Régionales 2021 : le tour de chauffe de LREM avant la présidentielle de 2022 ?

Si le parti n’a guère de chance d’emporter une région en juin, il souhaite faire de ce scrutin un galop d’essai avec l’élection présidentielle en ligne de mire.

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 Pour Stanislas Guerini, secrétaire général de LREM, les régionales sont « une grande répétition de ce que sera la campagne de 2022 ».
Pour Stanislas Guerini, secrétaire général de LREM, les régionales sont « une grande répétition de ce que sera la campagne de 2022 ». LP/Olivier Corsan

Les réunions se succèdent et le voile se lève peu à peu sur la stratégie de La République en marche (LREM) aux élections régionales de 2021. Des sondages défavorables et la récente défection de Jean-Michel Blanquer s'ajoutant au cuisant souvenir des municipales, l'heure n'est pas aux grandes illusions. « Gagner une région? Personne n'y croit », tranche un cadre de LREM.

Pour autant le patron du parti, Stanislas Guerini, s'insurge que l'on soupçonne En Marche! de vouloir « enjamber » ce scrutin : « Ce serait disparaître dans l'élection, couleur muraille, ce que fait La France insoumise. Ce ne sera pas notre cas, cela n'aurait aucun sens. La majorité présidentielle sera présente dans toutes les régions en propre ou dans le cadre d'une alliance officielle. »

Représentée par quels visages? Il faudra encore attendre pour les déclarations de candidatures, qui se feront région par région. Mais au terme d'un lent processus, le parti présidentiel devrait enfin avoir désigné ses chefs de file à la fin de cette semaine. Tous ne seront pas nécessairement les futures têtes d'affiche de la majorité présidentielle, bannière commune de LREM, du MoDem, et d'Agir pour ce scrutin. Il s'agit toutefois d'une première étape. Les interrogations devraient ainsi être levées ce jeudi et ce vendredi en Auvergne-Rhône-Alpes et dans les Hauts-de-France, où reviennent respectivement les noms du député LREM Bruno Bonnell et du secrétaire d'Etat chargé des Retraites, Laurent Pietraszewski.

Christophe Castaner en Paca ?

Autre cas épineux en passe d'être tranché : Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Le tableau y est moins clair. Si la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal a marqué son intérêt, en coulisses, certains poussent le président du groupe LREM à l'Assemblée, Christophe Castaner. « D'aucuns le sollicitent pour être potentiellement tête de liste. Il a de l'expérience, du poids politique, il connaît la région par cœur », confie un Marcheur. Motus, pour l'heure, du côté de l'intéressé, qui avait spontanément plutôt tendance à plaider pour un accord avec le président LR sortant, Renaud Muselier. Les deux hommes se connaissent bien. Surtout, la question du « barrage au RN » se pose dans cette région. Un paramètre crucial pour Castaner - alors candidat PS, il s'était retiré du second tour il y a cinq ans. Encore faut-il qu'une alliance soit possible… « Les jeux sont ouverts », résume un cadre du parti.

Au-delà de ces questions de personnes, comment aborder ce scrutin sans l'espoir de décrocher une région ? Les discussions de la dernière réunion stratégique du parti apportent un début de réponse. « Les régionales doivent être un galop d'essai de la campagne de 2022, un entraînement technique », avance un dirigeant de LREM.

Poser les bases de la Maison commune

« Ces régionales, c'est aussi l'occasion de préparer cela. Cela permet de poser les bases de la Maison commune (NDLR : avec le MoDem et Agir), de pousser des angles politiques, sur le plan de relance, les jeunes ou l'Europe. Et c'est une grande répétition de ce que sera la campagne de 2022 en matière de structuration militante », avance pour sa part Stanislas Guerini. Observant que la campagne (sous Covid) de Joe Biden aux Etats-Unis s'est en partie jouée sur l'application WhatsApp et par SMS, les Marcheurs voient aussi là l'occasion d'élargir la base de données (et de coordonnées) des sympathisants. Ou comment mettre à profit une campagne s'annonçant aussi particulière, que difficile.