Régionales : Benoît Hamon, un pas de plus vers les écologistes

L’ex-candidat socialiste à la présidentielle de 2017 devrait annoncer mercredi sa présence sur la liste écolo de Julien Bayou aux régionales en Ile-de-France.

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 Même si l’on ignore encore dans quel département se présentera l’ex-candidat socialiste à la présidentielle de 2017, « les discussions sont très avancées », confirme-t-on du côté de EELV.
Même si l’on ignore encore dans quel département se présentera l’ex-candidat socialiste à la présidentielle de 2017, « les discussions sont très avancées », confirme-t-on du côté de EELV. LP/Olivier Arandel

« Je m'exprimerai la semaine prochaine », nous confie Benoît Hamon. C'est mercredi que l'ancien candidat socialiste à la présidentielle de 2017 devrait annoncer officiellement sa présence sur la liste de Julien Bayou, le leader d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), pour les prochaines régionales en Ile-de-France. Une ironie de l'histoire politique puisqu'il y a quatre ans, c'était Yannick Jadot, alors candidat EELV dans la course à l'Elysée, qui s'était rallié dès le premier tour au socialiste…

« Les discussions sont très avancées, explique-t-on dans l'entourage de Bayou confirmant une information de France Info. Mais certains points restent à régler. » Parmi eux, le département dans lequel concourra l'ex-ministre frondeur de François Hollande – qui devrait se présenter sous la bannière de son mouvement Génération.s – tant pour les départementales que pour les régionales, les deux scrutins se tenant le même jour, un dimanche de juin, si la pandémie le permet…

Un ralliement qui inquiète à gauche

« Politiquement, la démarche est très cohérente », souligne un élu vert. Au Conseil régional, Benoît Hamon – très discret depuis 2010 – et Julien Bayou siègent dans le même groupe. Fini les bisbilles avec EELV qui avait reproché à Hamon d'avoir lancé sa liste aux Européennes de 2019. En août dernier, Hamon a passé tout un après-midi aux Journées d'été des écologistes à Pantin (Seine-Saint-Denis). Fin 2020, Julien Bayou avait signé un accord avec cinq autres partis écologistes, dont Génération.s créé par Benoît Hamon à la fin 2017, après son piètre score à la présidentielle qui lui a valu le sulfureux surnom de « Monsieur 6 %. »

Symboliquement, le « geste » de Benoît Hamon n'est pas anodin. Même chahuté, l'ancien ministre de l'Education reste une figure à gauche qui ne peut qu'inquiéter les autres listes concurrentes, celle de l'Insoumise Clémentine Autain, alliée aux communistes, mais surtout Ile-de-France en commun, menée par Audrey Pulvar et soutenue par Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris. « Nous ne souhaitons faire aucun commentaire », balaye-t-on dans l'entourage d'Audrey Pulvar.

Depuis son échec aux élections européennes de 2019 – sa liste n'avait récolté que 3,27 % des suffrages, le privant de tout député –, il avait annoncé se mettre en retrait de la politique active, mais Benoît Hamon n'avait pas totalement quitté la vie publique. Ainsi, pendant les municipales, sans être candidat, il avait battu les estrades électorales un peu partout en France. En octobre, il a publié un livre, « Ce qu'il faut de courage. Plaidoyer pour le revenu universel » (éd. Equateurs).

«Une logique de fusion-absorption»

« Ses idées maîtresses, l'urgence écologique et le revenu universel, retrouvent toute leur actualité avec la crise sanitaire », estime l'une de ses proches. L'ancien patron des Jeunes Socialistes se serait aussi attelé à une autre tâche, beaucoup plus compliquée… « Son objectif, c'est d'appuyer là où il peut y avoir un rassemblement de la gauche et, pour 2022, la première étape peut être la région », assure son entourage.

Une démarche qui laisse sceptique, notamment chez les socialistes, le parti avec lequel il a rompu voilà plus de trois ans. « Benoît Hamon joue à saute-mouton, ce n'est pas ma conception de la politique, tacle Patrick Kanner, le président des sénateurs socialistes. Je le vois aussi dans les Hauts-de-France où, pour les régionales, le représentant de Génération.s s'est rallié à la liste écologiste. Au Sénat, la coordinatrice nationale du mouvement, élue en 2017 sur une liste d'union de la gauche, siège désormais avec les Verts. Faute de troupes suffisantes, Hamon est dans une logique qui aboutira à une fusion-absorption du petit par le gros, de Génération.s par les Verts. » CQFD…