La direction de Disneyland Paris se veut rassurante après les suppressions de postes aux Etats-Unis

Quelques heures après l’annonce de la suppression de 28 000 postes au sein de The Walt Disney Company, la présidente d’Euro Disney, Natacha Rafalski, a pris la parole en interne. Et assuré que ces mesures drastiques ne concernaient pas Disneyland Paris. En visite en Seine-et-Marne, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire s’est exprimé sur la situation.

 Chessy, mardi 4 août 2020.  La présidente d’Euro Disney Natacha Rafalski s’est exprimée à 10h30 ce mercredi.
Chessy, mardi 4 août 2020. La présidente d’Euro Disney Natacha Rafalski s’est exprimée à 10h30 ce mercredi.  LP/Alexandre Métivier

La prise de parole était très attendue. Et elle n'a pas tardé. Mercredi matin, dès 10h30, la présidente d'Euro Disney Natacha Rafalski s'est exprimée dans une vidéo de quelques minutes diffusée en interne pour réagir à l'annonce du plan social, effectuée mardi soir depuis les Etats-Unis dans un communiqué par la Walt Disney Company, la maison-mère du groupe mondial des loisirs et du cinéma Disney.

En tout, 28 000 licenciements ont été annoncés. Ils concernent des salariés (dont les deux tiers qui travaillent à temps partiel) basés dans les deux parcs des Etats-Unis : Disneyland Resort en Californie et Walt Disney World Resort en Floride. Le premier n'a pas rouvert depuis la mi-mars alors que le second a rouvert en juillet avec une jauge limitée. Un scénario identique à Disneyland Paris, qui avait rouvert le 15 juillet.

«Ces annonces concernent uniquement les Etats-Unis»

« Je sais que de telles annonces soulèvent de nombreuses questions et génèrent de l'inquiétude parmi vous, indique Natacha Rafalski dans son message. Les changements annoncés aujourd'hui impactent certains employés aux Etats-Unis, et je suis bouleversée de voir les conséquences de cette pandémie sur nos collègues. Toutes mes pensées se tournent vers celles et ceux qui sont directement concernés par ces mesures et je souhaite leur adresser tout mon soutien. »

Par la suite, après avoir remercié les salariés d'Euro Disney pour leur investissement dans cette période délicate, elle poursuit : « Je tiens à être claire : ces annonces concernent uniquement les Etats-Unis. Ici, à Disneyland Paris, nous avons déjà mis en œuvre un certain nombre de mesures pour gagner en efficacité et gérer au mieux nos coûts. »

Elle met alors en avant le protocole sanitaire renforcé et la mise en place, à partir de ce jeudi 1 er octobre, des horaires adaptés obligatoires pour les salariés en CDI des boutiques, restaurants, attractions, hôtels et du Disney Village. Ceux-ci permettront d'adapter les effectifs en fonction de l'activité. Des formations sont également prévues pour les salariés amenés à changer de poste. Et notamment ceux des hôtels, avec la fermeture du Cheyenne prévue aujourd'hui.

« Nous continuons également à avoir recours au chômage partiel. C'est un levier indispensable qui nous permet de nous adapter à la situation actuelle. Afin de diminuer nos coûts, nous avons également supprimé les postes qui étaient non pourvus, ajoute encore Natacha Rafalski. Tous ces efforts collectifs nous permettent d'atténuer l'impact de cette crise mondiale, et sachez que toutes ces décisions ont pour but de protéger l'avenir de notre entreprise. »

En déplacement ce mercredi après-midi dans une entreprise de Ferrières-en-Brie, à quelques kilomètres de Disneyland Paris, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est exprimé sur la situation : « Disneyland Paris est dans le lot des entreprises touchées par la crise. C'est un des plus gros employeurs de Seine-et-Marne. Le chiffre d'affaires s'est effondré depuis quelques semaines. Mais 100% du chômage partiel sera pris en charge jusqu'à la fin de l'année. On restera à leurs côtés, comme de toutes les autres entreprises. »

La CFDT dénonce ceux qui « surfent sur la peur »

Du côté des syndicats, la CFDT, syndicat majoritaire, se veut rassurante. « Le plan social n'a rien à voir avec la France. En termes de droit et organisation du travail, il n'y a rien de comparable entre la France et les Etats-Unis. Ici, toutes les mesures ont été prises pour faire face, indique Djamila Ouaz. La volonté n'est pas aux licenciements et si la direction l'avait voulu, elle l'aurait fait depuis longtemps. Certains surfent sur la peur mais le but est de protéger l'entreprise et les emplois. »

Elle cite ensuite les efforts consentis : « Une cellule d'urgence pour revoir la situation à chaque moment et éviter les licenciements, la réduction des RTT, des postes de directeur et de cadres supérieurs avec l'accord sur la flexibilité du travail de cet été. Enfin, le chômage partiel est une aide. » « Il est de l'ordre de 30% à date, révèle Lucas Gheddab de la CFTC. Et ce chiffre va sans doute être amené à évoluer. »

La CFE-CGC juge « pérenne la situationde l'entreprise »

Pour la CFE-CGC, Hélène Charvet estime que les annonces «sont dramatiques pour nos collègues américains. C'est un système différent, avec beaucoup de temps partiel, mais 28 000 personnes c'est beaucoup et nous avons une pensée pour eux. Toutefois, aujourd'hui, Disneyland Paris n'est pas concerné. Natacha Rafalski l'a redit et c'est bien qu'elle se soit exprimée rapidement. Nous comprenons l'inquiétude des salariés, la situation n'est pas facile mais nous pensons que la combinaison de l'activité partielle et des accords sur le temps de travail signés cet été rend pérenne la situation de l'entreprise. »

La CFTC est moins positive. « C'est aux Etats-Unis pour le moment mais nous faisons partie du même groupe et rien ne garantit que nous ne serons pas touchés plus tard, estime Renald Grandjean. Le discours de ce matin vise à rassurer mais il faudra être vigilant, même si certains disent qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Aujourd'hui, alors que la fréquentation n'est pas là, ce qui sauve Euro Disney c'est le chômage partiel. »

Une salariée, qui préfère rester anonyme, révèle « ne pas être inquiète car nous ne sommes pas concernés par l'annonce du plan social américain ». Un autre, lui aussi anonyme, est en revanche pessimiste. « Je ne crois personne, je sais qu'on nous ment. Tout ça n'est pas bien rassurant, estime-t-il. Les mois à venir ne vont pas être beaux, je ne pense pas avoir de vacances avant le printemps. Je vais m'asseoir sur les congés de Noël. Je n'ai plus de jours de repos collés ni d'heures supplémentaires ni de primes de nuit. Les départs ne sont pas remplacés... C'est très compliqué. Je suis en vacances et c'est la première fois que je n'ai pas envie de reprendre. »

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