Sexisme à l’Assemblée : le député Pierre Henriet sanctionné

Le député La République en Marche de Vendée, qui avait qualifié l’Insoumise Mathilde Panot de «poissonnière» dans l’hémicycle, a écopé d’une sanction financière.

Le président de l’Assemblée Richard Ferrand a indiqué qu’il ne laisserait “plus rien passer dans l’hémicycle”.
Le président de l’Assemblée Richard Ferrand a indiqué qu’il ne laisserait “plus rien passer dans l’hémicycle”. LP/Olivier Arandel

Un « rappel à l’ordre » pour le parlementaire Pierre Henriet. Le député La République en Marche (LREM) de Vendée se voit privé pendant un mois du quart de son indemnité parlementaire - 5 715,43 euros mensuels - pour avoir traité la députée Insoumise Mathilde Panot de « poissonnière » au sein l’hémicycle le 2 février. La sanction financière est assortie d’une « inscription au procès-verbal », ainsi que l’a annoncé le président de l’Assemblée, Richard Ferrand (LREM) en conférence des présidents de groupes parlementaires.

« Il n’y a autour de la table ni saint, ni martyr », a toutefois souligné Richard Ferrand en présence de Mathilde Panot, en condamnant plus largement les « débordements de langage », à « de nombreuses reprises, de la part de députés de plusieurs groupes dès le début de la législature ». Et le titulaire du perchoir de lister une série de propos insultants depuis 2017.

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D’un « facho » lancé à la non-inscrite proche du RN Emmanuelle Ménard, à un « vendu » à l’ex-Premier ministre Édouard Philippe, en passant par un « nabot » adressé au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin ou un « Machine » à la ministre déléguée Marlène Schiappa… Les auteurs des insultes et leurs récipiendaires se cachent dans tous les camps politiques.

Pierre Henriet nie tout sexisme

Richard Ferrand a également cité un « dérapage » de Mathilde Panot sur le réseau social Twitter, « quand elle a évoqué la Macronie recyclant ses déchets, à l’occasion de l’élection de Christophe Castaner (NDLR, l’ex ministre de l’Intérieur) à la tête du groupe La République en Marche ». « Il est immature et hypocrite de prétendre au statut de victime quand on est soi-même coutumier de l’attaque », a glissé Richard Ferrand, selon des propos rapportés.

Le président de l’Assemblée a indiqué qu’il ne laisserait « plus rien passer dans l’hémicycle ». Il sanctionnera ainsi « de la même manière tous les excès verbaux d’où qu’ils viennent ». Après avoir été traitée de « poissonnière », Mathilde Panot avait réclamé « excuses » et « sanction » après cette « insulte sexiste ». « Si elle se sent à tort insultée, je la prie de bien vouloir m’excuser », avait réagi Pierre Henriet, tout en niant tout sexisme et en reprochant à Mathilde Panot de « vociférer à la tribune et couper la parole ».