Covid-19 : le secteur des loisirs indoor réclame une aide spéciale pour la profession

Yoan Müller, gérant du Royal kids et d’Urban jump à Roissy-en-Brie, a accusé une baisse de fréquentation de 50 % ces derniers mois. Et a déjà dû refermer ses portes, jeudi dernier. Il demande « un fonds de sauvegarde ».

 Roissy-en-Brie. Dans le parc de loisirs Royal kids de Roissy-en-Brie, fermé depuis jeudi dernier, Yoan Müller, le dirigeant, veut se faire entendre.
Roissy-en-Brie. Dans le parc de loisirs Royal kids de Roissy-en-Brie, fermé depuis jeudi dernier, Yoan Müller, le dirigeant, veut se faire entendre. LP/Julie Olagnol

Leur métier? Apporter du bonheur aux familles. C'est dans un parc de loisirs vide que Yoan Müller, le gérant de Royal kids et d'Urban jump, à Roissy-en-Brie, fait ses comptes. « Nous avons été les premiers à fermer en mars dernier et les derniers à rouvrir, en basse saison, à partir du 22 juin, et le 4 juillet pour ma part », rappelle le chef d'entreprise, que nous avions rencontré en mai, à l'aube du déconfinement, après trois mois de fermeture.

17 000 euros de pertes mensuelles

Au nom de tous ses collègues du secteur de loisirs indoor (parc de jeux, bowling, escape room, etc.), il réclame « un fonds de sauvegarde adapté à [sa] profession ». « On a conscience de la gravité de la situation sanitaire. On ne demande pas la réouverture à n'importe quel prix mais une aide spéciale à hauteur du montant de nos pertes mensuelles qu'on évalue à 17 000 euros. Ce chiffre annonce clairement une vague massive de dépôts de bilan dans les trois mois à venir », signale-t-il.

Ce membre de l'association Space (association des espaces de loisirs indoor) co-organisait, ce mardi, une manifestation avec près de 600 salariés des salles de loisirs indoor attendus, venus de toute l'Ile-de-France et au-delà, sur les 2 000 entreprises françaises de ce type. Ce rassemblement a été finalement interdit lundi soir par la préfecture de police de Paris.

Une fréquentation en baisse de moitié depuis le déconfinement

Si ses clients sont revenus au parc « jusqu'à mercredi dernier », il enregistre tout de même une baisse de fréquentation d'environ 50 % sur chacun des quatre derniers mois. « La jauge d'une cinquantaine de familles n'a jamais été atteinte, même les jours pluvieux de l'été et les vacances de la Toussaint où nous avons reçu le plus de monde », indique-t-il.

Sachant que la haute saison pour les loisirs d'intérieur s'étale d'octobre à février, soit pile durant ce nouveau reconfinement, Yoan Müller se désole : « On sera à nouveau à 0 % de chiffre d'affaires et 90 % des charges fixes à couvrir (loyers, taxe foncière, charges courantes hors salaires). Nous sommes menacés d'extinction, on sent la fin proche et on ne l'accepte pas ! ».

S'il affirme « pouvoir tenir encore quelques mois », c'est qu'il n'a pas encore consommé son prêt garanti par l'Etat - qu'il devra tôt ou tard rembourser - et a bénéficié « d'un geste de son bailleur pour les loyers ». Il demande aussi l'annulation de ses charges sociales. « L'annulation des cotisations sociales patronales et un crédit de 20 % pour les cotisations sociales salariales ont été actés pour le premier confinement mais pour le nouveau confinement rien n'est décidé », précise-t-il.

Quid de la réouverture ?

Pour lui, pas d'alternative possible pour faire entrer des recettes : « Notre saisonnalité est inverse de celle des loisirs extérieurs qui ont pu bénéficier d'une affluence accrue cet été. Nos emplacements sont fixes et non modulables. On ne fait pas de vente à emporter et on ne fonctionne pas avec des abonnements qui assurent un niveau régulier de recettes, à la différence des établissements de sports et de fitness ».

Il anticipe aussi la reprise. Ces derniers mois, il avait dû mettre un protocole sanitaire complexe, à la fois pour son espace restauration et pour son terrain de jeux, avec limitation de la capacité d'accueil, du gel à disposition et les parents masqués à table. « Le conseil scientifique recommande désormais aux enfants de 6 ans de porter le masque, ce sera compliqué pour la réouverture… », redoute-t-il.