Brou-sur-Chantereine : la municipalité veut fermer l’école pour faire des économies

La mairie de Brou-sur-Chantereine, en Seine-et-Marne, prévoit de fermer une des deux maternelles de la commune pour faire face aux difficultés budgétaires et transférer les élèves de l’école Casanova vers Demetz en septembre prochain.

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 Brou-sur-Chantereine, le 23 janvier 2021. Une quarantaine de parents d’élèves se sont mobilisés contre la fermeture de l’école Casanova.
Brou-sur-Chantereine, le 23 janvier 2021. Une quarantaine de parents d’élèves se sont mobilisés contre la fermeture de l’école Casanova. DR

« On sacrifie nos enfants, on ferme une école pour une salle de stockage ! » Les parents d'élèves de l'école maternelle Casanova de Brou-sur-Chantereine (Seine-et-Marne) peinent à contenir leur indignation après l'annonce de la fermeture de l'établissement à la rentrée de septembre et le transfert des 72 écoliers vers l'école Demetz, l'autre maternelle de cette commune d'environ 4500 habitants.

La rumeur enflait depuis plusieurs jours mais elle leur a été confirmée ce samedi lors de deux réunions d'information organisées dans les locaux de l'école par la maire Stéphanie Barnier (DVG) et son adjointe Perrine Hardy, en charge de la petite enfance, enfance et de la jeunesse.

Un choix dicté par des raisons budgétaires

Une décision que la première magistrate assure avoir prise à contrecœur en raison des difficultés financières que connaît la commune, ainsi que de la vétusté de l'établissement.

« C'est triste de fermer une école mais les élèves seront transférés à l'école maternelle Demetz, où une extension a été faite récemment avec des locaux tout neufs qui sont sous-utilisés et ne servent pour le moment que pour le centre de loisirs le matin, le soir et le mercredi après-midi. On ne ferme pas cette école pour faire des économies, mais on mutualise les moyens pour faire des travaux dans les autres écoles comme le désamiantage », insiste Stéphanie Barnier, qui rejette l'état des finances de la commune sur son prédécesseur, Antonio de Carvalho (DVD), auquel elle a succédé dans le fauteuil de maire à l'issue des dernières municipales.

« Nous avons découvert l'état des finances lors du bouclage du compte administratif à la fin de l'année. Toutes les écoles sont délabrées et il faudrait environ un million d'euros pour rénover l'école Casanova, alors que nous devons déjà engager 300 000 euros pour mettre l'ensemble des bâtiments municipaux aux normes de sécurité et 600 000 euros pour les personnes à mobilité réduite. Nous n'avons plus de capacité d'autofinancement, la masse salariale représente 69 % des dépenses de fonctionnement, l'investissement ne tient que grâce à la taxe d'aménagement et les banques ne nous prêtent plus », avance la maire, qui reconnaît sacrifier l'école Casanova pour sauver les autres.

Une explication qui ne convainc pas les parents d'élèves pour qui cet arbitrage financier est difficilement compréhensible. « Il y avait d'autres postes sur lesquels la municipalité aurait pu faire des économies avant l'école comme la police municipale. La maire reconnaît que l'école Casanova n'est pas plus vétuste que les autres », rétorque Anne-Cécile Barrier, représentante indépendante de parents d'élèves.

« C'est la seule ville en France où l'on se bat pour fermer une école ! », tacle Frédéric Gillet (DVD), leader de l'opposition, arrivé second lors des dernières élections municipales.

Les parents veulent plus de concertation

En septembre, les effectifs de deux ou trois classes de Casanova viendraient s'ajouter aux sept classes de l'école Demetz qui compte déjà 180 élèves. Les parents d'élèves pointent les difficultés que créera une seule et unique école maternelle de 250 enfants, en particulier en pleine période de Covid où « on doit éviter le brassage et dans une maternelle où les moins de six ans ne portent pas de masque ».

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Anne-Cécile Barrier souligne aussi le risque de congestion de la rue de Demetz : « Elle est étroite, sans place de parking et déjà actuellement saturée même si la mairie indique que quelques nouvelles places de parking sont à l'étude près du marché. »

Soutenus par une partie des parents d'élèves de l'école Demetz, les parents d'élèves de Casanova ont lancé une pétition en ligne contre la fermeture de l'école qui a déjà recueilli 700 signatures.

La décision passe d'autant plus mal que la maire a annoncé que l'école pourrait être transformée en local de stockage pour le matériel des agents municipaux. Mais au-delà de la fermeture, c'est le manque de concertation par la municipalité qui a dérangé les parents.

« L'information circulait après des indiscrétions mais avant cette réunion, il n'y avait eu aucune communication en direction des personnels de l'école ou des parents, ni aucune consultation. La municipalité a fait ça en catimini ! », regrette Anne-Cécile Barrier. « Le sujet n'a même pas été présenté à la commission petite enfance dont je fais partie ! », déplore Frédéric Gillet.

« Je n'ai pas vraiment de marge de manœuvre sur ce dossier et je ne veux concerter et associer les habitants que lorsqu'ils ont réellement le choix », se défend la maire Stéphanie Barnier.

Le conseil municipal avancé pour fermer l'école dans les temps

Si la décision semble acquise dans l'esprit de la maire, elle n'a pas encore été actée par une délibération du conseil municipal. « La municipalité s'est bien mise en relation avec nous pour évoquer la question mais nous n'en sommes qu'au début de la procédure. Toutes les options sont sur la table mais tant qu'aucune délibération n'a été prise en ce sens par le conseil municipal, l'Education nationale ne peut pas procéder à la fermeture de l'école », confirme la Direction des services départementaux de l'Education nationale (DSDEN).

La municipalité a donc avancé le conseil municipal au 3 février pour soumettre la fermeture de l'école au vote, qui devrait être approuvée par la majorité municipale. « Pour permettre à l'Education nationale de réaffecter les enseignants dans les temps, nous sommes obligés de bousculer le calendrier et c'est pour cela que la commission n'a pas pu se tenir sur ce dossier », explique Stéphanie Barnier.