Le Val Briard, petit Poucet dans la course pour devenir «capitale française de la culture»

La communauté de communes de Seine-et-Marne fait partie des neuf dernières collectivités encore en lice pour ce nouveau label. Une belle réussite alors que Versailles ou Le Kremlin-Bicêtre ont été éliminés.

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 Les Chapelles-Bourbon, ce jeudi. Christophe Thiry, directeur des affaires culturelles, Isabelle Périgault, présidente du Val Briard, et Jean Abitboul, vice-président à la culture (de g. à dr.), portent cette candidature.
Les Chapelles-Bourbon, ce jeudi. Christophe Thiry, directeur des affaires culturelles, Isabelle Périgault, présidente du Val Briard, et Jean Abitboul, vice-président à la culture (de g. à dr.), portent cette candidature. LP/Sébastien Blondé

A côté des derniers prétendants au titre, la communauté de communes du Val Briard (CCVB), située à quelques encablures au sud-est de Disneyland Paris, fait figure de David contre huit Goliath : le Grand Angoulême, Brest, Laval, Le Mans, Metz, Saint-Paul-de-la-Réunion, Sète et Villeurbanne.

Toutes ces collectivités sont candidates à l'obtention du premier label « Capitale française de la culture. » Il sera décerné le 31 mars par le ministère de Roselyne Bachelot et sera valable pour l'année 2022. Seul rescapé francilien – sur 29 candidats de tout le pays –, le Val Briard s'est notamment offert le luxe de passer devant Versailles! La communauté de communes compte 30000 habitants répartis dans 21 communes, dont Fontenay-Trésigny est la plus peuplée avec 5000 habitants.

Un symbole de l'accès à la culture pour tous

Face à la riche histoire de ses adversaires, parfois liée aux sports mécaniques comme au Mans ou à la BD comme à Angoulême, la CCVB n'affiche pas d'aussi gros biceps. Ni de telles fréquentations. Le Festi'Val Bri'Art, l'événement culturel phare de ce coin de Brie, n'attire que 15000 spectateurs sous son chapiteau, sur environ un mois et des dizaines de représentations.

Mais dans son principe d'itinérance et d'apport de la culture dans les villages – ce que fait aussi la CCVB, notamment dans les établissements scolaires –, sa philosophie représente peut-être ce que recherche le ministère.

Les critères de sélection ont en tout cas vite convaincu Isabelle Périgault (LR), la présidente de la communauté de communes, de se lancer. « Je me suis dit : C'est nous ça, commente-t-elle. On porte la culture dans les communes, avec un accès à tous. Et justement, le Festi'Val Bri'Art, par sa gratuité, est l'apogée de l'accès à tous. »

Un programme ambitieux mais «pas bling-bling»

Alors le Val Briard, sous la houlette de Christophe Thiry, son directeur des affaires culturelles, a imaginé avec Jean Abitboul, son vice-président à la culture, une programmation 2022 ambitieuse. Mais raisonnable, dans ses moyens. « On veut être inventif et créatif, précise Thiry, lui-même metteur en scène. On veut un projet à notre ampleur, proche de la population. On n'est pas là pour faire du bling-bling. »

Sans tout dévoiler, Christophe Thiry jouerait de ses contacts au Brésil et au Viêt Nam pour créer des rencontres internationales. Un hommage à des femmes remarquables a aussi été imaginé. Une foire du goût, à partir de produits locaux travaillés par des chefs étrangers, est dans les tuyaux. Ainsi qu'un marathon, véritable épreuve sportive, peut-être écocitoyenne… Et plein d'autres choses. Trois thèmes guideront 2022 : nature, agriculture et culture. « On veut les faire résonner, pour qu'ils se rappellent l'un à l'autre », lance le directeur culturel.

Voulu pour devenir un vrai pôle de création, le siège de la CCVB, aux Chapelles-Bourbon (470 habitants), doit être doté en janvier prochain d'une salle de spectacle modulable pouvant proposer de 400 places assises à 700 debout. Les travaux sont en bonne voie.

Un budget qui serait au moins doublé grâce au label

Le projet dans son ensemble a tapé dans l'œil du jury. Pour Isabelle Périgault, c'est déjà « une vraie reconnaissance de cette culture que l'on porte depuis plus de dix ans ».

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Car le Val Briard et la culture, c'est une longue histoire. Déjà sous Jean-Jacques Barbaux, l'ancien président décédé en 2018. C'est lui qui, un jour de 2009, a proposé à Jean Abitboul, le maire de La Houssaye-en-Brie, de lancer une politique culturelle.

« En 2008, je faisais du théâtre dans une troupe d'amateurs, avec Christophe Thiry comme metteur en scène, se rappelle Jean Abitboul. La troupe voulait continuer à travailler avec lui mais n'en avait pas les moyens. Alors on s'est tourné vers Jean-Jacques Barbaux pour lui proposer d'animer le territoire. A l'époque, on avait joué dans plusieurs communes sur trois week-ends. Le président a vu qu'il y avait du monde. Il a voulu répondre à cette demande. »

Cela perdure depuis avec Isabelle Périgault. Et la demande augmente. Lancé en 2011, le Festi'Val Bri'Art a vu sa fréquentation multipliée par trois en dix ans.

Aujourd'hui, le budget culture de la CCVB est en moyenne d'un million d'euros par an. En 2022, en cas de victoire, il sera au moins doublé. Via le label convoité, il y aura aussi un million supplémentaire de récompense à la clé, sans parler de la course aux subventions qui commencera pour les élus.