Véran, ailier gauche du président

CHRONIQUE. Olivier Véran est devenu le médecin chef de la France. Sur le front du Covid matin, midi et soir mais pas seulement. Il est aussi ministre des Solidarités et se revendique en homme de gauche. Il a bien l’intention de porter le fer sur le terrain politique dans les prochains mois.

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 David Doukhan, rédacteur en chef du service politique du Parisien - Aujourd’hui en France.
David Doukhan, rédacteur en chef du service politique du Parisien - Aujourd’hui en France. LP/Olivier Arandel et Arnaud Journois

Olivier Véran ne parle pas que du Covid. Peu le savent, mais il se déplace régulièrement, sans aucun journaliste ni caméra, à la rencontre des plus précaires. Par exemple ce mercredi soir, à Gagny (Seine-Saint-Denis), dans un centre de soin pour sans-abri. Et récemment auprès d'Emmaüs, de la Fondation abbé Pierre ou des Restos du cœur. Bref, Olivier Véran n'oublie pas qu'il est ministre de la Santé ET des Solidarités.

D'ailleurs, si vous voulez l'énerver, rien de plus simple, dites lui que Macron est un président de droite pas spécialement attentif aux solidarités, justement… « Les mesures contre la pauvreté sont toujours moins visibles que la pauvreté elle-même, démarre le ministre, mais cela ne veut pas dire que l'on ne fait rien ! »

Il reprend son souffle, ne cache pas son agacement, et il avance : « Quand dans le Ségur de la santé on augmente les salaires, ça concerne 85 % de femmes! C'est la plus grosse réduction des écarts de revenus hommes-femmes de l'histoire de notre pays! » Rien que ça. L'ancien député socialiste parle vite, fort et il assène les arguments, les chiffres, les dates… Il sait que, même s'il est réel, le bilan social du quinquennat imprime peu. Or Emmanuel Macron en aura besoin en 2022.

C'est, en tout cas, la conviction du médecin chef de la Macronie, volontaire pour donner de sa personne. « Moi je suis de gauche et je vote Macron. Je veux porter le fer. Convaincre. Mais pas par des mots, par les actes et les faits ». Entre Macron et la gauche, il n'y aura en effet plus d'amour sans preuve d'amour.