1 cabas pour 1 étudiant, la plate-forme solidaire créée par deux mamans qui cartonne

A Lyon, deux mères de famille viennent de lancer un site qui met en relation étudiants en difficulté et familles prêtes à les aider, pour se nourrir notamment.

 Lyon (Rhône-Alpes), vendredi. Laurine et Thomas, étudiants, rencontrent pour la première fois Chrystel, leur marraine, qui leur offre un panier de courses.
Lyon (Rhône-Alpes), vendredi. Laurine et Thomas, étudiants, rencontrent pour la première fois Chrystel, leur marraine, qui leur offre un panier de courses. LP/Catherine Lagrange

Salade, clémentines, bananes, pâtes, pâte à tarte, œufs, lardons, chocolat, pain… Le cabas est bien garni et Laurine et Thomas, étudiants en master à Lyon, sont ravis. Mais sur le visage de Chrystel, qui leur remet le lourd panier, on devine sous le masque un sourire plus large encore. Ils se sont rencontrés pour la première fois vendredi, par l'intermédiaire de 1cabaspour1étudiant.fr.

« Je faisais des extras comme serveuse pour boucler mon budget, mais avec la crise sanitaire, j'ai perdu mon job, confie Laurine, qui ne cache pas qu'elle a désormais le plus grand mal à joindre les deux bouts, mais avec les paniers de Chrytel, l'épicerie solidaire mise en place par l'université et ma bourse, ça devrait aller. » « Ça me fait plaisir de les aider, reconnaît Chrystel, parce que si mes enfants se trouvaient dans une situation compliquée, je serais contente que quelqu'un leur donne un coup de main. »

1400 inscriptions en dix jours

La plate-forme 1cabaspour1étudiant, qui met en relation des étudiants éprouvés par la crise sanitaire et des familles qui cherchent à se rendre utiles, a été lancée le 8 février par Marion Dolisy-Galzy et Anne Wuattier, elles aussi mères d'étudiants. « Quand j'ai vu, au supermarché, une jeune fille calculer le total de son panier au centime près et reposer certains articles dans les rayons, je me suis dit qu'il fallait agir et vite », explique Marion. En creusant la question, elle découvre que 30 % des étudiants ne reçoivent pas d'aide de leur famille. Et que 60 % d'entre eux ont perdu leur job. En une semaine, le site 1cabaspour1étudiant est donc monté.

En une dizaine de jours, il a déjà déclenché 1 400 inscriptions. Un succès qui en dit long, à la fois sur le besoin et l'envie de solidarité. « C'est un peu le Tinder du panier étudiant, résume en riant, Marion Dolisy-Galzy, en détaillant le concept du site. On vérifie la validité des cartes d'étudiants, on inscrit d'un côté les familles de parrains et de l'autre les élèves filleuls ».

Des légumes mais aussi des offres de stage

La plate-forme réalise des mises en contact par proximité géographique. Et libre au tandem ensuite de définir la régularité de leurs échanges et le contenu des fameux cabas. « On peut y mettre de l'alimentaire, mais aussi des produits sanitaires, des masques, du gel, des livres et même des billets de train ou des offres de stages », énumère Marion. Elle sait aussi que certaines familles n'hésitent pas à proposer une invitation à déjeuner à leur filleul pendant le week-end.

Le site, lancé à Lyon, est déjà submergé de demandes dans l'agglomération, mais aussi bien au-delà. Familles et étudiants de toutes les régions de France se disent partants pour l'expérience. Marion Dolisy-Galzy et Anne Wuattier travaillent donc déjà au lancement d'une version nationale de #1cabaspour1etudiant.