Dammartin-en-Goële crée un pôle de santé XL

C’est l’un des plus gros pôles de santé de Seine-et-Marne. Il abrite les cabinets de 25 professionnels de santé, médicaux et paramédicaux. Et fait déjà, en deux semaines de fonctionnement, le plein de patients.

 Dammartin-en-Goële, mercredi 16 septembre 2020. Médecin généraliste pendant plusieurs années en Guyane, Romain Pauquet a été séduit par le projet de santé de Dammartin qui l’a incité à s’installer et exercer dans la commune.
Dammartin-en-Goële, mercredi 16 septembre 2020. Médecin généraliste pendant plusieurs années en Guyane, Romain Pauquet a été séduit par le projet de santé de Dammartin qui l’a incité à s’installer et exercer dans la commune. LP/Hendrik Delaire

La signalétique à l'entrée et ses longs couloirs, donnent au pôle de santé de Dammartin-en-Goële des airs de petit hôpital.

C'est dans ce bâtiment flambant neuf de 1300 m² sorti de terre dans la zone de l'Europe, que la majorité des professionnels de santé libéraux de la commune sont regroupés depuis début septembre.

En tout, cinq médecins généralistes, un cardiologue, un urologue et 18 professionnels de santé paramédicaux, parmi lesquels des infirmières, des podologues ou encore des ostéopathes, tous libéraux, ont pris place dans ce bâtiment de 4 millions d'euros.

Un investissement financé par la municipalité avec la participation de la Communauté d'agglomération de Roissy Pays de France (CARPF), de la région Ile-de-France et du promoteur Nexity foncier conseil, ce qui fait de cet équipement l'une des plus grosses structures du genre dans le département.

« Il a été construit à côté du centre de radiologie et du centre dentaire déjà présents dans la zone . Un arrêt de bus de la ligne 701 de Keolis y a été installé spécialement pour permettre aux patients qui ne sont pas véhiculés de venir s'y faire soigner. C'est l'aboutissement de plusieurs années de travail, ce pôle de santé c'est un peu mon bébé ! », se réjouit le maire de Dammartin-en-Goële, Michel Dutruge (LR).

Prévenir le risque de désertification médicale

Le but de la municipalité est de lutter contre le risque de désertification médicale dans un secteur dont toutes les communes ont été classées en « zone d'intervention prioritaire » (ZIP) par l'Agence régionale de santé (ARS) en mars 2018. Ceci bien qu'elles se trouvent à quelques kilomètres de l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle.

En 2018, ce secteur comptait quatorze médecins généralistes répartis sur les communes de Dammartin-en-Goële, Othis, Juilly, Saint-Mard et Moussy-le-Neuf, pour une densité de moins de 50 généralistes pour 100 000 habitants.

« Sur les six médecins généralistes du centre-ville, deux sont partis à la retraite et un troisième est retourné dans sa région natale pour des raisons personnelles. Trois nouveaux médecins ont été recrutés par le cabinet du Verger pour rejoindre les trois restants dans le pôle de santé qui bénéficie aux patients de notre bassin de vie qui viennent de Dammartin, mais aussi d'Othis, Longperrier ou encore Eve (Oise) », expose le maire.

« Dans ces communes, les patients qui n'avaient pas de médecin traitant se rendaient, la plupart du temps, aux urgences des hôpitaux de Meaux ou de Senlis (Oise) ou encore de la clinique du Vert-Galant, à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) ».

Un généraliste revenu de Guyane

Parmi les praticiens qui viennent de s'installer, le projet a séduit plusieurs généralistes comme Romain Pauquet, venu de Guyane pour s'installer à Dammartin-en-Goële.

« Je voulais rentrer en Métropole pour m'installer à proximité de Paris, entre ville et campagne. Je suis originaire de l'Aisne. Des amis qui habitent Dammartin m'ont prévenu de ce projet de maison santé. Je suis venu en décembre dernier pour rencontrer le maire et j'ai été convaincu par le projet », relate le généraliste âgé de 38 ans.

De nombreux avantages ont attiré le praticien, qui applique le tarif conventionné en secteur 1. « Le bâtiment est neuf et le prix des charges de loyer est très intéressant. Je partage les frais administratifs et de secrétariat avec mes confrères. Si l'on prescrit une radio à un patient, il peut se rendre au centre de radiologie juste à côté », apprécie le médecin.

« Plusieurs patients m'ont déjà choisi comme médecin traitant »

« De plus, s'installer dans une zone en tension est idéal pour se constituer une patientèle. Avec une population en pleine croissance à Dammartin et dans les environs, je sais que je ne vais pas attendre six mois pour remplir mon planning de rendez-vous. J'ai déjà trouvé un bon rythme avec 26 à 30 consultations par jour. Et plusieurs patients m'ont déjà choisi comme médecin traitant », se réjouit le praticien.

« Je veux pouvoir soigner tous les patients et à 25 euros la consultation cela serait impossible dans un cabinet parisien de rentrer dans mes frais. Je bénéficie en outre du contrat d'aide à l'installation des médecins (Caim) avec 25 000 euros dès mon installation auxquels s'ajouteront 25 000 euros supplémentaires versés sur quelques années après l'installation ».

Davantage de places de stationnement qu'en centre-ville

Les patients qui peuvent consulter les professionnels de santé uniquement sur rendez-vous, sont eux aussi convaincus par le nouvel équipement, comme Fabienne, une habitante de Juilly qui sort d'une consultation d'orthoptiste pour son fils.

« Il y a bien plus de places de parking qu'en centre-ville, les salles d'attente sont beaucoup plus spacieuses. De plus l'arrivée de nouveaux médecins traitants va permettre de désengorger les cabinets des généralistes du secteur et me permettra peut-être d'avoir un nouveau médecin traitant pour remplacer le mien qui va partir à la retraite dans quelques années », se réjouit la mère de famille.