctionnel de Meaux l'a placé sous contrôle judiciaire, en attendant l'audience du 15 décembre.

Un habitant de Lognes de 24 ans devait être jugé en comparution immédiate, ce mercredi, par le tribunal correctionnel de Meaux, pour vol avec violence en réunion. Il lui est reproché d'avoir participé à l'attaque de convoyeurs de fonds, le 2 août 2019, à Lognes.

Ce matin-là, une voiture banalisée de la société Loomis – en tournée pour récupérer des fonds - s'arrête devant la société Autobacs, au 11 allée des Palombes, à Lognes. Le passager en descend et part chercher l'argent. Sa collègue, restée au volant, voit soudain surgir un inconnu, le visage masqué. Il tente d'ouvrir sa portière, elle s'y accroche pour l'en empêcher.

Devant sa résistance, son assaillant parvient à l'asperger de gel, par la vitre entrouverte, pour qu'elle lâche. La victime crie tellement fort qu'un des employés de la société vient à sa rescousse, obligeant le malfaiteur à prendre la fuite. Le salarié aperçoit alors son complice, caché derrière un buisson. Celui-ci prend lui aussi la fuite… en laissant tomber l'extincteur qu'il avait dans les mains.

Une empreinte génétique sur un extincteur

La Police judiciaire (PJ) de Meaux, saisie de l'enquête, va retrouver une empreinte génétique sur l'objet. Le temps que l'ADN « matche » avec celui du prévenu, inscrit au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), il s'écoulera plusieurs mois.

Les enquêteurs procéderont ensuite à des vérifications sur cet habitant de Lognes : ils vont notamment découvrir qu'il manque un extincteur dans le parking souterrain de son immeuble ! Mais la période du confinement va retarder l'enquête. C'est donc mardi que les enquêteurs de la PJ ont placé en garde à vue ce vendeur, qui – à l'époque des faits – exerçait au sein d'une salle de sport.

Le jeune homme, condamné en octobre 2019 pour vol en réunion par la Cour d'appel de Paris, nie formellement avoir participé à l'attaque des convoyeurs. Raison pour laquelle il a demandé le renvoi de son procès : il entend prouver qu'il travaillait bien au moment des faits. Les enquêteurs ont en effet découvert qu'il était en congé ce jour-là. Mais le jeune homme se rappelle une modification de planning et espère bien en apporter la preuve, d'ici la prochaine audience.

« Il ne faut pas préjuger de sa culpabilité », a insisté son avocate Me Fabienne Fernandes, alors que le parquet venait de requérir le placement en détention provisoire du prévenu. Le tribunal a décidé de le placer sous contrôle judiciaire. « Le jour des faits, vous n'aviez pas encore été condamné », a relevé le président.