Construction d’une tour à Montévrain : après la polémique, place à la concertation

Le projet de bâtir un édifice de 58 mètres, l’un des plus hauts du département, avait suscité une levée de boucliers. Pour déminer le terrain, l’aménageur EpaMarne lance une grande consultation.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Illustration. C’est la tour qui pourrait sortir de terre dans l’écoquartier de Montévrain, si le projet initial présenté par EpaMarne était retenu.
Illustration. C’est la tour qui pourrait sortir de terre dans l’écoquartier de Montévrain, si le projet initial présenté par EpaMarne était retenu. Elithis/Baumschlager Ebe

C'est le moment pour les habitants de Montévrain de donner leur avis. Suite à la récente polémique sur la construction d'une tour de 58 mètres, dans le sud de l'écoquartier des Roseaux, EpaMarne (Etablissement public d'aménagement de Marne-La-Vallée) a lancé une grande consultation, via une plateforme Internet. Les Montévrinois ont jusqu'à fin mars, pour donner leur préférence à l'une des cinq versions proposées.

C'est en fin d'année dernière que le brouhaha autour du projet a démarré. Et ce, suite à la diffusion d'un visuel de l'édifice en réunion publique, sur des panneaux de la ville ou encore sur le site d'Epamarne. Une pétition en ligne, lancée dans la foulée par des riverains, rassemble aujourd'hui plus de 1500 signatures. Le maire (Agir), Christian Robache, avait alors annoncé qu'il avait « demandé à Epamarne de suspendre le projet et de lancer une consultation ».

Logements, commerces, bureaux… et vocation écolo

Selon Epamarne, qui défend bec et ongles ses choix, la tour en question est une « réponse architecturale aux enjeux climatiques et écologiques à l'horizon 2120 ».

Son projet prévoit « 4 600 m² d'emprise au sol, 104 logements de haut standing en locatif privé, 0 € de facture énergétique pour les locataires, 450 m² de commerces de proximité, 2 106 m² de bureaux et d'espaces de coworking, 166 places de stationnement mutualisées, un cœur d'îlot planté d'arbres ouvert à tous et un tiers-lieu en rez-de-chaussée ».

L'aménageur vante un bâtiment « bas carbone, dont la structure mixera bois et béton, et à énergie positive, c'est-à-dire qu'il produira plus d'énergie qu'il n'en consommera ».

Cinq variantes du projet soumises au vote

Sur la plateforme de concertation, plusieurs variantes sont proposées aux habitants, avec les atouts et les inconvénients exposés à chaque fois. L'ombre portée de la tour, la performance des panneaux solaires des bâtiments, le bilan énergétique, l'exposition au bruit, l'ensoleillement et l'accessibilité aux commerces sont en effet modifiés en fonction des scénarios architecturaux.

Construction d’une tour à Montévrain : après la polémique, place à la concertation

La première variante propose la version qui a suscité la polémique. Dans la deuxième proposition, la tour, située à l'angle sud-ouest de la parcelle, est éloignée des autres constructions existantes dans le quartier.

Dans la variante 3, la tour, située à l'angle sud-est cette fois-ci, est également éloignée des bâtiments existants. La quatrième version propose une implantation de la tour le long de la rue d'Amsterdam. Enfin, dans la cinquième version, plus de tour, ce qui limite la hauteur dans le quartier à R + 10 (contre R + 18 avec la tour) mais qui augmente l'emprise au sol des constructions et diminue les espaces verts.

«Le projet n'est pas déposé en permis de construire»

« Les habitants de Montévrain ont reçu un code d'accès personnel par courrier postal, pour se connecter à la plateforme. Plus d'un millier d'entre eux a déjà donné son avis. Les quatre premières variantes additionnées obtiennent plus d'avis favorables que la cinquième », assure Jean-Baptiste Rey, directeur général adjoint d'Epamarne.

Newsletter L'essentiel du 77
Un tour de l'actualité de la Seine-et-Marne et de l'IDF
Toutes les newsletters

Avant de rappeler le contexte : « Des réunions publiques auraient été organisées s'il n'y avait pas eu la crise sanitaire. Cela ne nous a pas permis de communiquer comme on aurait voulu ». Et Jean-Baptiste Rey de rappeler que « le projet n'est pas déposé en permis de construire ». L'heure est donc encore à la consultation et à la concertation. Viendra ensuite le temps de décider si le projet est maintenu ou modifié.