Bussy-Saint-Georges : les religions se rassemblent en hommage à Samuel Paty

Des fidèles musulmans, juifs, catholiques, bouddhistes ou protestants se sont rassemblés ce dimanche devant la mosquée de la ville, au bout de l’esplanade des religions qui fait la fierté de Bussy.

 Bussy-Saint-Georges, dimanche 18 octobre 2020. Ils étaient une centaine à s’être rassemblés devant la mosquée en soutien de Samuel Paty, le professeur assassiné vendredi à Conflans-Sainte-Honorine.
Bussy-Saint-Georges, dimanche 18 octobre 2020. Ils étaient une centaine à s’être rassemblés devant la mosquée en soutien de Samuel Paty, le professeur assassiné vendredi à Conflans-Sainte-Honorine. LP/Alexandre Métivier

L'esplanade des religions de Bussy-Saint-Georges a encore fait la preuve de son unité. Dimanche après-midi, une centaine de fidèles de toutes les religions représentées ici, sur quelques centaines de mètres, se sont rassemblés devant la mosquée pour rendre hommage à Samuel Paty, le professeur assassiné vendredi devant son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Au même moment, un peu partout en France, et notamment sur la place de la République à Paris, des rassemblements ont été organisés ce dimanche.

C'est Farid Chaoui, président de l'association musulmane de Bussy, qui a lancé l'invitation dans la journée à ses voisins juifs, bouddhistes, protestants ou catholiques avant d'apporter « une condamnation catégorique à cet acte ».

« On aimerait se rassembler en d'autres circonstances mais il faut le faire pour condamner cet acte abject qui n'a rien à voir avec l'islam, dénonce-t-il. Je tiens à manifester notre soutien à la famille, au corps enseignant. Nous sommes attachés à la laïcité républicaine de ce pays. Elle nous permet de pratiquer notre religion en toute liberté »

Invité, le maire Yann Dubosc (LR) a pris la parole et appelé à « éviter les amalgames et la stigmatisation ». « Quand un acte pareil est commis, la nation s'unit. Nous sommes une ville exemplaire dans le vivre-ensemble, estime le premier édile. C'est très important, surtout en ce moment, de montrer que la laïcité est l'intégration de toutes les religions. »

« Il faut expliquer ce qu'est vraiment l'islam »

Avant d'aller partager un thé ou un café avec les autres, le représentant de la communauté juive Claude Windisch s'est dit « très ému. Cette réaction immédiate de la communauté musulmane est extraordinaire. La barbarie ne passera jamais. »

Dominique Fontaine, le curé de la paroisse locale, salue également l'initiative des musulmans de la ville. « Lors de l'assassinat du père Hamel, ce sont déjà les musulmans qui avaient été à l'initiative de notre déplacement sur place. En étant ici, on veut montrer aux enseignants qu'on est de tout cœur avec eux, qu'il faut continuer leur travail d'éducation à la conscience de l'histoire, des cultes et des religions. Leur rôle est aussi de développer l'esprit critique des jeunes. »

Venu avec un moine, Nakkhala-Bernard Jacques, représentant de la pagode laotienne, souhaitait lui aussi « montrer sa solidarité à la famille du défunt. Il faut prouver qu'on peut vivre ensemble. »

Un message que Farid Chaoui, et les autres membres de l'Association des religions et des cultures, s'efforcent de marteler au quotidien. « C'est lassant d'avoir à le répéter. Alors que nous sommes amenés à vivre longtemps avec cet obscurantisme, il faut expliquer ce qu'est vraiment l'islam. Il faut des imams formés en France, ça peut être nos enfants qui ont la culture française », estime-t-il.