Grandpuits : fin de la grève et du blocus du carburant à la raffinerie Total

Les salariés de Grandpuits, touchés par un plan de sauvegarde de l’emploi lié à la future transformation de la raffinerie, ont cessé la grève entamée lundi, ainsi que le blocage des expéditions de carburants.

 Grandpuits, ce mardi après-midi. L’assemblée générale des salariés a voté la fin de la grève et du blocage des expéditions à la raffinerie Total. Au micro : Adrien Cornet, délégué CGT de la raffinerie.
Grandpuits, ce mardi après-midi. L’assemblée générale des salariés a voté la fin de la grève et du blocage des expéditions à la raffinerie Total. Au micro : Adrien Cornet, délégué CGT de la raffinerie. DR

Les salariés de la raffinerie Total de Grandpuits ont mis fin à leur grève de 24 heures, ce mardi après-midi. Ils ont par conséquent levé le blocage des expéditions de carburants, initié ce même mardi à 4 heures du matin, sur le site touché depuis fin septembre par l'annonce d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) lié à la transformation de la raffinerie en usine de biocarburants et bioplastiques.

Le projet prévoit la suppression de 700 postes au total d'après les syndicats, 200 chez Total, qui affirme qu'aucun emploi ne sera supprimé, et 500 chez les entreprises extérieures. Et cela, les salariés, emmenés par la CGT, majoritaire sur le site, ne peuvent l'accepter.

Grandpuits, mardi. La transformation de la raffinerie en usine de biocarburants et bioplastiques à l’horizon 2024 va entraîner de nombreuses suppressions de postes, 700 en tout selon les syndicats. DR
Grandpuits, mardi. La transformation de la raffinerie en usine de biocarburants et bioplastiques à l’horizon 2024 va entraîner de nombreuses suppressions de postes, 700 en tout selon les syndicats. DR  

Alors qu'était prévue à Grandpuits, ce mardi après-midi, la venue de Michel Charton, le directeur du raffinage Europe, et de Bernard Pinatel, le directeur chimie-raffinage Monde, les salariés souhaitaient montrer leur mécontentement en votant 24 heures de grève.

Mais le refus de la direction d'accepter ce mouvement a tendu la situation. Après avoir refusé de recevoir deux délégations syndicales décidées par l'assemblée générale des salariés, Jean-Marc Durand, le directeur de la raffinerie, était allé à leur rencontre.

La tension est retombée mardi après-midi

Dans la foulée de cette assemblée qui comptait près de 200 participants, certaines relèves de personnel n'ont, d'après la CGT, pas été acceptées. « Des collègues ont fait plus de 24 heures de suite, explique Adrien Cornet, délégué CGT de la raffinerie. On est en train de voir cela avec l'inspection du travail, car c'est la direction qui a mis les collègues dans cette situation. Il y a un réel durcissement de la direction. Elle a décidé de répondre au rapport de force de manière très violente. »

Dans une vidéo postée sur le réseau social Twitter, on voit le directeur de la raffinerie mettre les salariés en garde, ce lundi. « Que vous ayez des questions, c'est normal. Demain [NDLR : ce mardi], vous pourrez les poser à Michel Charton et Bernard Pinatel. Mais si vous les agressez, ce n'est pas top pour qu'ils reviennent quoi ! », prévient-il au micro devant l'assemblée.

Ce mardi, la tension montée la veille était retombée. Les deux cadres de Total se sont livrés au jeu des questions-réponses. « On a eu de belles démonstrations de communication », commentait Adrien Cornet à l'issue d'une première petite réunion. C'était ensuite au tour des salariés de questionner les directeurs, au cours d'une autre réunion à Grandpuits.

« Montrez-nous votre unité entre syndicats ! »

Plus tôt, durant l'assemblée générale auquel ont participé une cinquantaine de personnes, des salariés ont interrogé la CGT sur une éventuelle intersyndicale à l'avenir. « La guéguerre avec la CFDT [NDLR : qui s'est désolidarisée du mouvement depuis la manifestation des salariés à La Défense le 6 octobre] n'existe pas, insiste Adrien Cornet. Ils ne sont juste pas d'accord pour aller au rapport de force. »

« Montrez-nous votre unité entre syndicats ! Moi, je ne vois que la CGT qui mène le mouvement », a lancé Sébastien, salarié dans les ressources humaines après 20 ans d'horaires en trois-huit.

Cet ancien de la raffinerie de La Mède dans Les Bouches du-Rhône, arrivé en 2015 à Grandpuits, témoigne : « La Mède, à la fin du plan social, c'est un total de moins 65 emplois, dit-il. C'est pour cela que Total a dû réembaucher dans la foulée, car il manquait du monde. Aujourd'hui, des mutations sont déjà lancées, avec les mesures d'accompagnement existantes. Elles sont donc en dehors du PSE. On fera les comptes à la fin... »

Ce mardi, pour pallier le blocage des expéditions, d'après la CGT, Total a procédé au détournement de 270 camions-citernes, sur les 300 qui passent par jour à la raffinerie.