Régionales : en Paca, la bouillabaisse de LREM, toujours sans chef de file

Trois membres du gouvernement et un ancien ministre, Christophe Castaner, figurent parmi les chefs de file potentiels pour le scrutin en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le parti tranchera d’ici «quelques jours».

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 En Paca, Christophe Castaner a « vocation à chercher un deal, mais pas à se présenter », glisse l’un de ses amis, qui juge « très peu probable qu’il soit candidat ».
En Paca, Christophe Castaner a « vocation à chercher un deal, mais pas à se présenter », glisse l’un de ses amis, qui juge « très peu probable qu’il soit candidat ». LP/Arnaud Journois

« C'est le grand bazar, la machine à perdre est relancée », s'étrangle une Marcheuse. A quatre mois des élections régionales, la situation est pour le moins embrouillée. Lundi 8 février, le bureau exécutif du parti présidentiel a décidé… de ne rien décider pour la Provence-Alpes-Côte d'Azur, seule région sans chef de file.

« C'est la moins simple de toutes, pour utiliser une litote », souffle un député LREM. Pas d'équipe de campagne, pas de mandataire financier, pas de programme. Mais quatre candidats potentiels.

Castaner, traumatisé par l'échec de 2015

A commencer par Christophe Castaner. Beaucoup de regards se tournent vers le patron des députés macronistes à l'Assemblée nationale. Elu des Alpes-de-Haute-Provence, il échange en coulisses avec le président sortant Les Républicains de Paca Renaud Muselie r, qu'il connaît bien, dans l'espoir de trouver un accord. Car personne à LREM ne se fait d'illusion sur la capacité à faire un score sans alliance. « Christophe a vocation à chercher un deal, mais pas à se présenter, glisse l'un de ses amis. Il est très peu probable qu'il soit candidat ».

L'élu de Forcalquier reste traumatisé par son échec aux régionales de 2015, quand il avait retiré sa liste PS face à une possible victoire de Marion Maréchal-Le Pen (FN). Une décision qui lui avait valu d'être protégé par des policiers, après des menaces de mort. L'ex-ministre de l'Intérieur, qui occupe désormais un poste clé dans la majorité, n'est guère emballé à l'idée de replonger dans le pugilat.

«Pas envie de faire une Buzyn»

Alors, qui pour prendre le flambeau? Le nom de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal circule avec insistance. Ou plutôt circulait. L'ancienne présidente de la fac de Sophia Antipolis (Nice) est fragilisée, sur fond de désarroi de la jeunesse en pleine pandémie de Covid-19. « La gestion de la crise sociale des étudiants est son obsession », assure son entourage. Traduction : « Elle n'a pas envie de faire une Buzyn, de sacrifier son rôle auprès des jeunes pour une élection qui n'intéresse personne ».

Deux autres membres du gouvernement sont en lice : les secrétaires d'Etat Sophie Cluzel (Handicap) et Joël Giraud (Ruralité), implanté dans les Hautes-Alpes. La première attend en embuscade. « Cluzel est originaire de la région, elle a fait ses études à Marseille, elle a un bon bilan sur l'inclusion, veut s'investir pour la région. Et puis, il faut des femmes ! », soutient la députée du Var Sereine Mauborgne. Quant au second, il est prêt à s'investir comme chef de file si le parti le lui demande, mais sans être candidat à la région. Au siège parisien de LREM, la direction promet de trancher cette épineuse équation dans les « tout prochains jours ».