Château-Landon : tabassée par son ex, elle réplique et lui inflige 10 jours d’arrêt

Victime de coups qui lui ont valu dix jours d’incapacité totale de travail (ITT), une jeune femme n’est pas poursuivie par la justice bien que ses gestes de défense aient valu à son agresseur dix jours d’ITT aussi.

 Illustration. Les gendarmes ont pu interpeller l’ex concubin violent et également frappé par son ex  compagne en légitime défense.
Illustration. Les gendarmes ont pu interpeller l’ex concubin violent et également frappé par son ex compagne en légitime défense. LP/ J.M.

Oeil pour oeil, dent pour dent ? Les violences conjugales s'apparentent parfois à de vraies scènes de combat où la victime défend sa peau bec et ongles quand elle le peut. Et la justice ne le lui reprochera pas.

C'est ce qui est arrivé à une femme âgée de 19 ans. Le 30 septembre dernier, suite à la décision du juge des libertés de Fontainebleau, son ex-concubin âgé de 37 ans été placé en détention provisoire en attendant son jugement, pour des violences commises sur elle à Château-Landon.

Entre le 17 juillet et le 23 septembre dernier, l'individu se montre violent à plusieurs reprises envers son ex conjointe. Le summum est atteint dans la nuit du 22 au 23 septembre : l'homme attrape sa victime et la frappe à main nue sur tout le corps.

En état de légitime défense, la victime ne sera pas poursuivie

Elle s'en sort avec de gros hématomes au niveau de l'oeil droit, des bras, sous les biceps, et aussi avec une griffure sur l'avant-bras droit, une plaie sous la poitrine, des marques de compression au niveau de la gorge et des traces de strangulation.

Evidemment, elle dépose plainte. Le médecin qu'elle consulte lui prescrit dix jours d'incapacité totale de travail (ITT).

Son ex-compagnon se plaint lui-même d'avoir été frappé au visage de plusieurs coups de poing. Il se voit également prescrire dix jours d'ITT. Mais il n'a pas le culot de déposer plainte contre elle ! Le parquet de Fontainebleau décide d'ailleurs que la victime ne sera pas poursuivie.

« Nous avons effectivement estimé que les violences commises par Madame sur Monsieur étaient commises en état de légitime défense », justifie le procureur de Fontainebleau, Guillaume Lescaux. Il ajoute que « le parquet a requis une expertise psychiatrique par le Dr Coutanceau pour avoir un avis sur la dangerosité du mis en cause avant l'audience ».