Seine-et-Marne : les bouquets de fleurs aussi, ça peut être bio !

Isabelle Chanclud orne les salons de ses fleurs atypiques. Elle fait partie des rares productrices de fleurs bio en Ile-de-France.

 La Grande Paroisse, ce jeudi. Isabelle Chanclud, ici en train de composer un bouquet de dahlias, cultive des fleurs bio qu'elle vend sur les marchés fraîches ou séchées.
La Grande Paroisse, ce jeudi. Isabelle Chanclud, ici en train de composer un bouquet de dahlias, cultive des fleurs bio qu'elle vend sur les marchés fraîches ou séchées. LP/Faustine Léo

Quitte à le dire avec des fleurs, dites le avec des fleurs cultivées à côté de chez vous et sans pesticides. Dans sa ferme de Chauchien, à la Grande Paroisse, Isabelle Chanclud, sème et bichonne des fleurs depuis l'an dernier pour en faire des bouquets « Champêtre », comme elle a nommé son entreprise. Ils ne sont que quatre en Ile-de-France à s'être lancés dans les fleurs bio.

Dans ses 5000 m2, dahlias, centaurées, scabieuses, oeillets, cosmos dansent dans le vent, au gré de l'avancée de la belle saison, selon leur floraison. On se sent ici comme dans le jardin de sa grand-mère. Autant dire donc que ce n'est pas là que les adeptes du traditionnel bouquet du 14 février trouveront leur bonheur.

« J'aurai bientôt quelques roses mais l'an prochain. Et surtout pas en hiver ! Les fleurs des bouquets de la Saint-Valentin viennent de l'hémisphère Sud où elles sont produites dans des serres chauffées. Puis elles voyagent en avion jusqu'aux Pays-Bas, puis en camion jusqu'en France. C'est un luxe très polluant », se désole cette quinquagénaire en pleine reconversion professionnelle. Les fleurs, c'est comme les fraises et les tomates, on ne peut pas en avoir toute l'année ».

C'est donc de juin à octobre qu'on la retrouve sur les marchés ou que l'on peut venir se fournir à la ferme. L'hiver, place aux bouquets de fleurs qui ont séché dans ses greniers.

« Je ne mets rien sur mes fleurs »

Après trente ans comme salariée de la chambre d'agriculture d'Ile-de-France, notamment à développer les circuits courts dans les fermes, Isabelle Chanclud a eu envie de mettre ses principes en application pour vivre sa passion personnelle. « Je faisais de la création florale pour mes loisirs, mais je n'avais pas eu l'idée d'en faire un métier, de la graine à la fleur, se souvient-elle. Maintenant, je suis épanouie, les fleurs c'est un émerveillement. Travailler dans le beau, c'est agréable ».

Tout le défi de cette culture consiste à prévoir des floraisons de façon à avoir en même temps des fleurs rondes et pointues, de couleurs différentes, malgré l'inconnue de la météo. « Sans oublier que les insectes rajoutent une difficulté. Les pucerons ont mangé les centaurées, les altises ont attaqué les giroflées », regrette Isabelle Chanclud, qui a suivi une formation intense et accélérée de fleuriste à Paris.

Pas question pour autant de recourir aux pesticides. « Je ne mets rien sur mes fleurs, assure-t-elle. Avec la diversité de fleurs que je cultive, cela met moins de pression. Et puis, je vais planter une haie pour avoir plus d'auxiliaires qui terrassent les nuisibles ».

« Les jeunes adorent les bouquets de fleurs séchées »

Faire du bio a résonné comme une évidence. « Je veux qu'on puisse toucher, sentir et même manger mes fleurs sans aucune crainte », insiste celle qui a aussi moissonné pour la première fois ses 60 hectares de céréales, cultivés selon les principes de l'agriculture de conservation.

« Les deux activités se complètent pour avoir une équation économique qui tient la route », précise Isabelle Chanclud, qui envisage d'animer des ateliers de composition florale et orne déjà les salles de mariage.

Sur les marchés, son stand détonne. « Mes fleurs ne sont pas celles que l'on trouve habituellement comme les tulipes, les iris ou les marguerites. Les gens sont surpris d'apprendre que l'on peut produire des fleurs bio, s'amuse presque celle qui se définit comme « agrifleuriste ». Ils sont heureux de s'offrir ou d'offrir du beau. Quant aux jeunes, ils adorent les bouquets de fleurs séchées. C'est très tendance ».

Champêtre, aux marchés de Bois-le-Roi le jeudi et d'Avon le samedi. Vente directe à la ferme le samedi après-midi. Bouquets : 20 euros, botte : 12 euros. Renseignements au 0786425763 ou www.champetre-fermeflorale.fr