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Universités d’été du PS : à gauche, la fin du marasme ?

Les universités d’été du Parti socialiste se tiennent ce dernier week-end d’août à Blois. Les militants ont répondu présents ainsi que de nombreux leaders de toute la gauche. L’envie de mettre fin aux divisions est là, encore faut-il trouver le chemin pour y parvenir.

 Olivier Faure (PS) et Yannick Jadot (EELV) sont réunis aux universités d’été du PS par un mot d’ordre : écologie, social et démocratie doivent et peuvent se marier.
Olivier Faure (PS) et Yannick Jadot (EELV) sont réunis aux universités d’été du PS par un mot d’ordre : écologie, social et démocratie doivent et peuvent se marier. LP/Jannick Alimi

Et si Blois (Loir-et-Cher) était la ville de la Renaissance du parti socialiste? Adieu les effluves nostalgiques et déprimantes de La Rochelle où, l'an dernier encore, les socialistes avaient coutume de réunir leur Université d'été. Olivier Faure a préféré cette fois-ci une cité du « jardin de la France » - dont le maire PS vient d'être élu pour la troisième fois - pour organiser ce qui restera, peut-être, comme l'Université de son propre succès. Pendant deux jours, presque tous ceux qui comptent à gauche vont s'y retrouver pour débattre, discuter, se rapprocher… Des « hollandais » comme Stéphane Le Foll ou François Rebsamen aux proches d'Arnaud Montebourg (François Kalfon) en passant par Sophie Taillé-Polina, de Génération. s ou Clémentine Autain, députée de la France Insoumise. L'aéropage d'EELV en entier, s'est aussi déplacé, Julien Bayou, le secrétaire national et les deux personnalités aux ambitions présidentielles, Yannick Jadot ou Eric Piolle.

Mais ce sont surtout quelques milliers de militants qui ont répondu présent. La plupart ravis d'assister au spectacle d'une gauche sinon réunie en tout cas prête à se réconcilier. « Olivier Faure, c'est la bonne surprise, reconnaît Lorenzo, 29 ans et fonctionnaire au ministère des Finances. Il a réussi à ancrer le PS à gauche et le faire s'ouvrir sur d'autres forces de gauche. Cette stratégie est nécessaire et elle nous enrichit. » Les universités d'été se terminent ce samedi soir, mais Olivier Faure prononcera son discours ce dimanche, lors de ce qu'ils appellent un « brunch républicain ».

D'une humilité dépressive à une humilité positive

Chez tous les militants ou sympathisants qui circulent dans la Halle aux Grains, d'ateliers en tables rondes, pas de doute, le déclic est réel. « Une psychologie militante de la gagne est en train de naître. Nous sommes à l'évidence dans une phase de rebond du PS et de la gauche », se réjouit Pierre, un quadragénaire parisien. Un optimisme né, bien sûr, des victoires aux dernières municipales. « Nous sommes passés d'une humilité dépressive à une humilité positive », insiste Pierre.

« Ces succès sur le terrain, ils sont dus au travail qui a été fait au sein du parti socialiste et des fédérations mais aussi grâce au rassemblement, que le PS ait été en tête des listes ou pas, reconnaît Liliane, 64 ans, institutrice à la retraite, venue de Pessac en Gironde. J'étais sceptique au début, mais il semble que la stratégie d'Olivier Faure soit la bonne. On le constatera encore au moment des régionales. »

Sur le fond, les participants à cette Université sont au diapason : écologie, social et démocratie doivent et peuvent se marier. « Nous acceptons l'idée que le PS n'est plus un parti hégémonique parce qu'il n'y a pas d'autre voie que de s'unir avec les écologistes pour créer une vraie alternance crédible au libéralisme macronien », martèle Thomas. « On ne peut plus se payer le luxe d'une guerre d'ego », tacle ce professeur d'histoire à Montpellier (Hérault) de 31 ans en ciblant autant les batailles de courants du « vieux PS » que celles à fleurets mouchetés qui risquent de fragiliser les écologistes.

Reste, cependant, une inconnue et une inquiétude pour ces militants socialistes : le positionnement idéologique d' Europe Ecologie Les Verts. « Lors d'un débat sur le « droite – gauche » qui s'est tenu ce samedi matin, Yannick Jadot que l'on suspecte de tendre vers le centre et même la droite a été très clair, il a très nettement affirmé qu'il était de gauche et que l'écologie a été historiquement irriguée par les idées de gauche », se rassure Emmanuel, cadre associatif de Poitiers. « Je suis moins sûr que tous les écologistes assument cette centralité à gauche, doute Eric, professeur à Blois. Il ne faudrait pas non plus qu'ils oublient qu'ils ne peuvent pas gagner seuls. » Humbles, certes les socialistes, mais pas trop…