Grandpuits : blocage des expéditions de carburant durant 48 heures à la raffinerie Total

Après l’annonce de la fermeture de l’activité de raffinage de pétrole de l’unique raffinerie d’Ile-de-France, les salariés dénoncent le refus de la direction de tenir des réunions concernant la suppression de 150 postes et se mettent en grève.

 Le 6 octobre, une manifestation des salariés de la raffinerie Total de Grandpuits (77) s’est tenue au pied du siège de leur entreprise, la tour Total à La Défense.
Le 6 octobre, une manifestation des salariés de la raffinerie Total de Grandpuits (77) s’est tenue au pied du siège de leur entreprise, la tour Total à La Défense. LP/Sébastien Blondé

Une soixantaine de salariés de la raffinerie Total de Grandpuits-Bailly-Carrois s'étaient réunis, le 6 octobre dernier, au pied de la tour qui abrite le siège de la compagnie pétrolière, à La Défense, alors que se tenait le comité social et économique (CSE) central de Total.

Ce mercredi, à l'issue de leur assemblée générale, la CGT, la CFDT et FO ont voté la grève, à partir de ce jeudi à 6 heures et pour une durée de 48 heures. Par cette grève, ces salariés dénoncent « le refus du groupe pétrolier de programmer des réunions supplémentaires dédiées à l'emploi ». Ils annoncent « la coupure de toutes les expéditions de produits par tout moyen, route, fer ou pipeline, jusqu'à samedi 6 heures ».

« L'annonce d'un éventuel confinement n'y changera rien, précisent-ils. Les modalités de grève ont été acceptées par la direction. Certains salariés grévistes se réuniront devant demain et il y aura un minimum d'effectifs pour suivre l'outil comme nous sommes un site classé Seveso 2 ».

Les syndicats réclament des réunions

Le site seine-et-marnais va en effet cesser son activité de raffinage au printemps 2021 pour devenir « zéro pétrole » et entamer une reconversion dans les biocarburants, le plastique biodégradable et le photovoltaïque à l'horizon 2024, dans le cadre d'un projet baptisé Galaxie.

La direction a lancé, le 6 octobre, le Plan de sauvegarde de l'emploi et l'ouverture des échanges avec les partenaires sociaux. Sur les 400 emplois que compte la raffinerie, 150 doivent être supprimés, sans compter les 800 emplois des prestataires menacés. « La direction ne veut pas entendre parler d'emploi. C'est curieux dans un Plan de sauvegarde de l'emploi ! », ironise David Picoron, délégué CGT de la raffinerie.

Les organisations syndicales avaient réclamé la tenue de trois réunions pour « discuter de l'emploi », dans un courrier en date du 23 octobre dernier. Selon le représentant syndical, la direction générale a refusé, par une réponse datée de mardi, d'aborder cette question.

Approvisionnements assurés, assure la direction

La direction réagit : «Suite à l'appel à la grève de 48 heures, votée par la CGT, FO et la CFDT, les expéditions de produits sont perturbées mais Total continuera à assurer les approvisionnements de son réseau de station-service et de ses clients ».

« Les personnes qui voudront partir partiront et celles souhaitant rester seront formées à ces nouveaux métiers. Il n'y aura pas de licenciement, pas de mobilité forcée. On va gérer cela au cas par cas », avait d'ailleurs assuré la direction le 25 septembre dernier.