«Je suis amoureuse de mon appart’» : cet immeuble HLM de Seine-et-Marne rend ses habitants heureux

Dans le quartier du Miroir-d’Eau en pleine rénovation, à Savigny-le-Temple, cet immeuble HLM a été primé pour sa performance. Petit tour du propriétaire avec l’architecte.

 Lundi matin, Savigny-le-Temple, le 16 novembre. L’agence Karawitz est lauréate des trophées des opérations remarquables 2020 dans la catégorie « Performance » pour la réalisation de cet immeuble HLM de 56 logements et de 1 000 m2 de commerces.
Lundi matin, Savigny-le-Temple, le 16 novembre. L’agence Karawitz est lauréate des trophées des opérations remarquables 2020 dans la catégorie « Performance » pour la réalisation de cet immeuble HLM de 56 logements et de 1 000 m2 de commerces. LP/Sylvain Deleuze

L'agence Karawitz est lauréate des trophées des opérations remarquables 2020 dans la catégorie Performance pour la réalisation d'un nouvel immeuble du quartier du Miroir-d'Eau, à Savigny-le-Temple. Organisé par Les Coop'HLM, la Fédération nationale des sociétés coopératives d'HLM, ce prix met en avant une opération remarquable qui contribue à la préservation des ressources et à la valorisation du patrimoine et du savoir-faire.

Le programme récompensé fait actuellement l'objet d'une réhabilitation complète financée et conduite par l'établissement public d'aménagement (EPA) de Sénart. Au total : 56 logements et de 1 000 mètres carrés de commerces.

Un bâtiment avec beaucoup de bois… invisible

« Je suis amoureuse de mon appart'», lâche Delphine, une habitante du 3e étage. Milena Karanesheva, l'architecte rougit presque en entendant ce compliment. Pour apporter une meilleure performance à sa réalisation, elle a innové, en utilisant dès 2014 et la production des premiers plans, la technologie du building information modeling (BIM).

La modélisation des informations du bâtiment consiste, selon un site expert, « dans le partage d'informations fiables tout au long de la durée de vie d'un bâtiment ou d'infrastructures, de leur conception jusqu'à leur démolition ». Ce processus de travail collaboratif est enrichi par tous les intervenants du projet. Ainsi, une simple clé USB permet d'exploiter une maquette numérique préfigurant le bâtiment et la gestion de la totalité de son cycle de vie.

Savigny-le-Temple. Milena Karanesheva, l’architecte, dans la cour de l’immeuble HLM primé dans le quartier du Miroir-D’eau. LP/Sylvain Deleuze
Savigny-le-Temple. Milena Karanesheva, l’architecte, dans la cour de l’immeuble HLM primé dans le quartier du Miroir-D’eau. LP/Sylvain Deleuze  

« C'est la reconnaissance de tout le travail qui répondait à un cahier des charges exigeant », se réjouit l'architecte. Originaire de République tchèque, elle est venue en France pour créer des bâtiments alliant le béton et le bois biosourcé. « Cette dernière matière est plus légère et isole mieux notamment d'un point de vue thermique, détaille-t-elle. Par contre cela coûte plus cher. »

Des sortes de pavillons au 4e étage

Pourtant en observant ce building de quatre étages, avec un rez-de-chaussée consacré aux commerces, trois étages plus classique et un quatrième étage en attique avec des sortes de pavillons installés sur le toit avec de la hauteur sous plafond, deux choses sautent aux yeux. En premier, l'absence de bois !

« Il est caché derrière le revêtement ou des tôles en acier galvanisé très clair », rigole Milena Karanesheva. Derrière elle, le ciel se reflète dans les différents toits faits avec cet acier. Les murs clairs aussi rajoutent à cette impression de clarté. Aucune trace de bois à l'horizon, qu'on retrouve pourtant sur le plafond des couloirs.

En second, les différents toits orientés différents apportent une réelle modernité alors que les trois premiers étages restent assez classiques. On est loin d'une pâle copie d'immeuble de style haussmannien. On devine la hauteur sous plafond dans certaines pièces et les terrasses qui apparaissent.

Les appartements ont presque tous des terrasses ou loggias et de larges ouvertures. Schnepp Renou
Les appartements ont presque tous des terrasses ou loggias et de larges ouvertures. Schnepp Renou  

D'ailleurs, la majorité des appartements possède des loggias ou des terrasses, parfois les deux, avec une double orientation sauf pour les studios tous orientés sud. « J'ai pensé les appartements puis le bâtiment car cela doit être agréable d'y vivre, explique l'architecte. Par exemple, de nombreuses fenêtres commencent à la hauteur standard d'un bureau et vont jusqu'au plafond. Cela amène plus de luminosité. »

Les locataires rencontrés chez eux sont satisfaits dans l'ensemble de leur logement. « Notre appartement est top ! Très spacieux, bien aménagé », s'enthousiasme Helmi. « Il est sympa même s'il y a eu un petit souci d'évacuation de l'eau de pluie sur la loggia, très grande d'ailleurs », ajoute Isabelle. « C'est très agréable avec les terrasses, décrit Aimé, un habitant du 1er étage. Pour le chauffage, on ne dépasse pas 4 sur 10, il fait trop chaud sinon ! » D'autres habitants, du 3e étage notamment, évoquent au contraire un souci de chauffage. Un problème de chaudière qu'il échoit au bailleur social de résoudre avant l'hiver.

Dans tous les cas, on est très loin de la représentation habituelle d'un immeuble HLM de banlieue, souvent vu comme une barre triste ayant très mal vieilli. Seul le temps nous dira comment celui-ci passe les années.