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Sénatoriales : en campagne avec Gérard Larcher

La moitié des sénateurs seront renouvelés dimanche. Le président (LR) du Palais du Luxembourg a multiplié les déplacements pour assurer sa réélection. Nous l’avons accompagné dans le Sud, pour son dernier jour de campagne. Reportage.

 Aix-en-Provence, le 24 septembre. Gérard Larcher, président du Sénat, a clos ce jeudi sa campagne par un dernier déplacement.
Aix-en-Provence, le 24 septembre. Gérard Larcher, président du Sénat, a clos ce jeudi sa campagne par un dernier déplacement. LP/Olivier Arandel

Traditionnellement, le Tour de France se termine après une vingtaine d'étapes, trois semaines de vadrouille, avec un sprint sur les Champs-Elysées. Ferveur populaire, champagne et maillot jaune. Gérard Larcher, tout juste 71 ans, ne fait pas de vélo. Mais il vient de boucler son propre tour de l'Hexagone à un rythme soutenu, un mois et une vingtaine de déplacements aussi, en train et voiture. Quasi-anonymat, eau gazeuse et cravate sombre… Le président (LR) du Sénat a clos ce jeudi sa campagne des sénatoriales à bas bruit, avec un dernier aller-retour express à Aix-en-Provence. Avant le vote qui doit intervenir ce dimanche et renouveler la moitié de l'assemblée.

Gérard Larcher a effectué son dernier déplacement vers Aix-en-Provence en train. LP/Olivier Arandel
Gérard Larcher a effectué son dernier déplacement vers Aix-en-Provence en train. LP/Olivier Arandel  

« Les sénatoriales, ça se gagne dans la rencontre avec chaque commune. C'est une campagne de contact », explique le taulier du Palais du Luxembourg, à bord du train qui le trimbale à grande vitesse vers le sud. Voilà un mois qu'il avale les kilomètres avec un appétit de sénateur pour aller soutenir, dans les départements, les listes de candidats de la droite et du centre. A chaque virée : une rencontre avec les grands électeurs (« délégués sénatoriaux », souvent des élus locaux) appelés à voter, et quelques pas de côté pour aller se frotter à la réalité du pays. L'exaspération d'une bergère dans la Drôme, d'un agriculteur dans l'Aisne. Larcher s'imprègne. « Je ne suis pas un spécialiste de la betterave, mais je suis en train de le devenir ! », s'amuse l'élu des Yvelines.

«Le contre-pouvoir indispensable»

A Aix : une réunion publique version très intimiste avec la liste de droite et quelques dizaines de ces grands électeurs (plutôt acquis à la cause) pour leur rappeler, dans un discours habité, « le contre-pouvoir indispensable » que représente aujourd'hui le Sénat face à la majorité présidentielle. Les Républicains – qui ne devraient pas y perdre leur majorité – doivent rester le plus fort possible pour tenir la dragée haute au Président (et évidemment pour assurer à Larcher une réélection confortable). « L'Assemblée nationale est devenue la chambre d'enregistrement des désirs présidentiels », tacle Valérie Boyer, députée (LR) de Marseille, qui veut d'ailleurs quitter la chambre basse puisqu'elle est candidate au Sénat.

Gérard Larcher dans une réunion publique très intimiste à Aix-en-Provence. LP/Olivier Arandel
Gérard Larcher dans une réunion publique très intimiste à Aix-en-Provence. LP/Olivier Arandel  

Elus de terrain contre le pouvoir vertical : Larcher, lui, se fait l'anti-jacobin, persuadé que « l'ambiance de crise » qu'il dit sentir dans le pays ne trouvera pas son antidote dans les coulisses du pouvoir parisien. « Il constate que la France est en lambeau et que la solution viendra d'en bas », décrypte son entourage. D'ailleurs ce jeudi matin, tout le département des Bouches-du-Rhône, devenu « rouge écarlate » sur l'échelle du Covid la veille, fulmine contre une décision « unilatérale » et « injuste » du gouvernement. « Tout se décide depuis l'Olympe et les manants n'ont qu'à exécuter », tance Larcher à la tribune. Quelques minutes avant, c'est la colère froide du président (LR) de la région Sud Renaud Muselier qui résonnait au micro.

Un repas expédié à une table chic du centre d'Aix, en compagnie de quelques candidats, vient clôturer la toute dernière escapade de campagne de Gérard Larcher. Il harangue une dernière fois : « Jusqu'au bout, hein, pas question de mollir ! » En attendant un éventuel sursaut, la droite, elle largement ramollie depuis 2017, ne saurait se passer du Sénat.