Dans les hôpitaux du sud Seine-et-Marne, le nombre de patients Covid a doublé en une semaine

« Nous ne sommes pas saturés », rassure pour autant le directeur Benoît Fraslin. Lequel constate que les malades guérissent plus vite que lors de la première vague.

 Nemours, le 7 avril 2020. « Nous voulons répondre aux besoins des autres malades, indique Benoît Fraslin. Les déprogrammations sont massives mais pas totales. »
Nemours, le 7 avril 2020. « Nous voulons répondre aux besoins des autres malades, indique Benoît Fraslin. Les déprogrammations sont massives mais pas totales. » LP/Faustine Léo

La courbe est ascendante. Les trois établissements du centre hospitalier du sud Seine-et-Marne — Fontainebleau, Montereau et Nemours — accueillaient mercredi dernier 46 patients atteints de la Covid-19. Soit le double d'il y a une semaine. La moyenne d'âge de ces malades est de 72 ans.

« Nous ne sommes pas saturés », rassure pour autant le directeur Benoît Fraslin. Il reste quatre lits de soins intensifs vides (réanimation et soins continus) sur les 32 disponibles. Seize lits supplémentaires ouverts en mars à Fontainebleau et Montereau le sont restés depuis. Les six lits de Nemours sont en revanche redevenus des lits d'unité de surveillance continue, un niveau moins exigeant en personnel.

À noter que 18 lits, soit plus de la moitié, sont occupés par des malades qui souffrent d'autres pathologies que la Covid-19. Dix sont atteints par la maladie.

Pas de surcharge des services

La majorité des patients Covid-19 sont donc hospitalisés en service de médecine interne, notamment car depuis mars la prise en charge thérapeutique a évolué.

« Les médecins pratiquent moins d'intubations et de mise en coma artificiel, confirme Benoît Fraslin. Une combinaison de médicaments permet de cibler ce qui doit être traité. »

Autre note d'espoir : les malades guérissent plus vite. Ceux qui sont hospitalisés en soins critiques sortent au bout de deux semaines, contre trois en mars. Les patients de médecine interne ne restent plus que trois ou quatre jours contre deux semaines auparavant. Ce qui va générer un embouteillage moindre de tous ces services.

« On ne peut pas prédire ce qu'il va nous arriver, mais les prévisions de l'Institut Pasteur nous incitent à augmenter nos capacités », souligne tout de même Benoît Fraslin.

Soixante-et-onze lits supplémentaires fléchés pour les malades Covid-19

Trois unités de médecine interne supplémentaires, soit 41 lits, viennent de se convertir en unités dédiées à la Covid-19. Les 30 lits de gériatrie de Montereau sont également destinés désormais à traiter les personnes âgées touchées par cette maladie. « Pour le moment, nous pouvons accueillir tout le monde », se réjouit Benoît Fraslin.

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L'organisation du centre hospitalier va cependant différer de celle du printemps dernier. Si 16 lits de réanimation peuvent encore être ouverts en plus, il s'agit de continuer à traiter les autres pathologies.

« Nous ne voulons plus déprogrammer autant d'opérations que nous l'avons fait. Nous ne traitions que les chirurgies des cancers et très urgentes, insiste Benoît Fraslin. Nous voulons répondre aux besoins des autres malades. Les déprogrammations sont massives mais pas totales. »

Une IVG à six semaines sera par exemple reportée d'une dizaine de jours. Voilà aussi pourquoi la capacité d'accueil en réanimation ne montera pas jusqu'à 51 lits, comme lors de la première vague.

La mobilisation de personnel soignant n'est en effet pas extensive. « Je ne vais pas employer du personnel non qualifié. On ne fait pas dans le low-cost, insiste Benoît Fraslin. Il faut un an pour former un aide-soignant, trois ans pour une infirmière et dix ans pour un médecin réanimateur. Il n'y a jamais eu autant de monde dans les écoles. Mais oui, les infirmières ont des carrières courtes. »