Terrorisme : Emmanuel Macron veut réformer Schengen

Le chef de l’Etat annoncé le doublement des forces de sécurité aux frontières et va défendre au Conseil européen le principe d’une refonte « en profondeur » des accords de libre circulation dans l’UE.

Une semaine après l'attaque de Nice, dont l'assaillant était un ressortissant tunisien illégalement arrivé en France, c'est sur un lieu symbolique qu'Emmanuel Macron s'est rendu ce jeudi à la mi-journée : au Perthus (Pyrénées-Orientales), principal point de passage de la frontière franco-espagnole, pour visiter le centre de coopération policière et douanière, puis parler de la lutte contre l'immigration clandestine et le terrorisme.

VIDÉO. Immigration clandestine : "J'ai décidé de doubler les forces aux frontières"

L'Espagne est effectivement une des principales portes d'entrée des immigrés qui arrivent en France, particulièrement en provenance d'Afrique du Nord. Alors Emmanuel Macron est venu avec des annonces, notamment le doublement des forces de sécurité déployées aux frontières, passant de 2400 à 4800 personnes. Et aux attaques de la gauche qui l'accusent de faire l'amalgame entre immigration et terrorisme, il répond : « Faire le lien ne veut pas dire qu'il faut tout confondre. Notre philosophie, c'est le pragmatisme », a-t-il justifié, alors qu'il y a encore quelques semaines l'exécutif avait fermé la porte à cette idée… initialement avancée par les Républicains et le Rassemblement national.

« Des premières propositions » lors du Conseil européen

Encore marqué par l'attaque de Vienne qui a fait quatre morts mardi dernier, Macron reste plus que jamais convaincu que c'est à l'échelle européenne que le sujet devra être traité. Alors c'est un vieux serpent de mer qu'il a remis au goût du jour : refonder « en profondeur » l'espace Schengen, dont les accords permettent de voyager sans contrôle aux frontières dans les vingt-six pays européens. Le chef de l'Etat a promis hier de faire « des premières propositions » lors du Conseil européen de décembre, avec la « volonté d'aboutir à des décisions au premier semestre 2022 », sous la présidence française de l'UE.

Mais dans son esprit, pas question de supprimer ces accords, ni de les suspendre comme l'a récemment demandé le maire de Nice Christian Estrosi. En mars 2019, dans le cadre de la campagne pour les élections européennes, Macron avait déjà plaidé pour « une remise à plat de Schengen », sans avancée concrète depuis. Alors que sa principale adversaire Marine Le Pen plaide depuis longtemps pour le strict retour des frontières nationales.