Couilly-Pont-aux-Dames : enfants dès 5 ans et parents ont pu se faire tester avant la réouverture de l’école

Avant la réouverture de l’école maternelle déclarée cluster et fermée, tous les enfants de 5 ans et plus ainsi que leurs parents pouvaient, s’ils le souhaitaient, se faire tester gratuitement ce vendredi. Histoire de mesurer l’ampleur de l’épidémie dans la commune.

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 Couilly-Pont-aux-Dames, vendredi 5 février 2021. La mairie, face au cluster dans l’école maternelle, propose de faire tester tout le monde, dès l’âge de 5 ans pour repérer les cas de Covid. C’est sur la base du volontariat.
Couilly-Pont-aux-Dames, vendredi 5 février 2021. La mairie, face au cluster dans l’école maternelle, propose de faire tester tout le monde, dès l’âge de 5 ans pour repérer les cas de Covid. C’est sur la base du volontariat.  LP/Sébastien Roselé

« Ça chatouille », dit Inaya 10 ans. « Ça chatouille ? », reprend, incrédule son amie Malia, 10 ans aussi. « Ça fait mal, oui ! » Les deux fillettes continuent leur chamaillerie en riant. Ce vendredi matin, l'ambiance n'est pas alarmiste à la salle polyvalente de Couilly-Pont-aux-Dames, une commune de 2200 habitants au sud de Meaux. Pas alarmiste mais sérieuse. Parents et enfants font la queue pour se faire tester à la Covid. Le matin, une quarantaine de personnes s'était fait introduire un écouvillon dans la narine.

C'est la mairie qui a pris la décision de faire tester tous ceux qui le voulaient à partir de 5 ans. Tout a commencé par une série de cas de Covid dans l'école maternelle du bourg. « On a eu un cluster », dit, sans détour, le maire Jean-Louis Vaudescal (DVD). « Deux institutrices, un enfant et deux agents municipaux ont été d'abord contaminés. » Finalement, ce sont douze personnes, dont quatre adultes, qui ont été infectés par la Covid. La mairie a demandé la fermeture de l'école maternelle, soit deux classes, à la préfecture. Depuis lundi, c'est chose faite. Elle rouvrira ce lundi.

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« Nous avons été surpris par le côté sournois de l'épidémie », s'étonne encore le premier magistrat. « Des parents et des grands-parents ont été atteints. » Ne voulant pas rester les bras ballants, le maire a demandé l'aide du conseil régional qui lui a envoyé une équipe sur place pour dépister les habitants. Première adjointe au maire, Laure Guérin-Taquet complète. « Ces tests, nous les avons voulus pour sensibiliser les parents. Mais aussi pour avoir une meilleure vue sur le nombre d'enfants positifs au Covid. »

« Distanciation encore plus grande »

Le maire ne peut pas obliger les habitants à faire le test. Il ne peut pas non plus exiger un test négatif pour que les enfants puissent de nouveau accéder à l'école. « Il est hors de question de laisser les enfants à la porte de l'école », rassure le maire. Mais l'équipe municipale veut prendre des mesures drastiques pour contenir l'épidémie dans la commune. « Nous voulons limiter le brassage dans l'école », poursuit Jean-Louis Vaudescal. « Nous allons mettre des règles de distanciation encore plus grandes. »

Ainsi, le nombre de services à la cantine sera augmenté. Justement pour limiter les contacts entre les enfants. Car la particularité de Couilly-Pont-aux-Dames, c'est que les écoles maternelle et élémentaire sont limitrophes et les élèves déjeunent dans les mêmes locaux. Au total, la commune compte 166 écoliers, dont 45 en maternelle.

Reste que si la situation mérite une surveillance constante, dans la salle des fêtes, on ne sent pas plus d'inquiétude que cela, ce vendredi matin. Et l'anxiété, quand il y en a, porte plutôt sur la longue tige qui va être glissée dans le nez.

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Clément, 8 ans, a subi le test. Sa mère, Sandie reconnaît qu'elle a eu de l'appréhension pour son fils bien qu'elle-même a déjà été testée trois fois. « Je voulais qu'il fasse le test pour que nous soyons sereins. Car ne pas se tester, ce n'est pas sécuritaire ni pour soi, ni pour les autres. Que la commune ait mis cela en place facilite grandement les choses. » Clément, lui, a trouvé ça « un peu désagréable. Je n'avais pas trop peur. »

« C'est comme quand on mange de la moutarde »

Dans le rôle du préleveur d'échantillons on trouve Yannick, sapeur-pompier volontaire et technicien de labo. C'est lui qui va bientôt introduire l'écouvillon dans la narine des candidats. Doux et délicat, l'homme prévient les enfants de ce qui va se passer pour eux. « Tu as déjà bu la tasse à la piscine ? Eh bien c'est pareil mais ça ne dure pas longtemps. Ferme les yeux. Mets la tête en arrière. Voilà, c'est fini. »

À l'entrée de la salle, Malia, 10 ans, qui a déjà subi le test, explique à un camarade, pas trop rassuré, ce qui va lui arriver. « Ça fait un peu peur quand le bâton entre dans le nez… c'est comme quand on mange de la moutarde. » Devant la salle des fêtes, Lucie, 41 ans, lance à son époux et son fils, qui sont à l'intérieur sur le point d'être testés : « Je l'ai déjà fait deux fois. Je ne vais pas le faire tout le temps. »

Pour nous, elle complète. Elle ne travaille pas en ce moment et ne voit personne. Quant au test… « C'est bien, parce que comme ça on sera sûrs. Il n'y aura plus de problème… » Elle se ravise, soudain un peu inquiète. « Est-ce que le variant va attaquer davantage les enfants ? Je ne sais pas. »

Quatre écoles et un lycée fermés dans le département

Selon l'inspection académique, outre Couilly-Pont-aux-Dames, ce sont l'école de La Haute-Maison (une classe unique), l'école élémentaire Fenez du Mée-sur-Seine (18 classes), l'école maternelle d'Echouboulains (trois classes) et le lycée de l'internat d'excellence de Sourdun, qui étaient fermés cette semaine pour cause de Covid.

A Sourdun, sur les 39 cas positifs, 34 figurent parmi les élèves et cinq dans la communauté éducative. Les cours y reprendront le 11 février. Au Mée-sur-Seine, l'école Fenez, déjà fermée la semaine précédente, garde portes closes une semaine de plus, jusqu'au 9 février. En cause : trois cas positifs constatés parmi les enseignants testés le 1er février, la veille de la réouverture prévue. Par ailleurs, durant la semaine de fermeture, le nombre de cas positifs, initialement de 12, a grimpé à 25 ! Enseignants élèves et atsem devront tous passer un nouveau test avant le 9 févier.