Collégien : chez Tellus Group, des millions de masques cherchent preneurs

Depuis début septembre, des masques chirurgicaux et FFP2 sont produits à Collégien par cette jeune entreprise sous la marque Unir. Les associés sont à la recherche d’un gros contrat et reçoivent beaucoup d’élus du secteur.

 Collégien, mardi 29 septembre 2020. Depuis l'ouverture des locaux au début du mois, les élus du secteur défilent pour découvrir la chaîne de fabrication des masques Unir, fabriqués par Tellus Group. Ici la sénatrice Claudine Thomas (à gauche).
Collégien, mardi 29 septembre 2020. Depuis l'ouverture des locaux au début du mois, les élus du secteur défilent pour découvrir la chaîne de fabrication des masques Unir, fabriqués par Tellus Group. Ici la sénatrice Claudine Thomas (à gauche).  LP/Alexandre Métivier

« La photo maintenant avec les élus et ensuite, les contrats ! », lâche en aparté et dans un sourire Patrick Chan, l'un des six associés à l'origine de la marque de masques chirurgicaux et FFP2 Unir, entité de la holding parisienne Tellus Group.

Fraîchement installée dans la ZAC de Lamirault à Collégien, l'entreprise fabrique aujourd'hui 100 000 à 130 000 masques par jour (dont 20% de FFP2) et ambitionne d'en sortir 84 millions par an de son entrepôt tout neuf.

Collégien, mardi 29 septembre 2020./LP/Alexandre Métivier
Collégien, mardi 29 septembre 2020./LP/Alexandre Métivier  

Le secteur est aujourd'hui très concurrentiel en Île-de-France avec 17 millions de masques produits chaque mois, en attendant qu'Iris Ohyama, le géant japonais basé à Lieusaint, s'y mette dès octobre avec la promesse d' un million de masques par jour. A Collégien, si les machines, chinoises ou italiennes, et les 25 salariés, qui assemblent les matières importées là aussi de Chine, tournent déjà à plein régime depuis un mois, les carnets de commande ne suivent pas pour le moment.

Trois millions d'euros investis

« Nous vendons en pharmacies, à quelques entreprises mais nous n'avons pas encore de gros contrat avec un client important », reconnaît Patrick Chan, avant de préciser « que la vente ne se fait pas aux particuliers ». « C'est trop de travail pour peu de résultats. On cherche à vendre en grosses quantités », argumente-t-il.

L'aventure a démarré en juin avec la découverte du local via l'aménageur public Epamarne/EpaFrance, avant deux mois de travaux et un début de production en septembre. « En tout, nous avons investi trois millions d'euros. Et on peut encore ajouter des machines et s'agrandir », estime Patrick Chan, ravi d'être installé à Collégien.

Collégien, mardi 29 septembre 2020. Patrick Chan, Aurélien Chen et Vincent Jin (de gauche à droite) sont trois des six associés. LP/Alexandre Métivier
Collégien, mardi 29 septembre 2020. Patrick Chan, Aurélien Chen et Vincent Jin (de gauche à droite) sont trois des six associés. LP/Alexandre Métivier  

« Nous sommes à trente minutes de l'aéroport Charles-de-Gaulle, vingt-cinq de Paris par l'autoroute. C'est une zone fantastique et que certains d'entre nous connaissent puisqu'un associé est de Bailly-Romainvilliers et un autre de Bussy-Saint-Georges, ajoute-t-il. Pendant le confinement, on a constaté la pénurie de masques et on a voulu se lancer dans la fabrication ici, directement en France. »

Les associés, prudents et craignant la concurrence, refusent de communiquer leurs chiffres de vente, qui dépendent de la quantité commandée. Mais pour convaincre, ils vantent une qualité de fabrication supérieure à leurs concurrents.

« Après une batterie de tests poussés, nous assurons une qualité de filtration bactérienne de l'ordre de 95 à 98%, ajoute Patrick Chan. C'est notre différence avec nos concurrents. Nous avons identifié des produits présents actuellement sur le marché et qui ne correspondent pas aux normes affichées. Il faut absolument contrôler les importations. »

L'agglomération du Val d'Europe intéressée ?

Ce message, l'entrepreneur l'a martelé mardi matin lors de la visite de plusieurs élus du secteur, dont notamment la sénatrice Claudine Thomas (LR) ou les maires de Coupvray et Bailly-Romainvilliers Thierry Cerri (SE) et Anne Gbiorczyk (SE). Depuis un mois, les politiques défilent dans l'entreprise.

Et ils doivent se plier au lourd protocole à respecter. Prise de température à l'entrée, masque obligatoire, gel hydroalcoolique, blouses, sur-chaussures et passage par un sas de désinfection avant de pénétrer dans la pièce où les salariés, eux aussi encapuchonnés de la tête aux pieds, s'activent.

Président de la chambre de commerce et d'industrie de Seine-et-Marne, Jean-Robert Jacquemard était de la partie ce mardi. « Je ne peux que me féliciter de l'implantation d'une usine sur le département, qui plus est sur un sujet très actuel qu'est la fabrication de masques, estime-t-il. C'est impressionnant de rapidité et de technologie, je ne regrette pas la visite et je trouve que le nom Unir est fort dans le contexte actuel. »

Collégien, mardi 29 septembre 2020. La sénatrice Claudine Thomas (LR), le maire de Coupvray Thierry Cerri (SE), celui de Serris et président du Val d’Europe Philippe Descrouet (UDI) et Anne Gbiorczyk, maire de Bailly-Romainvilliers. LP/Alexandre Métivier
Collégien, mardi 29 septembre 2020. La sénatrice Claudine Thomas (LR), le maire de Coupvray Thierry Cerri (SE), celui de Serris et président du Val d’Europe Philippe Descrouet (UDI) et Anne Gbiorczyk, maire de Bailly-Romainvilliers. LP/Alexandre Métivier  

Lui aussi partie prenante de la visite, le maire de Serris et nouveau président de l'agglomération du Val d'Europe (VEA) Philippe Descrouet (UDI) est venu en voisin, et pose fièrement avec un masque flanqué du tampon VEA. Avant de passer commande ?

« Oui pourquoi pas investir ! Il peut être intelligent de venir s'approvisionner à côté de chez nous, estime Philippe Descrouet. Aujourd'hui, certains masques que l'on importe ne sont pas conformes aux normes. Cette visite nous permet de faire directement un contrôle qualité du produit et j'ai trouvé ça impressionnant, sérieux sur la qualité et la méthode. C'est important d'avoir une garantie que les masques sont aux normes et peuvent répondre aux besoins. Mais il faudra qu'ils soient compétitifs par rapport aux prix du marché. »