Le Mée-sur-Seine : inquiétudes autour de la future résidence Côté Seine

La construction d’un programme de 71 logements au Mée-sur-Seine soulève des interrogations auprès des riverains. C’est ce qui ressort de la réunion publique qui s’est tenue mardi soir.

 Le Mée-sur-Seine. Voici l’image virtuelle de ce que sera l’ensemble des résidences Côté Seine au 306, quai Lallia.
Le Mée-sur-Seine. Voici l’image virtuelle de ce que sera l’ensemble des résidences Côté Seine au 306, quai Lallia. DR

Une vue imprenable sur la Seine, un cadre verdoyant… Le programme immobilier de 71 logements de standing Côté Seine, quai Lallia au Mée-sur-Seine, a fait l'objet d'une réunion d'information auprès des riverains mardi soir à la mairie du Mée-sur-Seine.

L'ensemble qui prévoit notamment trois logements dans la maison de maître de la propriété Devoisselle sera livré par la Stradim au 4e trimestre 2021. Le chantier démarre début novembre par la déconstruction de cette bâtisse.

Résidant sur le quai des Tilleuls, Christophe Rosa interpelle vivement les organisateurs de la soirée. Auteur d'un recours contre le projet, il a été débouté par le tribunal administratif. Il rappelle les « dégradations » subies dans le quartier : « fissurations du bâti, geysers de 60 cm sortant des chaussées en cas de pluie et même pourrissement de 137 tilleuls sur les 173 du quai. »

Des interrogations sur l'état du sol et le stationnement

Selon lui, cette « destruction intégrale » du quartier s'explique par la déviation d'une source lors d'un précédent chantier immobilier de la Stradim. Il demande donc à l'architecte présent s'il a prévu sur le chantier Côté Seine un exutoire de la source pour éviter de surcharger le réseau. « J'ai été missionné pour un permis de construire. Ma mission ne va pas plus loin », répond ce dernier. Une riveraine insiste. « C'est un bureau d'études spécialisées qui s'en est occupé. Je ne sais plus ce qu'ils ont prévu. Cela fait trois ans… », maintient l'architecte. « Ah ! Vous préparez bien la réunion », s'indigne Christophe Rosa, très investi sur le sujet.

Le Mée-sur-Seine, 22 septembre. Debout, Christophe Rosa a interpellé l’architecte. Devant lui, assis, l’écologue Claude Bourquard. LP/Sophie Bordier
Le Mée-sur-Seine, 22 septembre. Debout, Christophe Rosa a interpellé l’architecte. Devant lui, assis, l’écologue Claude Bourquard. LP/Sophie Bordier  

Directeur de la Stradim en Ile-de-France et en Champagne, Alexandre Faggion intervient. « Sur la déviation d'une source que vous nous reprochez dans le passé, une procédure judiciaire est en cours. Je ne vous répondrai pas. On verra bien au terme de cette procédure qui a raison et qui a tort. Pour le programme Côté Seine, on a interrogé le bureau d'études Burgeat. Selon eux, il n'y a pas de difficulté particulière à bâtir. Leur étude a permis de montrer que le permis de construire est parfaitement instruit et conforme », assure-t-il.

Membre du collectif Bien Vivre à Melun et écologue, Claude Bourquard évoque les risques existant dans ce quartier selon le site officiel Géorisques : la rétractation et le gonflement des sols argileux, les inondations, les mouvements de terrain. Après l'apparition le 3 juin d'un trou béant dans la chaussée rue Aristide-Briand perpendiculaire au quai, il avait demandé la suspension du programme immobilier, le temps de mener des études approfondies, études que l'agglomération Melun Val de Seine n'a pas estimé utile de mener.

« Ce mardi soir, j'ai demandé si des mesures techniques ont été prévues face aux risques. Je n'ai pas eu de réponse. Un bureau d'études en a prises, mais on ne sait pas lesquelles ». Joint ultérieurement, Alexandre Faggion veut rassurer : « Vu le contexte, nous avons redoublé d'attention et de conseils spécialisés. »

Le Mée, 22 septembre. De gauche à droite, le maire du Mée Franck Vernin (UDI) et Alexandre Faggion, directeur de la Stradim pour l’Ile-de-France et la Champagne, ont répondu aux questions des habitants. LP/Sophie Bordier
Le Mée, 22 septembre. De gauche à droite, le maire du Mée Franck Vernin (UDI) et Alexandre Faggion, directeur de la Stradim pour l’Ile-de-France et la Champagne, ont répondu aux questions des habitants. LP/Sophie Bordier  

D'autres riverains évoquent aussi les problèmes de stationnement prévisibles sur les quais alors que 97 places de parking sont prévues pour les résidants de l'ensemble Côté Seine. « On fait plus de places que ne prévoit la réglementation », répond Alexandre Faggion pour la Stradim. « 60 % de nos logements sont des deux-pièces, 40 % des trois-pièces et plus. Si on fait des regroupements de surfaces comme un certain nombre de clients nous le demandent, on devrait limiter le problème ».