Le Mée-sur-Seine : après les violences urbaines, le poste de police municipale visé

Après les incidents de dimanche soir, le poste de police municipale du Mée-sur-Seine a été visé par des tirs de mortiers lundi soir. La mairie annonce vouloir poursuivre les rencontres de terrain auprès des jeunes.

 Le Mée-sur-Seine, mardi 3 novembre. Une dizaine d'impacts de tirs de mortiers ont touché la façade du poste de police municipale du Mée. Pas de blessés à déplorer.
Le Mée-sur-Seine, mardi 3 novembre. Une dizaine d'impacts de tirs de mortiers ont touché la façade du poste de police municipale du Mée. Pas de blessés à déplorer. LP/Sophie Bordier

Après des violences urbaines au cours d'un tournage de clip de rap, dimanche dans la soirée, Allée de la gare, au Mée-sur-Seine, un nouvel incident s'est produit, lundi soir vers 22 h 40. Une dizaine de mortiers ont été lancés sur la façade du poste de la police municipale de la commune, avenue Maurice Dauvergne.

Il n'est pas encore établi que les deux événements soient liés, mais il est possible que les jeunes gens qui ont semé le trouble la veille aient cherché à terminer leur important stock de mortiers en s'en prenant cette fois au poste de police municipale.

Dimanche soir, toujours est-il que des vidéos avaient circulé sur le réseau social Snapchat, montrant les violences urbaines. Les jeunes affirmaient qu'ils ne souhaitaient pas du confinement... Un suspect, interpellé dimanche soir, a été remis en liberté pour des raisons de santé. L'enquête se poursuit pour ces premiers faits.

« Une fois de plus, la police est prise pour cible »

Durant ce nouvel incident, il n'y a heureusement pas eu de blessés, ni parmi les policiers, ni parmi les citoyens, et les dégâts matériels ont été limités à une dizaine d'impacts noirâtres sur la façade du bâtiment dont certains sur sa partie vitrée. Il n'y a pas eu d'interpellation.

«Nous avons été appelés dans un premier temps pour une poubelle en feu, ce qui s'est avéré faux, souligne une source proche de l'enquête. La police municipale nous a ensuite contactés après avoir constaté des dégâts liés à des tirs de mortiers. »

«Une fois de plus, la police est prise pour cible. Nous exigeons des sanctions fortes et des peines à la hauteur des faits. Sans cela, le sentiment d'impunité continuera», commente Christophe Gonzalez, secrétaire régional du syndicat Alliance 77.

Le Mée-sur-Seine, mardi 3 novembre. Les impacts des tirs de mortier ont laissé des  traces de brûlé un peu noirâtres sur la façade du poste de police municipale. LP/Sophie Bordier
Le Mée-sur-Seine, mardi 3 novembre. Les impacts des tirs de mortier ont laissé des traces de brûlé un peu noirâtres sur la façade du poste de police municipale. LP/Sophie Bordier  

Une réunion de crise à la mairie

Le confinement est-il si mal vécu par la jeunesse méenne car il empêche de se retrouver dehors ou dans les halls sous peine d'amende ? Car il gêne aussi les points de deal ? Dans cette ville du Mée où 44% de la population a moins de trente ans, les élus prennent la chose au sérieux. Une réunion de crise s'est tenue ce mardi soir. Le maire Frank Vernin (UDI) a convié autour de lui les élus en charge de la jeunesse et de la sécurité, le service jeunesse et la police municipale.

Dimanche soir, des vidéos ont circulé sur le réseau social Snapchat, montrant les violences urbaines. Capture d'écran Snapchat.
Dimanche soir, des vidéos ont circulé sur le réseau social Snapchat, montrant les violences urbaines. Capture d'écran Snapchat.  

« Nous avons pris la mesure de la gravité des faits, bien qu'il n'y ait eu heureusement aucun blessé à déplorer », commence Serge Durand, premier adjoint chargé de la sécurité au Mée.

Il s'interroge sur les raisons de ces échauffourées. « Il y a eu plusieurs verbalisations de jeunes récemment par la police municipale et nationale pour non-respect du port du masque. Il y en a eu au moment du couvre-feu car il était interdit de rester dehors ou dans les halls d'immeubles après 21 heures. C'est la même chose maintenant avec le confinement. Mais ce sont des mesures gouvernementales que tout le monde doit respecter ! »

Pour ne rien arranger, le service jeunesse (qui suit les 11-25 ans) n'est plus autorisé à les accueillir dans ses locaux, comme tous les établissements recevant du public d'ailleurs, confinement oblige. Seul le périscolaire est possible avec les collégiens âgés de 12 à 15 ans en fin de journée.

Les conclusion de cette cellule de crise ? « Police municipale et nationale doivent poursuivre leurs missions comme avant. Quant aux acteurs du service jeunesse, ils vont continuer d'aller à la rencontre des jeunes le soir. Lundi soir, vers 22 h 30, il y avait une dizaine ou une quinzaine de jeunes devant le poste de police municipale», insiste Serge Durand.

Quant aux élus, le premier adjoint le dit : « On fera du terrain comme on en fait déjà. Pour essayer de comprendre ». Une autre réunion est prévue ce mercredi matin pour refaire le point.