Affaire Estelle Mouzin : pourquoi le convoi de Michel Fourniret a fait un détour à Gournay-sur-Marne

Michel Fourniret et Monique Olivier ont été conduits devant une maison, où un ami de Michel Founiret habitait, dans les années 1980. L’ogre des Ardennes a dormi dans cette commune de Seine-Saint-Denis quelques nuits.

 Gournay-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), jeudi 15 octobre 2020. Le convoi n’est pas resté très longtemps dans la rue du Puits perdu. Le temps pour Michel Fourniret et Monique Olivier de répondre à quelques questions de la juge.
Gournay-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), jeudi 15 octobre 2020. Le convoi n’est pas resté très longtemps dans la rue du Puits perdu. Le temps pour Michel Fourniret et Monique Olivier de répondre à quelques questions de la juge. LP/Guénaèle Calant

Michel Fourniret et Monique Olivier à Gournay-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), juste avant la reconstitution prévue à Guermantes (Seine-et-Marne), ce jeudi soir : l'affaire avait été tenue secrète. Tandis que les journalistes étaient rassemblés dans la commune où a disparu la petite Estelle Mouzin, le 9 janvier 2003, le couple diabolique a d'abord fait un crochet en Seine-Saint-Denis.

La rue pavillonnaire du Puits perdu, à Gournay-sur-Marne, est habituellement calme : deux ou trois voitures y passent toutes les cinq minutes, le logo «Voisins vigilants», affiché sur certaines façades, annonce qu'il vaut mieux passer son chemin. Mais soudain, vers 17h20, le calme a été rompu.

Michel Fourniret «droit comme un piquet»

Alors que les enfants venaient de rentrer de l'école et que des passants se promenaient, des motards sont surgi, suivi d'un cortège de véhicules de gendarmerie et de fourgons banalisés. A l'intérieur : celui qu'on surnomme l'ogre des Ardennes, suspecté d'avoir enlevé et tué Estelle Mouzin, et son ex-épouse Monique Olivier.

Très nerveux, les gendarmes ont demandé aux quelques badauds qui se trouvaient sur le trottoir de partir ou de faire le tour. La rue, en sens unique, a été interdite à la circulation durant une vingtaine de minutes.

Les gendarmes, très nerveux, ont demandé aux quelques badauds  de quitter les lieux. LP/Guénaèle Calant
Les gendarmes, très nerveux, ont demandé aux quelques badauds de quitter les lieux. LP/Guénaèle Calant  

«Ils sont venus devant chez moi. Je ne suis pas sorti de la maison, ma femme et moi, on n'avait pas le droit. J'ai vu Michel Fourniret, il était droit comme un piquet. Je les ai vus répondre aux questions de la juge», témoigne le propriétaire de la maison qui intéressait la magistrate. Il habite là depuis 1991.

«Hier, j'ai vu des policiers passer devant chez moi. Je ne suis pas étonné de les avoir vus débarquer aujourd'hui mais je n'étais pas averti. En fait, Michel Fourniret a déjà dormi ici, dans les années 1980. Il connaissait l'ancien occupant, un taulard », raconte-t-il. Une voisine s'étonne : «Ils n'ont pas pu venir pour la petite Estelle, vu les dates !»

Le cortège est parti aussi vite qu'il est venu, direction la rue Henri-IV, à Gournay-sur-Marne, où une autre halte a eu lieu. Avant de rejoindre Guermantes, à onze kilomètres de là..