Test PCR exigé pour les voyageurs européens : encore du flou sur la route et le train

Dès samedi à minuit, des tests PCR négatifs au Covid-19 seront réclamés aux voyageurs européens voulant entrer sur le territoire français par avion ou par bateau. L’incertitude demeurait vendredi sur l’application ou pas de la mesure aux automobilistes, routiers et usagers des trains.

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 Dès dimanche, un test PCR négatif de moins de 72 heures sera réclamé aux voyageurs européens arrivant dans les ports ou aéroports français.
Dès dimanche, un test PCR négatif de moins de 72 heures sera réclamé aux voyageurs européens arrivant dans les ports ou aéroports français. LP/Olivier Corsan.

Alors qu' un troisième confinement ne semble désormais plus à exclure, la France se barricade un peu plus pour enrayer la propagation du Covid-19 et de ses variants. A partir de ce samedi 23 janvier à minuit, les autorités exigeront la présentation d'un test PCR négatif réalisé moins de 72 heures avant leur départ à tous les voyageurs en provenance d'autres pays de l'Union européenne voulant entrer sur le territoire français par avion ou par bateau, a annoncé l'Elysée tard jeudi soir. Une règle similaire est déjà en vigueur depuis lundi 18 janvier pour les voyageurs arrivant de pays extérieurs à l'UE.

« C'est un outil parmi d'autres dans la lutte contre le virus », mais pas « un outil miracle », a prévenu ce vendredi sur Europe 1 le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes Clément Beaune. La France était l'un des derniers grands pays de l'Union européenne à ne pas avoir décidé de restrictions d'accès aux Européens, l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, l'Italie, la Grèce ou le Portugal ayant sauté le pas ces derniers jours.

«En cours de calage»

Mais à quelques heures de l'entrée en vigueur de la mesure, un certain flou demeurait ce vendredi soir sur le sort des automobilistes (notamment les 350 000 frontaliers), des routiers et des usagers des trains. Alors qu'une réunion interministérielle se tenait depuis la fin d'après-midi pour fixer les détails précis du décret d'application qui doit paraître ce samedi, le ministère de l'Intérieur précisait dans la soirée que les modalités concernant les transports terrestres et le ferroviaire étaient toujours « en cours de calage ». « Ce n'est en effet pas encore arbitré », confirmait-on dans la foulée à Matignon.

Jusqu'à ce vendredi après-midi, l'exécutif assurait qu'automobilistes et routiers ne seraient pas concernés par les tests PCR obligatoire aux frontières. « Les routiers et les transfrontaliers seront exemptés, car on veut continuer à ce que les livraisons soient assurées et que les frontaliers puissent travailler », soulignait-on au secrétariat d'Etat aux Affaires européennes. « Il faut tenir compte de la réalité économique et sociale », insistait encore à 19 heures, ce vendredi soir, Clément Beaune sur BFMTV, rappelant que « les camions apportent l'alimentation, les médicaments et même les vaccins qui viennent de Belgique ».

Son secrétariat d'Etat assurait par ailleurs que les voyageurs européens soumis à la présentation d'un test PCR dans les ports et aéroports ne seraient sans doute pas invités à observer une quarantaine de sept jours suivis d'un deuxième test, contrairement à ce qui est demandé depuis lundi, via une déclaration sur l'honneur, aux voyageurs non européens. En tout cas à ce stade. « Ce point sera réévalué en fonction de la situation sanitaire », précise une conseillère.

Plusieurs détails en suspens

D'autres détails importants restaient encore en suspens ce vendredi soir, comme l'âge à partir duquel la mesure s'appliquera (les enfants de voyageurs hors Union européenne n'y sont pas soumis avant 11 ans), la définition précise des « voyages essentiels » qui seront exemptés de l'obligation de tests ou encore les modalités de contrôle des voyageurs dans les ports et aéroports. « C'est une mesure très compliquée à mettre en musique », reconnaissait ce vendredi un conseiller ministériel.

L'exécutif réfléchit pourtant depuis plusieurs jours à ce sujet, mis sur la table mercredi lors du Conseil de défense à l'Elysée. Mais soucieux de ne pas avancer seul, le président Emmanuel Macron souhaitait obtenir un consensus lors du sommet européen par visioconférence de jeudi qui réunissait les vingt-sept chefs d'Etat ou de gouvernement de l'Union européenne.

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Si aucune décision commune n'a finalement été prise, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a alerté jeudi soir les pays membres sur « la situation sanitaire très grave » causée par la pandémie sur le continent, estimant que « tous les voyages non essentiels (devaient) être fortement déconseillés », tout en insistant sur le fait que le marché unique devait continuer à fonctionner.