Zones sans contrôles d’identité : la Défenseure des droits revient sur sa proposition polémique

La Défenseure des droits a créé la polémique en disant vouloir expérimenter des zones sans contrôles d’identité. Elle est revenue ce mardi sur cette proposition qui a été selon elle « mal comprise ».

La Défenseure des droits, Claire Hédon, s'est attirée les foudres de syndicats de police et d'une partie de la classe politique en parlant d'expérimenter des zones sans contrôles d'identité.
La Défenseure des droits, Claire Hédon, s'est attirée les foudres de syndicats de police et d'une partie de la classe politique en parlant d'expérimenter des zones sans contrôles d'identité. AFP / Ludovic Marin

Éteindre l’incendie. La Défenseure des droits, Claire Hédon, est revenue, ce mardi matin sur Europe 1, sur sa proposition d’expérimenter des zones sans contrôles de police. Une idée qu’elle avait évoquée lors d’une interview auprès de Franceinfo le 12 février, et qui a vivement fait réagir depuis.

« Cela fait un moment que l’on demande que soient menées des expérimentations parce qu’au bout d’un moment dans certains quartiers, pour certains jeunes, cela devient insupportable. Donc, est-ce qu’on ne peut pas expérimenter l’arrêt du contrôle d’identité : des zones sans contrôle d’identité ? », s’interrogeait-elle.

Les réactions sur le sujet n’ont pas traîné. Notamment du côté des syndicats de police, mais aussi dans la classe politique.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a notamment affirmé lundi soir, lors d’un déplacement dans un commissariat de Poissy, qu’il « ne mettrai [t] pas en place des zones de non-droit et de non-contrôles ». Des propos qu’il a réitérés ce mardi matin, sur RTL.

Une meilleure traçabilité des contrôles

La Défenseure des droits est finalement revenue sur sa proposition, afin de la nuancer, ce mardi matin au micro d’Europe 1. « Je n’ai jamais souhaité mettre fin aux contrôles d’identité. […] Bien sûr qu’il faut des contrôles, quand il y a une atteinte à l’ordre public, quand il y a un comportement suspect, quand il y a une réquisition de la part du procureur […]. Mais cela ne veut pas dire contrôler l’identité en permanence », a précisé Claire Hédon, qui assure avoir été mal comprise et refuse de parler de « rétropédalage ».

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Elle a aussi réfuté les propos qui l’accusaient, depuis le week-end dernier, de vouloir mettre en place des zones de non-droit avec cette expérimentation. « C’est une évidence qu’il faut que les policiers puissent aller partout, mais pour protéger les habitants », a commenté la Défenseure des droits.

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Au cours de son interview, Claire Hédon a expliqué vouloir une meilleure traçabilité des contrôles de police, qui permettrait de savoir combien sont effectués chaque jour et dans quels buts. « La question de [les] quantifier, de savoir à quoi ils servent est absolument essentielle » a-t-elle commenté. La Défenseure des droits a également rappelé qu’il existait des « contrôles d’identité discriminatoires. La Cour de cassation l’a reconnu en 2016 ». Surtout, elle a bien précisé avoir utilisé le terme « expérimentation », « ce qui signifie qu’on ne sait pas quelle méthode sera la meilleure », a souligné Claire Hédon. De quoi suffire à calmer les esprits ?