Disneyland Paris sera-t-il impacté par le plan social géant aux Etats-Unis?

Épargnée pour le moment par les 28 000 suppressions de postes dans le groupe, la destination européenne du géant américain des loisirs peine à redémarrer avec la Covid. Ce qui pourrait laisser craindre le pire pour les milliers de salariés de Disneyland Paris.

 Chessy, mardi 4 août 2020. Le ciel s’obscurcira-t-il au-dessus de Disneyland Paris  ?
Chessy, mardi 4 août 2020. Le ciel s’obscurcira-t-il au-dessus de Disneyland Paris ? LP/Alexandre Métivier

L'annonce n'a rien de rassurant. Et même si elle ne concerne pas aujourd'hui les 14 620 salariés en CDI de Disneyland Paris, le complexe hôtelier et de loisirs situé à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne) depuis 1992, elle devrait forcément susciter de grandes inquiétudes dans les prochaines heures et prochains jours au sein des coulisses du parc d'attractions.

Mardi soir, vers 23 heures en France, dans l'après-midi aux Etats-Unis, plusieurs médias américains ont révélé le contenu du communiqué de Josh D'Amaro, qui préside les activités englobant les parcs d'attractions, les croisières, l'événementiel et les produits dérivés au sein de The Walt Disney Company (TWDC), la maison-mère du groupe mondial des loisirs et du cinéma Disney. Il annonce un vaste plan social pour les salariés du groupe aux Etats-Unis.

Touchée de plein fouet par l'épidémie de Covid-19, l'entreprise aux 223 000 salariés fin 2019 à travers le monde dans ses six parcs de Californie ou Floride aux Etats-Unis, Tokyo au Japon, Shanghai en Chine, Hong-Kong et enfin Disneyland Paris vient donc d'annoncer le licenciement de 28 000 personnes, soit 12,5% de l'effectif global, dans ses deux parcs américains : Disneyland Resort en Californie et Walt Disney World Resort en Floride. Le premier n'a pas rouvert depuis la mi-mars alors que le second a rouvert en juillet avec une jauge limitée.

Des pertes financières colossales

Les salariés américains concernés travaillent aujourd'hui pour la plupart à mi-temps (67%). La décision vient de « l'impact prolongé du Covid-19 sur nos affaires, y compris les réductions de capacité sur les sites, en lien avec la distanciation physique, et les incertitudes sur la durée de la pandémie », a expliqué TWDC dans son communiqué.

D'avril à juin 2020, Disney a récolté 11,8 milliards de dollars de recettes, moitié moins qu'il y a un an. Sur le troisième trimestre de son exercice décalé, l'empire du divertissement a accusé une perte nette de 4,7 milliards de dollars. Sur la même période, l'activité des parcs et de l'événementiel a plongé de 85%, à 983 millions de dollars.

« Depuis plusieurs mois, notre équipe de ressources humaines a travaillé sans relâche pour éviter de devoir nous séparer de quiconque, a ajouté Josh D'Amaro. Nous avons réduit les dépenses, suspendu des projets importants, mis au chômage technique les comédiens et rendu nos opérations plus efficaces, mais nous ne pouvons pas garder tous nos employés en ouvrant avec des capacités aussi limitées. »

Pas de plan social à l'heure actuelle à Disneyland Paris

En France, la situation est également morose. Depuis la réouverture le 15 juillet, après quatre mois grilles closes, la fréquentation ne décolle pas. La destination, à la pointe sur les conditions sanitaires contre la pandémie, ne parvient pas à faire revenir ses visiteurs, et notamment les étrangers.

Le classement par plusieurs pays de l' Île-de-France en zone rouge, avec test et isolement obligatoire pour les retours en Allemagne, Italie, Angleterre ou Belgique, ne favorise pas la venue de ces touristes pourtant habitués du parc.

Selon nos informations, la direction d'Euro Disney a prévu de rassurer ses troupes très rapidement pour l'assurer que des mesures ont été mises en place sur la destination afin de les préserver de telles mesures drastiques observées aux Etats-Unis. Et qu'ils sont, à l'heure actuelle, à l'abri de tout plan social.

Mais ces derniers temps, les signaux ne sont pas bons sur la destination. L'hôtel Cheyenne va fermer ses portes cette semaine. Le Newport Bay Club et le Santa Fe seront les seuls hôtels ouverts au sein du complexe seine-et-marnais. Signe que la fréquentation est bien en berne. Les spectacles, qui ont brièvement repris cet été, sont de nouveau à l'arrêt complet.

Et le chômage partiel, qui concerne toujours de nombreux salariés, pourrait encore s'étendre dans les semaines et mois à venir. Et enfin, personne, hormis des personnels d'Euro Disney hauts-placés, ne s'attendait aujourd'hui à recevoir une telle nouvelle d'outre Atlantique...