«16000 euros, adjugé» : à Fontainebleau, une centaine de montres de collection parties aux enchères

Malgré la pandémie de Covid-19 et les deux confinements, les affaires ont continué à l’hôtel des ventes Osenat en 2020. Le commissaire-priseur a notamment pu compter sur les enchères en ligne.

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 Fontainebleau, le 30 janvier 2021. Une centaine de montres de collection ont été vendues à l’hôtel des ventes Osenat. Quelques acheteurs étaient en présentiel, les autres participaient par téléphone ou via Internet.
Fontainebleau, le 30 janvier 2021. Une centaine de montres de collection ont été vendues à l’hôtel des ventes Osenat. Quelques acheteurs étaient en présentiel, les autres participaient par téléphone ou via Internet.  LP/Guénaèle Calant

Les amateurs de belles montres ont poussé la porte de l'hôtel d'Albe, à Fontainebleau (Seine-et-Marne), ce samedi matin. La maison de ventes Osenat proposait aux enchères une centaine de montres de collection de diverses marques : Baume et Mercier, Omega, Breitling, Cartier, Rolex, Chaumet, Hermès…

Mesures sanitaires et jauge obligent, les acheteurs en présentiel portaient un masque et les rangs étaient clairsemés. Ils étaient seulement 19 au plus fort de la matinée. Les autres passaient leur commande par téléphone ou suivaient la séance derrière leur écran d'ordinateur.

«Notre chiffre d'affaires a augmenté de 19% en 2020»

« Nous organisons les ventes en ligne depuis longtemps mais cela a pris de l'ampleur en 2020, à cause du virus. Le marché de l'art se porte très bien, nous avons continué à travailler toute l'année. Notre chiffre d'affaires a augmenté de 19 % en 2020 », confie Me Jean-Pierre Osenat, le maître des lieux, qui organise cinq ventes cette semaine.

Quand une partie des acheteurs est présente et une autre partie à distance, il s'agit d'être vigilant et de prendre un peu plus de temps : « Quand tout le monde était en présentiel, on vendait 70 lots à l'heure. Avec Internet, on est sur 40 lots. »

C'est en 1976, rue des Pins, à Fontainebleau, que le commissaire-priseur a démarré sa carrière. A l'époque, il payait une seule salariée. Ses clients étaient de la région. Aujourd'hui, il peut compter sur 35 collaborateurs pour organiser ses ventes (toutes sont volontaires, aucune n'est judiciaire), dans une prestigieuse demeure, rue Royale, sans oublier la salle de Chailly-en-Bière, le siège parisien et l'hôtel des ventes de Versailles (Yvelines). Sa clientèle est internationale.

Une montre Cartier s'envole à 16000 euros

Sur la centaine de montres proposées aux enchères et exposées les jours précédant la vente, seules quelques-unes ne sont pas parties. Me Jean-Pierre Osenat avait pris lui-même le marteau. A ses côtés, le directeur du département des montres vantait les qualités de chaque pièce, qui apparaissait sur un écran géant et sur les ordinateurs des acheteurs, essentiellement une clientèle française pour le coup.

« Le numéro 20 est une jolie montre signée de la maison Delaneau, avec un magnifique cadran en lapis-lazuli. » Et le commissaire-priseur d'embrayer : « On part à 350… 600… 700… Une Delaneau des années 1970… 750 euros… personne au-dessus… J'adjuge. » Claquement de marteau.

Fontainebleau, le 30 janvier 2021. Jean-Pierre Osenat était le commissaire-priseur de cette vente de montres de collection. LP/Guénaèle Calant
Fontainebleau, le 30 janvier 2021. Jean-Pierre Osenat était le commissaire-priseur de cette vente de montres de collection. LP/Guénaèle Calant  

« Le numéro 27, une Omega automatique, en or, sublime, avec une magnifique trotteuse. La simplicité même, l'élégance même », décrit le directeur. Me Osenat enchaîne : « Nous partons à 800… 850… 1000… 1010 ». Un homme lève son panneau. « En salle, 1050 euros, adjugé. » Claquement de marteau.

Un cadeau du sultan d'Oman adjugé

Une Omega militaire est remportée à 2700 euros par un acheteur en salle. Une Rolex Submariner, très recherchée, part à 9900 euros. Une montre Cartier du modèle Tonneau, de 1907, « très rare », s'envole à 16000 euros.

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La montre numéro 56 a été offerte par le sultan d'Oman dans les années 1990 au propriétaire actuel, qui donc la revend. Le commissaire-priseur en profite pour raconter des anecdotes historiques sur le sultan d'Oman, qui possédait deux châteaux à Fontaine-le-Port. Ce que Me Osenat préfère dans son métier qu'il aime tant, « c'est partir pour découvrir des objets ». Impossible de compter le nombre de coups de marteau à son actif. Le chiffre d'affaires de la maison Osenat, c'est… 24 millions d'euros par an.