Champagne-sur-Seine : une après-midi de spectacle vivant, oui c’est possible !

L’association Pas trop Loing de la Seine poursuit ce samedi son festival d’arts de la rue. En s’adaptant chaque fois aux nouvelles règles et bien décidée à continuer à faire vivre la culture.

 Thomery, août 2018. Cirque, théâtre, chant...les arts de la rue font leur festival
Thomery, août 2018. Cirque, théâtre, chant...les arts de la rue font leur festival  Pierre Tizien

Quelque heures de douceur dans un monde de brutes. Des heures pleine de rires, de notes de musique, d'acrobaties et d'un petit grain de folie. L'association Pas trop Loing de la Seine propose une deuxième date à son festival « Au coin des rues », ce samedi après-midi à Champagne-sur-Seine.

Sur la pelouse du centre Anne Sylvestre, deux clowns dans une poubelles présenteront leur version de Roméo et Juliette de Shakespeare. Cinq acrobates se lanceront dans une valse tandis qu'Alfonz Band déclinera son répertoire de chansons qui font le tour du monde.

Le spectacle commence plus tôt pour respecter le couvre-feu

Cette fois, les programmateurs, à qui on doit le festival « Au Bon Coin » organisé fin août à Thomery, ont encore dû s'adapter au contexte particulier. Le dernier spectacle commencera une demi-heure plus tôt pour permettre à tous de rentrer chez soi avant le confinement nocturne de 21 heures.

« On a dû annuler au printemps, reprogrammer maintenant, s'adapter aux nouvelles mesures. On est dépité à chaque fois. Et puis on se relève, avance Louise, une des organisatrices du festival. Tout le monde a envie de continuer. C'est une période très compliquée mentalement. C'est important si on peut se retrouver, en appliquant bien sûr un protocole, de continuer à s'éveiller et à passer de bons moments ».

Le port du masque sera obligatoire. Il y aura du gel à disposition et les spectateurs seront éloignés les uns des autres et de la scène.

« Si on arrête tout, c'est une ville qui meurt »

Pourtant, assurer le spectacle est une nécessité. « Il y a des compagnies qui mettent la clef sous la porte. Celles qui restent veulent et doivent jouer. C'est une question de solidarité, insiste Louise. Il est important de se serrer les coudes chacun à son échelle ».

Le maire (DVG) Michel Gonord veut lui aussi continuer à voir de la vie dans sa ville. Il pointe le sérieux de l'association qui lui a présenté un protocole très rigoureux. « Si on arrête tout, c'est une ville qui meurt, des gens qui n'ont plus d'activité. Les fêtes foraines se poursuivent bien, note-t-il. Il faut aussi entretenir la dynamique de ces jeunes organisateurs très motivés ».

Les comédiens se sentent, eux, revivre. « C'est un tel bonheur d'être face au public. Ca veut dire ne plus être dans la peur et la psychose et enfin se marrer », s'enthousiasme Aurélie, de la compagnie C'est pas grave. Avec seulement trois dates cette saison, le moral des acteurs est mis à rude épreuve.

Une dernière date le 14 novembre

« C'est vital pour nous de jouer. Là, ce n'est même plus une question de toucher un cachet, poursuit Aurélie. On ne sait pas comment ça va finir cette histoire. Mais on ira jouer partout où c'est permis, dans les supermarchés, dans les gares s'il faut ! ».

Le 14 novembre, pour la dernière date du festival, à Vernou-La Celle-sur-Seine, les artistes se produiront à partir de 14 heures et non plus 17 heures, afin de pouvoir là aussi terminer les festivités dans le temps imparti.

Au coin de la rue, ce samedi de 14h30 à 19h30, sur la pelouse du centre Anne Sylvestre à Champagne-sur-Seine. Entrée libre.