Déchets dangereux en Seine-et-Marne : le préfet refuse l’extension de la décharge de Suez

Le préfet de Seine-et-Marne a rejeté la demande d’extension de l’installation de stockage de déchets à Soignolles-en-Brie et à Yèbles. Habitants et élus qui avaient contesté le projet de Suez ont gagné… pour l’instant.

 Yèbles (Seine-et-Marne), le 7 novembre 2019. La réunion publique concernant l’extension de la décharge de la Butte-Bellot avait rassemblé une vingtaine d’élus et 400 personnes.
Yèbles (Seine-et-Marne), le 7 novembre 2019. La réunion publique concernant l’extension de la décharge de la Butte-Bellot avait rassemblé une vingtaine d’élus et 400 personnes. Mairie de Yèbles

C'est une belle victoire pour tous les opposants au projet d'extension de la décharge de la Butte-Bellot. Le préfet de Seine-et-Marne vient de rejeter par arrêté préfectoral la demande d'autorisation environnementale présentée initialement en avril 2019 par le groupe Suez.

Cette dernière prévoyait l'extension de son installation de stockage de déchets non dangereux, ainsi que la création d'une installation de stockage de déchets dangereux et d'une usine de stabilisation, à Soignolles-en-Brie et en très grande partie à Yèbles.

Ce refus préfectoral s'appuie sur une incompatibilité du projet avec les documents d'urbanisme en vigueur. Incompatibilité, également, avec le plan régional de prévention et gestion des déchets de la région Ile-de-France.

Précisément, le projet aurait « grignoté » deux parcelles cadastrales de Yèbles, situées en zone agricole dans le plan local d'urbanisme (PLU) approuvé le 30 janvier dernier. L'occupation des sols voulue par le projet n'entre donc pas dans les règles du PLU.

«Une vraie victoire pour l'environnement», pour le député Jean-Louis Thiériot

Deux réunions publiques sur le sujet, en juin et novembre 2019 à Yèbles, avaient suscité une véritable mobilisation de la population et des élus. Trois cents personnes s'étaient rendues à la première. Quatre cents avaient fait part de leur mécontentement lors de la seconde.

Le député (LR) Jean-Louis Thiériot était monté au créneau pour défendre le territoire. « C'est une vraie victoire pour l'environnement », réagit le parlementaire sur sa page Facebook.

Suez attaque le plan local d'urbanisme devant la justice

« On est super content », commente à son tour Marième Tamata-Varin, la maire (SE) d'Yèbles, qui met l'accent sur la mobilisation des habitants et des élus. Mais l'édile va désormais devoir combattre le projet autrement. Car Suez veut faire tomber les règles en vigueur devant la justice.

« Suez a attaqué notre PLU devant le tribunal administratif début septembre, avant la décision du préfet, explique Marième Tamata-Varin. Mais on est confiant dans la préservation des terrains agricoles, dans la préservation de notre environnement. Pour Suez, on aurait dû prendre leur projet en compte lors de l'élaboration du PLU. Mais nous, nous en avions jeté les bases avant. Notre PADD (NDLR : plan d'aménagement et de développement durable, qui définit les orientations du PLU) a été rédigé bien avant qu'on connaisse leur projet. C'est à eux de s'adapter au PLU et pas l'inverse. Nous, nous voulons juste préserver notre terre. »